Préfiguration/Vie du quartier

« Mémoires d’un carré », le documentaire d’Audrey Martins

Nous vous avions déjà parlé il y a un an du projet « Mémoires d’un carré », lancé par le Pari’s des Faubourgs pour raviver avec les habitants du 10ème arrondissement l’histoire du Carré Saint-Lazare, ce lieu étonnant qui fut successivement une léproserie, une prison pour femmes, un hôpital… et accueillera bientôt une médiathèque ! Nous ne pouvions pas ne pas vous parler du documentaire d’Audrey Martins qui retrace les grandes étapes de ce projet passionnant.

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Nous sommes donc parties à la rencontre d’Audrey Martins, la réalisatrice, et de Rachel, chargée de la production du documentaire, pour en savoir plus sur ce projet, sa genèse, son ambition et les prochaines étapes majeures.

Audrey, peux-tu te présenter en quelques mots, ton parcours, ton expérience en tant que réalisatrice ?

J’ai fait une école de théâtre et j’ai été comédienne pendant 5-6 ans. J’ai surtout fait du spectacle vivant, du mime, de la danse, et puis j’ai eu envie de faire autre chose. J’avais toujours eu dans un coin de la tête l’idée de réaliser quelque chose, très modestement. C’est donc mon tout premier film. Je suis arrivée au Pari’s des Faubourgs en 2011 et j’ai animé le coin livres pour les enfants de 0 à 6 ans en tant que bénévole. Je suis arrivée peu de temps avant le début de « Mémoires d’un carré ».

Peux-tu nous parler du projet « Mémoires d’un carré » ?

L’idée est de raviver l’histoire des lieux. C’est un lieu qui a 1000 ans d’histoire, ça a été une léproserie, un lieu d’accueil des œuvres de Saint-Vincent de Paul, une prison… Etrangement, l’histoire du Carré Saint-Lazare est assez peu connue des habitants du quartier. C’est aussi ce qui a motivé le projet : se dire qu’on a une richesse patrimoniale qu’il faut faire connaître. Il s’agissait de faire en sorte que les habitants du 10ème connaissent cette histoire et que tout le monde puisse se l’approprier.

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Le 10ème est un quartier très populaire, où les gens se mélangent beaucoup. Le Carré reste un endroit un peu caché, protégé. Il y a ici un calme qu’il n’y a pas dans le reste du quartier, avec ses grands boulevards. Quand tu arrives ici, c’est un autre monde. On pressent qu’il y a eu quelque chose, sans vraiment savoir quoi.

Il y a eu plusieurs projets dans ce gros projet : un spectacle de danse, une pièce de théâtre que j’ai suivis pour le documentaire, un groupe de jeunes avec l’AJAM (une association d’éducateurs) qui a fait des portraits de femmes célèbres qui ont été enfermées là, une chorale, des conférences…

Comment est née l’idée du film ?

Quand je suis arrivée, Béatrice Sculier (responsable du pôle adultes au Pari’s des Faubourgs) m’a parlé des activités du centre et du projet. J’ai pu visiter les bâtiments avant que les travaux commencent dans la future médiathèque. Il y avait une atmosphère étrange, très chargée. L’histoire m’a interpellée et j’ai eu envie de creuser. Ensuite, il y a eu la réunion avec toutes les associations pour préparer le projet, chacune disant ce qu’elle avait envie de faire. En écoutant, je me suis dit qu’il fallait en garder une trace. J’ai proposé spontanément de faire un documentaire et tout le monde a réagi de façon très enthousiaste. Au début je pensais simplement prendre une caméra et filmer les ateliers pendant 15 jours, faire quelque chose d’assez modeste et petit à petit, le projet a grossi…

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Comment rendre compte de la mémoire d’un lieu ?

Par des interviews, des photos d’archives, des textes… J’ai lu des lettres de prisonnières qui sont très touchantes, les écrits d’un médecin qui a travaillé ici… J’ai tourné quelques images dont une pièce de théâtre qui retrace les différentes périodes du lieu. Le plus difficile est de faire des choix, on ne peut pas trop en mettre non plus. Mais ce n’est pas un documentaire sur l’histoire du bâtiment. Le patrimoine est simplement un des éléments du projet, c’est ce qui est compliqué et intéressant.

Qu’est-ce qui te touche personnellement dans ce lieu ?

Il y a la première impression, celle de l’évolution du lieu, qui a brassé pas mal de souffrances humaines et condense les évolutions de la société aussi. Réaliser qu’après 1000 ans, c’est un lieu qui s’ouvre à la culture et au partage, avec la médiathèque. Après, j’ai fait des recherches sur le lieu, sur l’Heure Joyeuse, le fonds historique qui sera hébergé là. Le fait que se croisent la première bibliothèque destinée aux jeunes et ce lieu, il y a un clin d’œil de l’histoire qui vaut le coup d’être retranscrit. Et l’aborder par le regard d’un centre social, que ce soit des habitants qui racontent l’histoire de leur quartier, la dimension d’initiative locale… C’est ce qui m’a donné envie.

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Comment allez-vous financer ce projet ?

On a besoin d’un budget assez conséquent. Il y a d’abord l’équipe qui travaille sur le tournage, puis la post-production, les droits pour utiliser les photos d’archives, la musique, le sous-titrage pour sourds et malentendants… Nous sommes donc en pleine recherche de financements ! On a approché les diffuseurs télé, surtout régionaux. Le pré-achat par une chaîne de télévision permet ensuite de recevoir des financements du CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée). Après, il y a éventuellement la mairie du 10ème arrondissement, la région, les partenaires privés…

On a également lancé un appel à participation du public sur le site de crowdfunding touscoprod. Ce genre de site nous semble intéressant car cela permet de financer une partie du projet, mais aussi de faire parler de lui.

Quelles sont les prochaines étapes ?

La recherche de financements continue ! On va commencer aussi à rechercher des diffuseurs, mettre en place des partenariats avec des associations ou des institutions. Nous pourrons bien sûr le diffuser sur Internet mais il est important pour nous que les gens puissent voir le film et en discuter, qu’il suscite le débat et la réflexion. Le crowdfunding se termine dans 3 semaines, ça va déterminer beaucoup de choses pour la suite !

Les participations sont ouvertes sur touscoprod jusqu’au 23 juin. Chacun peut participer pour aider ce projet à voir le jour ! Vous pouvez également découvrir la page Facebook de Mémoires d’un carré.

Article écrit par Soizic et Floriane :

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