Vie culturelle/Vie des collections

Bla Bla Thé du 5 janvier 2019

Notre premier rdv de l’année, proposé sur un nouveau créneau horaire (15h-17h). Avec Annie L. , Annie P. , Eliane, Christiane, Ljubica, Marc, Guy, Thierry et Nathalie et Stéphane de l’équipe de la médiathèque.

Tu t’appelais Maria Schneider de Vanessa Schneider. C’est un livre hommage à l’actrice française écrit par sa cousine. Fille non reconnue de Daniel Gélin, Maria Schneider qui se voyait poursuivre une brillante carrière dans le cinéma a connu une expérience traumatisante et indigne sur le tournage du film Le dernier tango à Paris, aux côtés de Marlon Brando et Bernardo Bertollucci. Ce sont avant tout des souvenirs familiaux qui sont évoqués ici, Maria Schneider ayant été recueillie par les parents de sa cousine à l’adolescence. Un tragique parcours de vie, entourée de personnalités (Alain Delon, Brigitte Bardot, Patti Smith, Marlon Brando, Nan Goldin…), marquée aussi par des problèmes de drogue, de dépression et à la fin par la maladie. « Un récit éprouvant mais j’ai beaucoup aimé« . Par ANNIE P.

Ceux de 14 de Maurice Genevoix. C’est un recueil de récits de guerre, rassemblés sous un même titre en 1949. De son expérience du front d’où il est revenu grièvement blessé (août 1914 – avril 1915), Maurice Genevoix avait publié cinq ouvrages formant un témoignage authentique et précis de ce qu’il avait vécu et observé : Sous Verdun, en avril 1916, Nuits de Guerre, en décembre 1916, Au seuil des guitounes, en septembre 1918, La Boue, en février 1921, et Les Éparges, en septembre 1921. Cette œuvre à la fois historique et littéraire figure au premier rang des témoignages publiés sur la Première Guerre mondiale. « Lourd, évidemment, mais une oeuvre remarquable« . Par ANNIE P.

Les enfants du vide de Raphaël Glucksmann. Un essai vif et courageux qui pose un diagnostic sans concession sur les échecs des démocraties occidentales. La société actuelle est de plus en plus dépourvue de sens. C’est une société de la solitude qui ne fait plus « groupe » : les lieux de socialisation (partis, syndicats, église…) se sont délités. Or, la solitude est source d’anxiété. Déjà Tocqueville constatait que l’atomisation de la société était « le terreau du despotisme ». Or, ce sont les politiques économiques menées depuis une quarantaine d’années qui ont abouti à ce résultat. Les enfants de 68 devaient se battre contre des chaînes qui entravaient corps et esprit, les enfants des générations suivantes n’ont pas de chaînes à briser mais des liens à reconstruire. Par Annie P.

Miraï, ma petite soeur de Mamoru Hosada. Dans ce film d’animation, Kun est un petit garçon à l’enfance heureuse jusqu’à l’arrivée de Miraï, sa petite sœur. Jaloux de ce bébé qui monopolise l’attention de ses parents, il se replie peu à peu sur lui-même. Au fond de son jardin, où il se réfugie souvent, se trouve un arbre généalo-ma-gique. Soudain, Kun est propulsé dans un monde fantastique où vont se mêler passé et futur. Il rencontrera tour à tour ses proches à divers âges de leur vie : sa mère petite fille, son arrière grand-père dans sa trépidante jeunesse et sa petite sœur adolescente ! A travers ces aventures, Kun va découvrir sa propre histoire. « Une belle histoire. C’est fabuleux, même. Moi qui n’apprécie particulièrement le traitement manga, j’ai trouvé le dessin plutôt pas mal. Les décors à l’aquarelle sont magnifiques » Par ANNIE L.

