Action culturelle

Bla Bla Thé du 1er juin 2019

Pour cette dernière édition avant la pause estivale, le Bla Bla Thé réunissait Anne, Annie, Eliane, Violetta, Floriane, Janine, Christiane et Guy, ainsi que Magali et Stéphane de l’équipe de la médiathèque.

Rivière tremblante d’Andrée A. Michaud. À 30 ans d’intervalle, des enfants disparaissent dans des circonstances nébuleuses. Rien ne lie apparemment ces drames, sinon l’horreur qui les entoure et la douleur de leurs survivants… 10e roman de la canadienne Andrée A. Michaud. « Une découverte avec la lecture de Bondrée, son précédent. Ce n’est pas un polar mais un roman noir sur le sujet de la perte et du deuil. C’est très bien écrit, très bien décrit aussi. Il y a peu de dialogues ». Par ANNE.

Le bouc émissaire de Daphné du Maurier. John, Anglais solitaire en vacances en France, trouve sa vie monotone. Au Mans, il fait la rencontre de son double. Un roman hanté par les thèmes du bien et du mal, de la rédemption et de l’identité : en façade, bonnes manières et respectabilité, en coulisses, cruauté, noirs calculs et goût marqué pour les confidences inavouables. Un récit d’angoisse fondé sur une diabolique substitution d’identité. « Une autrice qu’on ne présente plus, un peu tombée en désuétude, que je relis. Ce titre n’est pas le plus connu mais j’ai savouré. » Par ANNE.

Petit pays de Gaël Faye. Un roman qui a fait beaucoup parler de lui et qui a reçu le Prix Goncourt des Lycéens en 2016. Le narrateur, Gabriel, vit adulte, à Saint-Quentin-en-Yvelines. C’est un exilé. Il a une dizaine d’années au début de l’année 1993 et vit une enfance heureuse dans le confortable quartier de Kinanira à Bujumbura (Burundi) avec son père, entrepreneur expatrié français, sa mère, d’origine rwandaise, et sa petite sœur Ana. Gabriel mène une enfance heureuse dans une famille aisée, entouré d’un groupe d’amis avec qui il fait les quatre cents coups. Mais son bonheur va être menacé par la réalité géopolitique du Burundi : après la séparation de ses parents, il assiste à la dégradation de la situation géopolitique de la région, avec la guerre civile burundaise suivie du génocide des Tutsis au Rwanda. L’auteur souligne que le roman n’est pas autobiographique, mais qu’il est inspiré de sa propre expérience. « Un très beau livre avec une très belle écriture, une langue imagée. J’y ai particulièrement apprécié la joie de vivre des enfants africains, même si on y raconte aussi de tristes événements. A part ça, j’ai lu deux coups de coeur de la médiathèque, Mauvaise pente de Keith Ridgway et Sombre dimanche d’Alice Zeniter. Très bien et très sombres. » Par ELIANE.

Charles de Gaulle de Jean-Yves Le Naour et Claude Plumail. Une série BD en 4 tomes qui revient sur le parcours de l’homme. « Le 75e anniversaire du Débarquement en Normandie et de la Libération de Paris approche et je trouve qu’on n’en parle pas beaucoup. Je tiens donc à vous parler en particulier du tome 3, 1944-1945 : l’heure de vérité. En juin 1944, les Américains et les Britanniques préparent le débarquement de Normandie mais tiennent le général à l’écart. Ce dernier doit prendre de vitesse ses alliés pour aider à libérer la France. C’est écrit avec rigueur et des détails historiques. C’est bien fait, il y a aussi un dossier documentaire en fin d’ouvrage. Le personnage de De Gaulle n’est pas très bien dessiné, par contre. » Par GUY.

Mer blanche de Roy Jacobsen. Novembre 1944. Le MS Rigel, qui transporte des troupes allemandes et des prisonniers russes, est coulé au nord de la Norvège. Quelques naufragés survivent. L’un d’eux, échoué sur les rives de Barrøy, va être soigné par Ingrid. Ce sera le début d’une belle histoire d’amour, brève et intense, vécue par deux jeunes gens sur une île qui a « le toit comme ciel et comme murs ». Séparée des siens le temps de la guerre, Ingrid se contente de peu. Elle gagne des sous en découpant des morues et en salant des harengs. À Barrøy, la nature est déchaînée. À l’hostilité de l’environnement s’ajoute celle de l’histoire : Mer blanche est le tableau d’une Norvège occupée qui pratique la politique de la terre brûlée. « Il s’agit du deuxième texte de cette saga familiale, ouverte avec Les invisibles, dont j’ai déjà parlé. J’aurais les mêmes éloges à décerner. C’est bouleversant, j’invite vraiment à lire les deux livres de Roy Jacobsen. Ingrid est une figure héroïque, pleine de dignité, elle aide les autres. » Par GUY.

