Action culturelle

Bla Bla Thé du 7 décembre

Dernière édition de l’année. Avec Eliane, Violetta, Floriane, Guy, Thierry, Christiane, Janine et Claire et Stéphane de la médiathèque.

 

Casting sauvage de Hubert Haddad. Missionnée pour un casting aux allures de défi, Damya arpente les rues de Paris à la recherche d’une centaine de figurants : efflanquées, défaites, ces ombres fragiles incarneront les déportés dans un film adapté de la Douleur de Duras. Par sa présence si vive au monde, ses gestes de danseuse, son regard alerte et profond, Damya mue en vraie rencontre chaque échange fugace avec les silhouettes qu’elle repère – un marcheur qui ne retient du temps qui passe que l’usure de ses semelles, Amalia, oiseau frêle en robe pourpre de la gare Saint-Lazare, ou ce jongleur de rue aux airs de clown fellinien. Mais dans le dédale de la ville, Damya a surtout l’espoir fou de retrouver le garçon d’un rendez-vous manqué – par la force tragique d’un soir de novembre 2015 – et dont le souvenir l’obsède. (présentation éditeur). « Une magnifique traversée de Paris au milieu de vies cabossées d’aujourd’hui. Ce n’est pas misérabiliste et Hubert Haddad a une écriture très poétique ». Par ELIANE

 

Mā de Hubert Haddad. « La marche à pied mène au paradis. » Ainsi s’ouvre ce roman japonais, à la croisée de deux destins et autour d’une même quête, la voie du détachement. Shōichi porte en lui le souvenir de Saori, la seule femme qu’il ait aimée, une universitaire qui a consacré sa vie à Santōka, le dernier grand haïkiste. Leur aventure aussi incandescente que brève initie le départ de Shōichi sur les pas de Santōka, de l’immense Bashō et de son maître Saigyō. Marcher, pour cette procession héroïque d’ascètes aventureux, c’est échapper au ressassement, aux amours perdues, c’est vivre pleinement l’instant ! « Le saké pour le corps, le haïku pour le cœur. » (présentation éditeur). « C’est très très beau. La biographie de Santōka devient un véritable guide de voyage. Cette lecture et la précédente m’ont donné très envie de découvrir les autres livres d’Hubert Haddad. » Par ELIANE

 

Mademoiselle Else d’Arthur Schnitzler. Cette longue nouvelle en forme de monologue met en scène le conflit intérieur d’une jeune femme déchirée entre son amour filial et les impératifs de la morale. Etude d’un cas clinique, ce récit est aussi une peinture du climat culturel et social de la vie viennoise de l’après-guerre. (présentation du portail des bibliothèques). « Je ne vais pas vous en dire plus que ça, je suis en train de lire. L’Autrichien Arthur Schnitzler est aussi l’auteur de pièce La ronde. J’y ai en tout cas trouvé cette phrase qui résonne en moi : L’humanité a ainsi l’oreille faite qu’elle continue à dormir quand le bruit retentit et ne se réveille qu’avec l’écho. » Par VIOLETTA 

 

Sorry we missed you de Ken Loach. Ricky, Abby et leurs deux enfants vivent à Newcastle. Leur famille est soudée et les parents travaillent dur. Alors qu’Abby travaille avec dévouement pour des personnes âgées à domicile, Ricky enchaîne les jobs mal payés ; ils réalisent que jamais ils ne pourront devenir indépendants ni propriétaires de leur maison. C’est maintenant ou jamais ! Une réelle opportunité semble leur être offerte par la révolution numérique : Abby vend alors sa voiture pour que Ricky puisse acheter une camionnette afin de devenir chauffeur-livreur à son compte. Mais les dérives de ce nouveau monde moderne auront des répercussions majeures sur toute la famille… (synopsis). « Il faut absolument le voir. C’est un film qui parle vraiment de notre époque. » Par VIOLETTA

 