Une affaire de famille de Hirokazu Kore-eda. Palme d’or 2018 à Cannes. Un hommage aux perdants magnifiques. Le film se divise en deux parties, une lumineuse, l’autre sombre. Une petite voisine de 5 ans maltraitée vient de trouver un nouveau foyer. Cette mouflette, Osamu, maigrichon entre deux âges, vif et malin, l’a quasiment ramassée dans la rue. Il l’a croisée, livrée à elle-même, alors qu’il revenait d’un raid de ravitaillement au supermarché (sans passer à la caisse, et en oubliant de piquer le shampooing), avec son propre fils préadolescent. L’adorable Cosette japonaise ne perd pas au change : la famille dans laquelle elle est aussitôt absorbée, réchauffée et câlinée est un vrai cocon de tendresse, encore qu’elle ne corresponde pas (du tout) aux normes classiques en matière d’éducation… Papa vole à l’étalage, aidé par son gamin, lequel ne fréquente aucune école. Maman fait les poches des clients dans la blanchisserie industrielle où elle travaille, et la fille aînée s’exhibe dans un peep-show, déguisée en écolière. Tout ce petit monde attachant, tranquillement amoral, s’entasse au jour le jour chez Mamie, elle-même plutôt douée pour l’arnaque.

Lignes de faille de Nancy Huston. Il s’agit d’un roman par la romancière et essayiste franco-canadienne anglophone, publié en août 2006 et qui a reçu le prix Femina la même année. On y met en perspective quatre moments de l’existence de quatre membres d’une même famille, avec un même repère fixe, la sixième année de chacun. Le roman débute en 2004 par Sol, petit garçon californien et fils de Randall. Sol est pris dans la violence de son pays en « guerre contre le terrorisme » et en pleine mutation technologique avec l’arrivée massive d’internet dans les foyers. Puis vient le tour de Randall qui en 1982 part avec sa famille s’installer en Israël pour les besoins des recherches de Sadie sa mère, juive pratiquante qui tente de tracer l’histoire de sa famille, et en particulier de sa propre mère Kristina, une célèbre chanteuse qui depuis les années 1960 se produit dans le monde sous le nom de scène Erra. Suit l’histoire de Sadie qui à six ans, en 1962, vit avec ses grands-parents à Toronto au Canada. Sadie ne rêve que d’une chose c’est que sa très jeune maman, Kristina qui devient une chanteuse reconnue, vienne s’occuper d’elle et la délivrer de la langueur et de la dureté de sa vie. Enfin le roman se termine par la sixième année de Kristina-Erra en 1944-1945 dans une Allemagne battue et ravagée par la guerre et ses horreurs. Kristina vit dans une famille où les derniers hommes meurent au front et où de lourds secrets règnent autour des filiations. « Une écriture fluide et une construction originale. J’ai trouvée intéressante cette remontée du temps avec ces histoires imbriquées et ces regards différents.« . Par ELIANE

Les aventures de Ruben Jablonski d’Edgar Hilsenrath. Cet auteur allemand né en 1924 est décédé, il y quelques semaines le 30 décembre 2018. C’est l’itinéraire d’un juif allemand, qui est en fait l’auteur lui-même, jeune. Prisonnier dans un ghetto en Ukraine pendant la seconde guerre mondiale, il sillonna à la fin de la guerre l’Europe de l’Est, pour ensuite émigrer en Israël, où il vécut de petits boulots et fit l’expérience des kibboutz. Enfin, après bien des péripéties il parvint à retrouver son père en France à la fin des années 1940. « Une écriture spontanée et très vivante. Edgar Hilsenrath nous donne un témoignage précieux de ces temps difficiles. C’est aussi un très bon moyen d’entrer dans l’oeuvre d’Hilsenrath, dont la traduction n’a pas respecté l’ordre chronologique de ses récits, aujourd’hui tous présents à la médiathèque. » Par NATHALIE

