Action culturelle

Bla Bla Thé du 2 novembre 2019

Notre édition de novembre du Bla Bla Thé réunissait Fabienne, Catherine, Guy, Marie-Catherine, Bernard, Thierry, ainsi qu’Alexandra et Stéphane de l’équipe de la médiathèque.

L’amie prodigieuse, Elena Ferrante. A la fin des années 1950, Elena et Lila vivent dans un quartier défavorisé de Naples. Malgré des études brillantes, Lila abandonne l’école pour travailler avec son père dans sa cordonnerie. Elena, soutenue par son institutrice, étudie dans les meilleures écoles. Durant cette période, leurs chemins se croisent et s’écartent. Publié à l’occasion de l’adaptation en série avec un cahier photo. ‘Série en 4 tomes). « Je m’en suis tout d’abord tenue à distance. Trop entendre parler d’un roman ne me donne pas envie. Mais finalement, je me suis décidée à les lire. J’en retire un avis mitigé. C’est trop fouillis à mes yeux, il y a beaucoup de personnages, on se répète aussi. Les 2e et 3e tomes sont beaucoup plus intéressants que les 1er et 4e, je pense. Ce qui m’a le plus plu finalement, c’est de découvrir la vie en Italie, à Naples, racontée sur plus de 50 ans. » Par FABIENNE.

Moscou-Paris : un aller simple, Elena Balzamo. Dans ce récit autobiographique, Elena Balzamo (aujourd’hui traductrice) témoigne au travers de trois générations de sa propre famille de l’ambiance générale de suspicion et de peur imposée par l’Etat russe, jusque dans la sphère privée. Sa grand-mère, son père puis elle-même connaîtront les tracasseries, les accusations et même l’emprisonnement. Elena Balzamo a fini par quitter l’Union Soviétique pour vivre à l’Ouest. « J’ai apprécié le « dépaysement » tout d’abord. Et cette histoire m’a touchée. Ma famille a vécu des événements semblables. C’est une quête de liberté et de culture. Elle parle magnifiquement de la richesse des langues. Je la comprends, j’apprends moi-même le russe. » Par CATHERINE.

Dieu, le temps , les hommes et les anges, Olga Tokarczuk. Chronique d’un village de province, Antan, qui vit paisiblement entre 1914 et nos jours. L’existence y est ponctuée par le temps : le temps de désirer, le temps d’aimer, de souffrir et de mourir. Un récit où les petites histoires se transforment en contes, en paraboles, en fragiles instants de vérité. Olga Tokarczuk a reçu le Prix Nobel de littérature 2019. « Un ouvrage remarqué en France dès sa sortie en 1998. J’ai beaucoup aimé l’oeil très aiguisé du narrateur. C’est très vivant. Dans la charge contre le personnage du prêtre, il y a une courageuse prise de position. Il fallait le faire dans la Pologne des années 1990. » Par GUY

Sur les ossements des morts, Olga Tokarczuk. En Pologne, dans la région des Sudètes. La mort s’abat en série sur des chasseurs et des personnes maltraitant les bêtes. Janina Doucheyko, une retraitée cultivée et lunaire, pense qu’il s’agit d’homicides commis par des animaux. La police procède à son arrestation. « Je trouve que c’est un formidable livre. Qui avait 15 ans d’avance sur nos réflexions au sujet de la nature et de la condition animale. La dimension policière n’écrase pas la place réservée à la nature au fil des saisons. » Par GUY

L’écart, Amy Liptrot. A 18 ans, Amy, fille d’agriculteurs, quitte les Orcades, cet archipel subarctique écossais façonné les vents, pour poursuivre ses études à Londres. La tête pleine de promesses de changement, elle rêve de se fondre dans l’effervescence d’une grande ville bourdonnante mais sombre peu à peu dans l’alcool. Pour s’en sortir, elle choisit de retourner sur sa terre natale. Premier roman. « Un roman qui laisse comprendre très vite ses profondes racines autobiographiques. Il permet de découvrir la vie dans cet archipel à l’écart, tout au nord de l’Ecosse, où les traces d’une présence humaine remontent à des milliers d’années. C’est un endroit sauvage, les conditions climatiques y sont rudes, tempérées toutefois par le Gulf Stream. Il y aussi dans ce livre le combat quotidien de cette femme pour s’en sortir, se reconstruire, raconté sans fard. » Par STEPHANE

