Action culturelle

Bla Bla Thé du 2 mars 2019

Avec Annie L. , Eliane, Catherine, Marie-Françoise, Guy, Thierry et Pierric et Stéphane de l’équipe de la médiathèque.

Olga de Bernard Schlink. Il s’agit d’un roman historique, organisé en trois temps. Olga Rinke cherche à s’évader de la prison des souvenirs. Elle a aimé Herbert, au temps de sa jeunesse. Née pauvre à la fin du XIXe siècle, elle a connu ce fils de famille alors qu’une grand-mère acariâtre avait recueilli la jeune fille. Douée pour les études, elle a tapé dans l’œil du jeune homme, au grand dam de sa famille qui eût préféré un meilleur parti. Envoyée en Prusse-Orientale, Olga devient institutrice. Elle se morfond et s’épanouit à la fois dans son métier, éprouvant à distance de l’amour pour Herbert. Lequel est gagné par la fièvre nationaliste qui sévit en Allemagne. Il s’engage dans un bataillon qui part «civiliser» l’Afrique et puis, galvanisé par cette expérience, se lance dans une expédition polaire. Et n’en reviendra pas. Après nous avoir raconté sa vie une première fois, le romancier allemand la relate une seconde fois. Olga se confie cette fois à un jeune garçon, chez les parents duquel elle fait des travaux de couture. Olga a maintenant plus de 50 ans, et elle a survécu à la Seconde Guerre mondiale dans un trou perdu, en Silésie. Dernier acte du roman : les lettres envoyées par la jeune femme à Herbert, au temps de son expédition polaire. Ultime trace d’un amour inassouvi que Bernhard Schlink ressuscite. « J’ai trouvé ce roman bouleversant et intéressant dans chacune de ses parties. Dans la première, on peut dire qu’Olga a un regard extraordinaire sur le monde, c’est une enfant précoce. Le style est très clair, l’auteur use d’une langue au bord de l’émotion.  Dans la deuxième, les souvenirs du narrateur élevé par Olga sont aussi très émouvants.  Et la troisième, c’est une véritable déclaration d’amour par delà les différences sociales. Je laisse le soin aux autres lecteurs de découvrir les transitions déterminantes qui explique la construction de cette histoire en trois temps. » Par GUY

Regarder de Serge Mestre. Ce roman de l’auteur et traducteur Serge Mestre (lui-même fis d’un républicain espagnol réfugié en France) est comme un écho d’un autre roman récent, évoqué dans une précédente édition du Bla Bla Thé, Après Gerda de Pierre-François Moreau. Il revient également sur le destin de Gerda Taro (née Gerta Pohorylle en Allemagne), photojournaliste connue notamment pour ses reportages sur la guerre d’Espagne. Compagne du photographe de guerre Robert Capa, elle en a inventé le pseudonyme et a contribué à lancer sa carrière, au détriment de la sienne. Elle est la première femme photographe de guerre à avoir trouvé la mort lors d’un reportage, pendant la guerre civile espagnole, en 1937, à vingt-six ans. La découverte tardive de nombreux négatifs donne une dimension nouvelle à son travail, longtemps sous-estimé. Le roman revient sur la liberté et la combativité féministe de cette jeune femme, « étoile filante » de son époque, qui a jusqu’au bout cherché à faire reconnaître son nom. « Un livre qui m’a vraiment remué. » Par GUY