Monsieur Origami de Jean-Marc Ceci. À l’âge de vingt ans, le jeune Kurogiku tombe amoureux d’une femme qu’il n’a fait qu’entrevoir et quitte le Japon pour la retrouver. Arrivé en Toscane, il s’installe dans une ruine isolée où il mènera quarante ans durant une vie d’ermite, adonné à l’art du washi, papier artisanal japonais, dans lequel il plie des origamis. Un jour, Casparo, un jeune horloger, arrive chez Kurogiku, devenu Monsieur Origami. Il a le projet de fabriquer une montre complexe avec toutes les mesures du temps disponibles. Son arrivée bouscule la tranquillité de Monsieur Origami et le confronte à son passé. Les deux hommes sortiront transformés de cette rencontre. Ce roman allie profondeur et légèreté, philosophie et silence. « C’est vraiment un voyage littéraire, une évasion, portée par une écriture précise, minutieuse. » Par CHRISTIANE

Little Heaven de Nick Cutter. Sous ce pseudonyme se cache l’auteur Craig Davidson (De rouille et d’os, Cataract City…). Il s’adonne ici au genre de l’épouvante. 1966. Trois tueurs à gages, à la recherche d’un petit garçon, rendent visite à une communauté qui vit retirée sous la houlette d’un révérend tordu. Cette mission en apparence banale va tourner au cauchemar. Le camp des illuminés est en effet encerclée par une présence maléfique bien décidée à s’emparer des corps et des âmes de tous les habitants. Il faudra livrer une bataille titanesque pour échapper à ses desseins terribles. « Un scénario très tendu et un texte bourré d’adrénaline, de violence, de perversité. Jubilatoire, à la mesure du plaisir prit par l’auteur à dérouler ces aventures. A priori, pas mon genre mais je me suis laissé emporter. C’est aussi très pop, par ses références visuelles, les films d’horreur des années 1970 et 1980. » Par STEPHANE

Après Gerda de Pierre-François Moreau. Le récit romancé des quelques semaines que le jeune photographe de guerre Robert Capa passe aux États-Unis à l’automne 1937. Sa compagne Gerda Taro a péri dans un accident sur un des fronts de la Guerre d’Espagne. Pour lui rendre hommage, il veut publier un livre, Death in the making, qui évoque leur travail  à couvrir la guerre civile. Ce récit permet aussi d’évoquer leur amour agité et leur collaboration marquée par la cause révolutionnaire. « Une très belle histoire, douloureuse, vécue par de très jeunes gens (Gerda et Robert Capa ont plus ou moins 25 ans) qui exercent un métier inédit, plein de dangers. Les deux personnages, à 20 ans d’écart, ont connu une fin tragique. Robert Capa saute sur une mine en Indochine en 1954. C’est aussi une époque racontée, la montée de périls, avec certaines de ses personnalités artistiques et politiques (Hemingway, André Kertesz…) au travers de l’immense tristesse d’un très jeune veuf. » Par STEPHANE

Coeurs solitaires de John Harvey. Un polar britannique publié au début des années 1990, le premier mettant en scène le personnage de Charles Resnick, inspecteur de police d’origine polonaise au commissariat de Nottingham. il est amateur  de jazz et de chats (il en a 4 avec des noms de jazzmen célèbres : Bud, Pepper, Dizzy et Miles). A Nottingham, une femme est assassinée. Charles Resnick pense à un drame passionnel car son ancien amant l’a menacé de mort. Puis une deuxième femme est également assassinée. L’enquête se dirige alors vers la recherche d’un tueur en série. Au cours de son enquête Charles Resnick rencontre Rachel Chaplin, une travailleuse sociale, avec laquelle il va entamer une relation sentimentale… John Harvey est l’auteur de deux séries d’enquêtes, avec l’Angleterre des années 1990 pour toile de fond. « Une remarquable qualité de dialogues et j’ai aussi apprécié la finesse psychologique des personnages ». Par GUY.