Un silence brutal de Ron Rash. Dans ce coin des Appalaches, entre rivière et montagnes, que l’œuvre de Ron Rash explore inlassablement un monde s’efface devant un autre : à l’enracinement des anciens à leur terre succède la frénésie de profit des entrepreneurs modernes. Le shérif Les, à trois semaines de la retraite, et Becky, poétesse obsédée par la protection de la nature, incarnent le premier. Chacun à sa manière va tenter de protéger Gerald, irréductible vieillard, contre les accusations de Tucker, propriétaire d’un relais pour riches citadins curieux de découvrir la pêche en milieu sauvage. Dans leur esprit, Gerald est incapable d’avoir versé du kérosène dans l’eau, provoquant la mort des truites qu’il aime tant. Mais alors, qui est le coupable?  (présentation éditeur). « Je l’ai choisi parce qu’on me promettait du polar, de l’écologie et de la poésie, trois choses que j’aime. Je n’ai pas été déçu. » Par GUY.

Nomadland de Jessica Bruder. La crise financière des subprimes les a jetés à la rue. En 2008, ils ont perdu leur travail, leur maison, tout l’argent patiemment mis de côté pour leur retraite. Ils auraient pu rester sur place, à tourner en rond, en attendant des jours meilleurs. Ils ont préféré investir leurs derniers dollars et toute leur énergie dans l’aménagement d’un van, et les voilà partis. Ils sont devenus des migrants en étrange pays, dans leur pays lui-même, l’Amérique dont le rêve a tourné au cauchemar. Parfois, ils se reposent dans un paysage sublime ou se rassemblent pour un vide-greniers géant ou une nuit de fête dans le désert. Mais le plus souvent, ­ils foncent là où l’on embauche les seniors compétents et dociles : entrepôts Amazon, parcs d’attractions, campings… Parfois, ils s’y épuisent et s’y brisent. (présentation éditeur) Suivis pendant 3 ans par l’autrice, journaliste, les seniors dans cette enquête tentent coûte que coûte de survivre à la rudesse de la société et de l’économie libérale. « Une enquête ahurissante sur un nouveau visage de la société américaine, ce que devrait faire un bon travail de journalisme. Une célébration de la résilience de femmes et hommes âgés ou vieillissants qui se démènent pour rester à flot. Une dénonciation de la brutalité et du cynisme d’un système. Cela fait froid dans le dos quand on y songe. Un documentaire très fort et très plaisant à lire. » Par STEPHANE.

Le jour où la Durance de Marion Muller-Collard. Le premier roman de M. Muller-Collard est une histoire de deuil, de maternité et de filiation. Bastien vient de mourir.Très lourdement handicapé, il ne pouvait ni bouger ni parler. Sylvia sa mère a pris soin de lui pendant 30 ans. Marion Muller-Colard décrit les quatre jours séparant la mort de l’enterrement de Bastien, et au cours desquels le flot des souvenirs de Sylvia remonte sans prévenir, fendillant la chape de béton qu’elle avait progressivement coulée en elle. L’histoire est un double mouvement. D’un côté les souvenirs remontent en Sylvia comme un torrent qui menace de tout emporter. De l’autre, la Durance, la rivière qui coule non loin de là, déborde après des pluies torrentielles. C’est une rivière sur laquelle on a construit des barrages, engloutissant du même coup des villages entiers. « Je l’ai lu sur le conseil d’une amie. C’est très beau, très émouvant. » Par FLORIANE.

Electre / Oreste d’Euripide, mise en scène d’Ivo van Hove. Le metteur en scène belge associe deux pièces d’Euripide qui racontent l’histoire d’Électre et d’Oreste dans sa continuité, ou comment un frère et une sœur se retrouvent et s’unissent dans la vengeance qu’ils fomentent contre leur mère Clytemnestre et son amant Égisthe. « C’est un spectacle auquel j’ai assisté au cinéma, où il a été retransmis. Une mise en scène magnifique. Comme souvent chez les classiques, cela reste en prise avec notre actualité. » Par VIOLETTA.