Voyages chez les Moïs d’Indochine d’Alexandre Yersin. Dès son arrivée en Indochine en 1890, Alexandre Yersin (célèbre scientifique qui a découvert le bacille de la peste) se passionne pour les zones encore inexplorées de la chaîne Annamitique, situées à cheval entre l’Annam et la Cochinchine. Considérées alors comme inaccessibles par les Vietnamiens, elles sont habitées par des tribus proto-indochinoises, connues sous le nom générique de Moïs. Au cours de quatre missions successives, Yersin explore de vastes régions des Hauts-Plateaux, dont le Lang-Bian, situé à 1500 m d’altitude, où sera construite, quelques années plus tard et sur ses conseils, la ville sanitaire de Dalat. Homme curieux et téméraire, Alexandre Yersin se lance dans ces explorations sans escorte, exposé parfois à l’hostilité des autochtones, aux attaques des fauves et aux maladies endémiques. Il traverse des régions dont les populations sont minées par des guerres intestines et, grâce à son esprit pacifique et déterminé, il parviendra même à mettre fin à des conflits tribaux savamment entretenus par de petits chefs ambitieux et jaloux les uns des autres. Ces récits d’exploration ont paru dans diverses revues et publications entre 1893 et 1943. Ils sont regroupés dans ce volume par ordre chronologique, avec une carte retraçant l’itinéraire des quatre expéditions. « J’ai le projet de faire un voyage au Cambodge. Je lis des ouvrages historiques ou de fiction sur cette partie de monde. Je me suis un peu ennuyé avec Kampuchea de Patrick Deville, trop érudit, trop touffu. J’ai beaucoup aimé par contre Eaux et lumières. Journal du Mékong cambodgien de Georges Groslier, un superbe récit de voyage vers 1929-1930, lors d’une mission d’inventaire des pagodes situées le long du fleuve. Par THIERRY. « Je trouve passionnant le genre de géo-déambulations écrites par Deville, sur les traces de Yersin aussi dans Peste & Choléra. Je conseille la lecture des romans Le Portail de François Bizot et Une saison au Cambodge de Lawrence Osborne. Le premier pour l’expérience de l’auteur, alors chercheur à l’Ecole française d’Extrême-Orient, pris en otage en 1971 par les Khmers rouges et retenu pendant plusieurs mois en captivité par Douch, un lieutenant de Pol Pot, qui deviendra par la suite responsable des interrogatoires de la prison S21 et enverra des centaines de personnes à la mort. Une vertigineuse descente dans la paranoïa et le dogmatisme des Khmers rouges.  Le deuxième pour saisir une atmosphère du Cambodge contemporain où des Occidentaux se laissent dériver dans une sorte de laisser-aller général. » Par STEPHANE

Le baobab de Stanley de Guillaume Jan. Il s’agit du récit d’un voyage effectué par le Français Guillaume Jan qui a traversé le continent africain d’est en ouest, de Zanzibar à Boma au Congo. Il s’est déplacé à pied, à moto, en pirogue, en taxi-brousse, en avion-stop. Il nous entraîne à la rencontre des hommes et des femmes qui font l’Afrique contemporaine. En chemin, il découvre que sa route se confond avec celle de Stanley, le premier explorateur à avoir descendu le fleuve Congo en 1877. Un long siècle est passé, mais s’aventurer dans cette région du monde reste une expédition au cœur des ténèbres. « C’est un livre que j’ai lu sur le conseil de Stéphane. Guillaume Jan est un de ses amis. C’est très facile à lire, c’est une belle traversée, dans des régions en pleine décrépitude. Les choses du temps du Congo belge que l’on apprend sont effarantes. J’y ai retrouvé ce que j’ai moi-même connu de l’Afrique, l’importance des rencontres humaines. » Par ELIANE. « Je recommande O’Hanlon au Congo de Redmond O’Hanlon, une quête loufoque sur les traces du Mokélé-mbembé, un dinosaure vivant du Congo. » Par THIERRY.

Neige noire de Paul Lynch. Donegal, Irlande, 1945. Barnabas Kanes est revenu des Etats-Unis avec sa femme américaine Eskra et leur fils, Billy, pour participer à la jeune république et y devenir éleveur. L’incendie de son étable dans lequel a péri Matthew Peoples, son ouvrier agricole, le laisse exsangue car la compagnie d’assurance refuse de l’indemniser. Il espère trouver du soutien auprès de sa communauté mais de vives rancoeurs apparaissent chez ses voisins… « C’est une histoire très noire mais écrite avec un style extraordinaire, avec un langage magnifique, « tellurique ». Les métaphores abondent. J’ai aimé aussi le très beau portrait de femme, Eskra. Impressionnant, très fort. » Par MARIE-FRANCOISE

Le puits d’Ivan Repila. Deux frères, le Grand et le Petit, sont prisonniers au fond d’un puits de terre, au milieu d’une forêt. Ils tentent de s’échapper, sans succès. Ils parviennent à survivre aux loups, à la soif, aux pluies torrentielles, mais le Petit s’affaiblit de jour en jour. Le Grand sait qu’il doit sauver son frère, quitte à sacrifier sa propre vie… « Là encore, c’est une histoire très noire. Mais j’ai encore une fois eu un faible pour le style de ce petit roman espagnol. » Par MARIE-FRANCOISE

