Vie de l'Heure Joyeuse

Fonds patrimonial : focus sur la presse pour la jeunesse

Le fonds patrimonial Heure Joyeuse conserve un fonds de revues anciennes à partir des années 1830. Un important travail de description de ce fonds est en cours. Ce travail d’inventaire se double du traitement physique des documents, pour les rendre accessibles à la communication et les préserver dans de bonnes conditions de conservation (dépoussiérage et conditionnement). A cette occasion, nous vous présentons un petit panorama des quatre premiers titres référencés, remis dans leur contexte de publication.

En vingt ans en France, entre 1830 et 1848 (début de la IIème République) naissent et vivent 58 périodiques pour la jeunesse. 35 % des revues meurent rapidement, 50 % vivent entre 5 et 15 ans, et le reste dépasse parfois largement les 20 ans de vie.

Les tirages passent de 3 000 exemplaires vers 1833, à 10 000 puis 20 000 après 1845. Cette presse va tenter de capter l’attention des lecteurs grâce à des promotions, des couvertures attrayantes, des publicités, des jeux. Les différents titres se livrent une concurrence acharnée. Le XIXe siècle est parcouru de grands bouleversements politiques, technologiques, sociétaux… Ces transformations se répercutent sur le contenu et la forme des revues. Les formats, les types de papier, et également le discours tenu évoluent.

Le lectorat enfantin s’accroit avec les lois Ferry (1881-1882) rendant l’école obligatoire. Les enfants  sachant lire, il leur faut de la lecture. Les revues se disputent ce nouveau public, et cherche surtout à capter l’attention des parents, en vantant de leur mieux tous les bénéfices à retirer des lectures de leurs pages.

Parmi les titres déjà visibles au catalogue et consultables sur demande (cliquez sur les titres), vous pouvez trouver :

Planche de mode du Journal des Demoiselles

Le journal des demoiselles

Ce journal a vécu 90 ans, de 1833 à 1922. Nous en possédons 39 volumes, de 1834 à 1902. Cette revue pour demoiselles de la bonne société (de 10 à 18 ans environ) propose un contenu solide et vivant, selon un plan presque immuable jusqu’à la Première Guerre Mondiale. Il y est question de mode, mais aussi de littérature, de géographie, de vie mondaine, de travaux manuels et d’économie domestique. On apprend aux jeunes filles à devenir de bonnes maitresses de maison, tout en les divertissant. On y parle également beaucoup de mariage, parfois de sentiments mais souvent de raison, les (belles) unions étant le destin de la très grande majorité des lectrices.

Des romans en feuilleton accompagnent les lectrices, et de belles gravures coloriées les informent de la dernière mode. Les planches, rehaussées à l’aquarelle, sont passionnantes à consulter. Robes, tenues de soirée et de cérémonie, vêtements d’enfant, chapeaux… Les volumes qui s’étalent sur plus d’un demi-siècle permettent de constater les évolutions au fil des ans.

La poupée modèle

Le Journal des demoiselles a utilisé sa notoriété pour lancer en 1863 la revue La Poupée Modèle, destinée aux petites filles. Il absorbe en 1898 le Journal des enfants puis se fait racheter par Mon journal en 1924, il devient alors  Mon journal et Poupée modèle réunis. La vie des journaux enfantins est souvent difficile à suivre, car les changements de titres, les fusions, rachats… peuvent être nombreux.

La rédaction de La Poupée Modèle semble être tenue par les poupées elles-mêmes, effet littéraire très en vogue à époque (Les aventures de Pinocchio sera écrit 18 ans plus tard.) Ces poupées qui connaissent si bien les petites lectrices donnent bons conseils, amusements, historiettes morales et recettes de cuisines ou astuces de couture. On y trouve des jeux littéraires oubliés depuis, des patrons et quelques pages adressées aux mamans pour l’éducation des petites filles, ou les achats à effectuer ! Les astuces pour soigner des engelures sont toujours d’actualité, et les recettes de goûter ouvrent toujours l’appétit des lecteurs, quelque que soit leur époque…

Sauriez-vous reproduire ces recettes ?