Algues vertes : l’histoire interdire, une enquête d’Inès Léraud, dessinée par Pierre Van Hove, mise en couleur par Mathilda. Depuis la fin des années 1980, une quarantaine d’animaux et trois hommes sont morts sur les plages bretonnes, très probablement à cause de l’hydrogène sulfuré qui se dégage des algues vertes. L’intrigue se fonde sur une enquête mettant en évidence la façon dont ce secret est bien gardé et ses enjeux, mêlant agro-industriels, politiques et scientifiques. Avec une partie documentaire en fin d’album. « Ce livre une véritable enquête en BD réalisée par une journaliste, en immersion régionale pendant 3 ans. Elle dénonce un autre de ces scandales environnementaux et économiques et l’invraisemblable chape de plomb autour de ce problème. Oligarchie régionale, acteurs de l’agriculture, services de l’Etat… s’entendent pour étouffer l’affaire. C’est malheureusement le choix d’un système productiviste et d’intérêts socio-économiques qui pèse lourd. Cela devrait avant tout interpeller la population de la Bretagne où le livre fait parler de lui. Il sort aussi beaucoup dans les bibliothèques parisiennes. » Par STEPHANE

Une femme en contre-jour, Gaëlle Josse. Portrait de Vivian Maier, gouvernante américaine et photographe de rue amatrice, décédée en 2009 dans le plus grand anonymat. Ses photographies, retrouvées par hasard dans des cartons oubliés au fond d’un garde-meuble de la banlieue de Chicago, ont fait d’elle une artiste célèbre après son décès. « Une écriture magnifique. C’est un livre court mais qui essaie de faire le tour de ce personnage complexe ». Par MARIE-CATHERINE

Proust contre la déchéance : conférences au camp de Griazowietz, Joseph Czapski. En 1939, parmi des milliers d’officiers polonais, l’auteur est emprisonné en Union soviétique. Face à la rigueur du camp, il décide de ne pas sombrer dans la détresse, trouve dans l’oeuvre de Marcel Proust le réconfort et le fait partager à ses codétenus. « Passionnant surtout si on aime Proust. On y apprend bien évidemment plus sur lui ». Par MARIE-CATHERINE

Neige, Orhan Pamuk. Le jeune poète turc Ka quitte son exil allemand pour se rendre à Kars, petite ville provinciale de l’Anatolie. Pour le compte d’un journal d’Istanbul, il accepte d’enquêter sur le cas de jeunes femmes portant le foulard qui se sont suicidées après avoir été soumises à des pressions. Il désire aussi retrouver Ipek, ancienne camarade de faculté fraîchement divorcée. Prix Médicis étranger 2005. « Je lis très lentement, sur des mois. Parfois en oubliant ce que j’avais lu auparavant. Je me perds à nouveau, dans la neige dans le cas présent. » Par BERNARD.

Le léopard des neiges, Peter Matthiessen. En 1973, P. Matthiessen part pour le Dolpo, une région située à la frontière du Tibet. Il vit alors cette expédition comme une aventure spirituelle, un voyage hors de la civilisation du XXe siècle. « Il y a beaucoup de bruit autour du dernier écrit de Sylvain Tesson, La panthère des neige, [c’était avant la promulgation du prix Renaudot 2109 NDLR]. Je trouve qu’on oublie un peu vite Peter Matthiessen. C’était un authentique naturaliste. Et il y a une tenue littéraire dans cet ouvrage. » Par THIERRY

Bâtard, Max de Radiguès. May et son fils Eugène sont en cavale, le coffre de leur voiture rempli de billets de banque après avoir réalisé 52 braquages en une journée, à la même heure et dans la même ville. Quelques jours plus tard, des cadavres de leur équipe sont retrouvés mais certains survivants se lancent à leurs trousses. Prix des lycées d’Angoulême 2018 (Festival de la BD), prix SNCF du polar 2018 (BD). « Un récit au rythme haletant servi par un dessin en noir et blanc à l’apparente simplicité. Ce minimalisme permet des effets d’accélération qui rendent parfaitement compte de l’incroyable aventure de ce beau duo. L’immersion est totale. » Par ALEXANDRA

Le poids du papillon, Erri De Luca. Ce face-à-face, dans les Alpes italiennes, entre un chamois sentant sa suprématie sur la harde menacée par les plus jeunes et un braconnier rêvant d’abattre le seul animal qui lui ait jamais échappé offre une vision poétique de l’homme et de la nature, de la solitude et du désir.

Le tour de l’oie, Erri de Luca. Un soir d’orage, un homme lit un conte pour enfant à son fils, dans la pénombre. Le narrateur rêve cette scène et un fils qui n’a jamais existé. Il imagine qu’il lui parle de sa vie, de son enfance napolitaine et, au fur et à mesure, la parole intime donne consistance à ce fils imaginaire. « Ce dialogue imaginaire est l’occasion pour l’auteur de revenir sur les moments marquants et les éléments majeurs de sa vie : ses engagements politiques, son amour pour ses parents, ses réflexions sur la guerre, sa passion pour la montagne, sa curiosité pour la langue, la solitude. Une bonne voie d’accès à l’œuvre de Erri de Luca. » Par ALEXANDRA

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