Premier amour de Stepan Burnashev. Synopsis : Volodia, éleveur de chevaux, monte à la capitale pour s’acheter un fusil de chasse. Il manque de se faire écraser par la voiture d’une femme d’affaire. Tous les deux ne mettent pas longtemps à reconnaître en l’autre son premier amour. Il s’agit du premier film en langue yakoute, entièrement réalisé par un Yakoute sortant en salles en France. « J’aime la langue russe, même si ce film est principalement en langue yakoute, il y a du russe dedans. La Yakoutie est une région de Sibérie, que nous découvrons grâce à ce film. J’aime l’ailleurs. On nous parle ici de l’opposition entre la ville et la campagne, entre les ruraux et les citadins. J’ai trouvé ce film beau et touchant, dépaysant, il nous ouvre sur d’autres modes de vie et un autre cinéma. ». Par CATHERINE

French touch de Xiaoxing Cheng avec Fabien Ara et Clac ! de Fabien Ara. Deux courts-métrages proposés au public par la Mairie du Xe arrondissement. Synopsis de French Touch. La France, c’est mort. Ça se passe à Dubai ou à Shanghai ! Mais le rêve chinois de Florent, jeune diplômé français, tourne au cauchemar. Il est prêt à tout pour sa survie au Far East. Il croise le chemin de Tang, une belle chinoise revenue de France, qui va lui faire une proposition. Synopsis de Clac ! Un dîner de famille au restaurant chinois. La mère : J’ai Alzheimer. Je vais me suicider. Ce soir. Le dernier repas explosif d’une famille paniquée. « Ces 2 courts-métrages sont une vraie découverte. Ils sont tous les deux très drôles, rebondissants, même sur le sujet difficile de la maladie d’Alzheimer. Surtout avec eux j’ai découvert le travail de Fabien Ara devant et derrière la caméra. C’est vraiment quelqu’un de subjuguant, il a une présence exceptionnelle. » Par CATHERINE

Heimat de Nora Krug. Il s’agit d’une enquête graphique menée par une illustratrice allemande sur le passé de membres de sa famille pendant la Seconde Guerre mondiale. Depuis longtemps, Nora Krug ressent que le simple fait d’être citoyenne allemande la relie à l’Holocauste, lui interdisant tout sentiment de fierté culturelle. Après douze ans passés aux États-Unis, et alors qu’un non-dit plane sur la participation de sa famille à la guerre, elle part à la recherche de la vérité… « C’est un ouvrage très dense, foisonnant, qui mêle un graphisme assez naïf, des photos historiques ou de famille, beaucoup de texte. C’est passionnant, on avance pas à pas dans cette enquête qui est difficile pour l’auteur, elle doit retrouver des personnes dispersés en Allemagne, en Amérique, remuer un passé douloureux pour la famille. On sent l’émotion palpable qui accompagne l’auteur. Un travail très fort. Par STEPHANE

Fief de David Lopez. Quelque part entre la banlieue et la campagne, Jonas et ses amis tuent le temps. Ils fument, ils jouent aux cartes, ils font pousser de l’herbe dans le jardin, et quand ils sortent, c’est pour constater ce qui les éloigne des autres. Dans cet univers à cheval entre deux mondes, où tout semble voué à la répétition du même, leur fief c’est le langage, son usage et son accès. « Après Gaël Faye l’année précédente, c’est une nouvelle révélation qui s’offre à nous en la personne de David Lopez. Fief, son premier roman, ébouriffe par son style direct. Chronique d’une jeunesse ordinaire dans une banlieue jamais nommée, ce livre coup de poing fait autant penser aux romans noirs épurés de Jérémy Guez qu’au film La Haine ou aux dialogues de Jacques Audiard. Ce roman, c’est assez rare pour être signalé, est le fruit d’un atelier d’écriture réalisé par l’auteur dans le cadre de son master d’écriture. David Lopez nous régale par sa langue, qui retranscrit avec vivacité l’argot contemporain. L’écriture est vive, les dialogues d’une intensité et d’un réalisme qu’on a peu l’occasion de lire. On suit donc Jonas, Jeune homme qui hésite sur la conduite à tenir. Aux portes de l’âge adulte, il est tiraillé entre la rigueur et l’exigence nécessaire au succès d’une carrière de boxeur professionnel et la fidélité à son fief, son groupe d’amis aux habitudes et addictions peu compatibles avec le sport de haut niveau. Un livre sur le fait de grandir donc. Sur la banlieue, territoire entre deux, comme ce héros partagé. Et finalement roman sur le refus de céder à l’injonction de performance qui prévaut aujourd’hui. Rafraîchissant. » PAR PIERRIC

 

Prochain rdv le 6 avril à 15h00. Vous aussi, venez partager vos lectures, vos films…etc

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