Les chiens de paille de Sam Peckinpah. Sorti en 1971, avec Dustin Hoffman et Susan George, le film raconte l’histoire d’un mathématicien américain et de sa femme, qui, après s’être installés dans une ferme dans la campagne anglaise, se retrouvent confrontés à la violence d’un groupe d’hommes issus du village voisin. « Une remarquable réflexion sur la violence ». Par VIOLETTA.

Douleur et gloire de Pedro Almadovar. Un film archipel de souvenirs où Almodóvar conjugue les maux, les rêves et la création. Entre mélancolie et passion, le cinéma et sa consolation. « Splendide ». Par ANNIE L.

Venise n’est pas en Italie d’Ivan Calbérac. « La famille Chamodot est fantasque et inclassable. Bernard, le père, un peu doux-dingue, fait vivre tout le monde dans une caravane, et la mère, Annie teint les cheveux de son fils Émile en blond, parce que, paraît-il, il est plus beau comme ça. Quand Pauline, la fille du lycée dont Émile est amoureux, l’invite à Venise pour les vacances, l’adolescent est fou de joie. Seul problème, et de taille, les parents décident de l’accompagner avec leur caravane, pour un voyage aussi rocambolesque qu’initiatique » (synopsis). « Une comédie pleine d’humour, ce n’est pas idiot mais rigolo et léger. Avec un Benoît Poelvorde qui ne tombe pas (trop) dans ses travers cabotins ». Par ANNIE L.

La lutte des classes de Michel Leclerc. « Sofia et Paul emménagent dans une petite maison de banlieue. Elle, brillante avocate d’origine maghrébine, a grandi dans une cité proche. Lui, batteur punk-rock et anar dans l’âme, cultive un manque d’ambition qui force le respect. Comme tous les parents, ils veulent le meilleur pour leur fils Corentin, élève à Jean Jaurès, l’école primaire du quartier. Mais lorsque tous ses copains choisissent l’institution catholique Saint Benoît, Corentin se sent seul. Comment rester fidèle à l’école républicaine quand votre enfant ne veut plus y mettre les pieds ? Pris en étau entre leurs valeurs et leurs inquiétudes parentales, Sofia et Paul vont voir leur couple mis à rude épreuve par la « lutte des classes ». (synopsis). « Très bon » par ANNIE L.

Le grand art d’Alexandra David-Néel. Bien avant de devenir la célèbre voyageuse et en 1924 la première femme d’origine européenne à séjourner à Lhassa au Tibet, A. David-Néel a écrit un roman de souvenirs en 1902 sur ses tentatives pour devenir comédienne et chanteuse lyrique. Le portrait d’une jeune femme prise au piège entre sa passion pour l’art et la prédation sexuelle des hommes. Isolée, démunie, elle cherche les ressources pour défendre sa liberté… « Une facette méconnue de la vie de l’orientaliste et érudite. C’est très féministe, très combatif. » Par ANNIE L.

Dieu existe, son nom est Petrunya de Teona Strugar Mitevska. À Stip, petite ville de Macédoine, tous les ans au mois de janvier, le prêtre de la paroisse lance une croix de bois dans la rivière et des centaines d’hommes plongent pour l’attraper. Bonheur et prospérité sont assurés à celui qui y parvient. Ce jour-là, Petrunya se jette à l’eau sur un coup de tête et s’empare de la croix avant tout le monde. Ses concurrents sont furieux qu’une femme ait osé participer à ce rituel. La guerre est déclarée mais Petrunya tient bon : elle a gagné sa croix, elle ne la rendra pas. (synopsis) « J’ai beaucoup aimé. C’est bien fait. C’est une vraie revendication féministe ». Par CHRISTIANE.

La mort du roi Tsongor de Laurent Gaudé. (Prix Goncourt des lycéens 2002) Dans les temps anciens de l’Afrique noire, le roi Tsongor s’apprête à marier sa fille à son promis ; mais le jour du mariage, un autre prétendant surgit. Et alors que le redouté roi Tsongor s’éteint, une guerre impitoyable éclate pour Samilia, sa fille unique et tant aimée. Une guerre ? Une folie ! « J’ai été séduite comme rarement. C’est un roman épique, grandiose, tragique. Cela m’a fait penser à 2 romans que j’admire tout autant : Œdipe sur la route et Diotime et les lions d’Henri Bauchau, des romans mythologiques modernes, d’une très belle facture littéraire. » Par MAGALI.

Merci à nos participants. Bel été à tous. Venez nous parler de vos livres et films préférés à la rentrée, nous nous retrouverons à partir du samedi 7 septembre.

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