Ses pied nus de Claire Genoux. C’est un recueil de nouvelles par cette auteure suisse, des récits noirs, terribles, au bord de la folie parfois, tissés de non-dits, de ces silences qui font naître la tristesse derrière l’apparente banalité des faits, qui évoquent pour les personnages des « crises ». « Une écriture radieuse, les phrases coulent d’elles-mêmes. C’est précis et bouleversant, chaque personnage se découvre face à sa propre vérité (mort, folie…etc). Claire Genoux est une auteure – et poétesse – que j’aime beaucoup. » Par GUY

La nuit des écluses de Bernard-Marie Garreau. Cette nuit-là, le père Jean (personnage d’une série d’enquêtes « Un flic en soutane ») est réveillé en sursaut par un appel anonyme qui lui annonce la présence d’un cadavre aux écluses de Sarveilles, derrière la faculté. Ce sont en réalité deux corps que notre flic en soutane et son ami le commissaire Marcel Durand découvrent sur le terrain vague. Une nouvelle enquête qui va mettre en scène un notaire véreux, un ancien légionnaire, une vieille prostituée extralucide, une professeur nymphomane, un étudiant bohème, une princesse russe, les phénomènes de foire du Café des Mariniers, et la liste n’est pas close… « Je viens de le commencer, je ne peux pas vous dire plus que c’est une belle écriture. C’est surtout la rencontre avec cet auteur qui m’a plu. Je soutiens un blog de poésie à Lisbonne, Poesia revelada. Bernard-Marie Garreau est un universitaire, spécialiste reconnu de Marguerite Audoux ». Par THIERRY

La cour maudite d’Ivo Andrić. Paru en 1954, ce court roman du grand Ivo Andric (Nobel 1961) débute sur une scène de mort : un moine orthodoxe vient de décéder dans un monastère de Bosnie. Ses frères rassemblent ses affaires, partagent son souvenir et se rappellent le récit qu’il leur avait fait de son passage dans le depositto d’Istanbul, sorte de purgatoire où gardés à vue en attente de jugement patientent avant que les autorités judiciaires ottomanes ne règlent leur sort. Le frère avait atterri là par hasard et, six mois durant, avait dû partager son quotidien avec les équivoques personnages de cette cour maudite. Le récit tourne autour de trois personnages, puissamment esquissés à la façon des dessins de Delacroix ou Géricault. Construit sans vrai fil narratif, comme une succession d’esquisses, ce petit roman sombre et âpre est un complément utile aux grands chefs d’oeuvre d’Andric mettant en scène la domination ottomane sur la Bosnie : Le Pont sur la Drina et Omer pacha latas. « Je voulais parler de la culture et de la littérature de mon pays d’origine, la Yougoslavie. Moins connu que le Pont sur la Drina, La cour maudite est un court texte métaphorique que j’aime beaucoup ». Par LJUBICA

La vie est un miracle d’Emir Kusturica. Film de 2004. Synopsis : « Que pourrait-il y avoir de mieux pour le village qu’une ligne de chemin de fer touristique ? Et que pourrait-il y avoir de pire pour le tourisme que la guerre ? Luka construit sa voie ferrée et ferme les yeux sur la guerre, davantage préoccupé par un âne qui bloque les rails. Mais sa femme, Jadranka, le quitte pour un musicien qui promet de relancer sa carrière de chanteuse d’opéra, et son fils, Milos, est appelé à l’armée. La vie de Luka devient une zone de guerre jusqu’au jour où il rencontre Sabaha, otage destinée à être échangée contre son fils… » « Kusturica a fait construire un village pour le tournage de ce film, Drvengrad, le village en bois, à proximité de la frontière avec la Bosnie-Herzégovine, également situé près de Višegrad, la ville dont l’écrivain Ivo Andrić a immortalisé le fameux pont sur la Drina. On y trouve une école de cinéma et un pôle d’agro-tourisme, c’est aussi un vrai village avec une église, un hôtel, un restaurant, des boutiques, et des maisons pour lui et ses proches. J’aime beaucoup aller dans cet endroit avec mes enfants. C’est à découvrir. » Par LJUBICA

Merci à toutes et tous pour ces encore une fois enrichissants échanges. Prochain rdv le 2 février 2019 à 15h.

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