La poupée modèle, 1899-1900. 37e volume. cote : PA in4 2 1899-1900

Le journal de la jeunesse

 

De 1873 au premier semestre 1914, puis de 1916 à 1919 cette revue célèbre est le rival du Magasin d’éducation et de récréation d’Hetzel, qu’il va absorber en 1919. Puis le journal devient indépendant, irrégulier et finit par disparaître. Cet hebdomadaire se vend en abonnement annuel. Dès le préambule, on trouve énoncées les valeurs prônées au fil des pages : « Le patriotisme, les bienfaits du travail, la persévérance dans un noble dessein, le respect de la discipline, l’amour de Dieu, de la famille et de nos semblables. » : le contexte de publication, entre la guerre de 1870 et la Première Guerre Mondiale, marque fortement ce titre. Il propose à ses lecteurs des colonnes traitant de sport, de technique, ainsi que des romans-feuilletons de cape et d’épée ou d’aventures, comme Les compagnons de Marjolaine ou La vengeance des Peaux-de-biques, plutôt destinés aux garçons.

Journal de la jeunesse 1889, 2ed semestre.
Une tragédie royale, Imité de l’anglais par Henri Fayel

Journal de la jeunesse 1889, 2ed semestre.
Mon oncle d’Amérique, de Mme C. Colomb

D’autres feuilletons plus féminins mettent en scène de courageuses adolescentes prêtes à sauver leurs familles de la ruine, toujours récompensées dans leurs efforts par le retour de la prospérité (et un beau mariage, en général).

Les deux sexes sont donc également visés, avec des contenus orientés pour le uns et les autres. Dans une seconde partie, la revue invite ses lecteurs à découvrir « les grands phénomènes de la nature, les merveilles de la science et de l’industrie, des récits historiques, géographiques, des voyages, des variétés littéraires, des causeries sur les arts, les jeux, la manière de vivre et de se conduire. ». On peut suivre ainsi les actualités de la construction de la Tour Eiffel, les nouveautés présentées lors des expositions universelles de Paris, ou des inventions de l’époque mais également apprendre les propriétés des plantes, ou des faits historiques.

De 1873 à 1914, notre collection est presque complète (nous avons 101 volumes !)

Journal de la jeunesse 1889, 2ed semestre.

Supplément au journal, plan de l’Exposition Universelle de Paris, 1878

Coupure de presse pour la promotion de la revue, Affiche de Mucha, 1895
Bibliothèque nationale de France

La revue pour les jeunes filles

Entre 1830 et 1840, la presse féminine est en plein essor, notamment à la faveur de l’évolution des conditions des femmes. Une soixantaine de journaux voient le jour. La presse féministe, avec un contenu plus axé sur la revendication des droits des femmes se développe à chaque période révolutionnaire (1830, 1840).

Certains titres comme la Revue pour les jeunes filles (1895-1900) ont des intonations féministes à destination des adolescentes et jeunes adultes, en cherchant à instruire sur les métiers féminins (ex La compositrice d’imprimerie, Tome 14) et sur les conditions des filles et femmes dans d’autres pays (Allemagne, Angleterre, Chine, Inde…). On retrouve des romans feuilletons comme « Sans mari ». Les articles sont aussi engagés et variés que la neurasthénie mondaine et Refuges et restaurants pour les travailleuses (Tome 11),

Les rubriques que l’on peut lire dans cette revue, reliée au trimestre, sont passionnantes et aussi variées que : la transmission rapide du savoir, Une maison bien entretenue : le déménagement, (Tome 16) ou des informations sur la vie publique, politique et culturelle.

Cette revue s’adresse à des jeunes filles éduquées, qui peuvent s’offrir un abonnement, mais qui ne sont pas les mêmes que les lectrices plus mondaines du Journal des demoiselles. Nous conservons tous les volumes parus entre 1895 et 1899.

N’hésitez pas à consulter ces revues, les articles y sont passionnants et nous y découvrons à chaque fois de nouvelles pépites ! Si d’autres revues enfantines vous intéressent et que vous souhaitez savoir si nous disposons d’un périodique n’apparaissant pas (encore) au catalogue lors de votre recherche, n’hésitez pas à nous écrire par courriel à l’adresse bibliotheque.heurejoyeuse-patrimoine@paris.fr, et nous vous répondrons.

Publicités

2 réflexions sur “Fonds patrimonial : focus sur la presse pour la jeunesse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s