Kanal d’Andrzej Wajda. 1944, ultime résistance des Polonais de Varsovie contre l’occupant. Acculés, épuisés, et encerclés par les Allemands, un détachement de soldats est contraint de fuir par les égouts pour rejoindre le centre-ville où les combats se poursuivent encore. Tous ont une histoire, tous ont peur de mourir, tous ont tellement envie de vivre. Mais les égouts ressemblent de plus en plus à un piège… (synopsis). « Je l’ai vu à la Filmothèque du Quartier Latin qui propose une réédition de ce film de 1957. J’ai trouvé que c’était un film-choc« . Par VIOLETTA

 

Une amie de la famille de Jean-Marie Laclavetine. L’auteur évoque un drame de sa jeunesse : le 1er novembre 1968, à Biarritz, il se promène sur les rochers avec Annie, sa soeur aînée, elle est emportée par une vague à l’âge de 20 ans. Il convoque ses souvenirs et dresse le portrait de la jeune femme, sa fougue, ses enthousiasmes, ses joies et ses colères (résumé Electre). « J’ai trouvé ce travail de mémoire familial, mené comme une enquête 50 ans après les faits, très émouvant. Il s’agit de lever une chape de plomb tomber sur un événement tragique. Confrontés aux faits, les souvenirs de l’auteur s’avèrent parfois peu fiables. Un beau texte. » Par FLORIANE

 

Le chant de la forêt de João Salaviza et Renée Nader Messora. Ce soir, dans la forêt qui encercle ce village au nord du Brésil, le calme règne. Ihjãc, un jeune indigène de la tribu Krahô marche dans l’obscurité, il entend le chant de son père disparu qui l’appelle. Il est temps pour lui d’organiser la fête funéraire qui doit libérer son esprit et mettre fin au deuil. Habité par le pouvoir de communiquer avec les morts, Ihjãc refuse son devenir chaman. Tentant d’échapper à son destin, il s’enfuit vers la ville et se confronte alors à une autre réalité : celle d’un indigène dans le Brésil d’aujourd’hui. Une quête pleine de poésie d’un homme, tiraillé entre sa famille et un destin de chaman, la modernité et le sacré. (synopsis). « Ce film a été dans la sélection Un certain regard du Festival de Cannes 2018, il a reçu le Prix du Jury. Je trouve son titre original très poétique, Chuva é cantoria na aldeia dos mortos, qu’on peut traduire par La pluie est un chant dans le village des morts. On est aux frontières de la fiction et du réel, c’est presque un documentaire, les acteurs jouent leur propre rôle. Dans ce monde de bruit et de fureur, c’est une parenthèse hors du temps et un aperçu sur un mode de vie qui persiste. Jusqu’à quand ? » Par STEPHANE

 

Le dernier hiver du Cid de Jérôme Garcin. Ce roman retrace les derniers mois de la vie de Gérard Philippe, de l’été 1959, qu’il passe à Ramatuelle, au 29 novembre de la même année, à Paris, où il s’éteint à l’âge de 36 ans. L’acteur ignore le mal dont il est atteint et qui le frappe au sommet de sa gloire. (résumé Electre). « Ce livre m’a beaucoup ému. Gérard Philippe, l’homme, le comédien, est à mes yeux une véritable figure héroïque. Il est intimement lié au développement du théâtre en France, à l’histoire du TNP. C’est un des premiers défenseurs des droits des intermittents. Dans ce livre, on découvre aussi la force et l’influence de sa femme. Je vous parle aussi de ce petit livre, Tombeau de Gérard Philippe d’Henri Pichette, écrit par son ami qui lui rend hommage. » Par GUY

 

Récits ultimes d’Olga Tokarczuk. (Prix Nobel de littérature 2018). Ida, Parka, Maya. Une femme mûre, une très vieille femme et une jeune mère, la femme d’aujourd’hui, affrontent chacune à sa manière le monstre du Temps. Elles sont la grand-mère, l’arrière-grand-mère et la mère d’un même petit garçon, mais la famille s’efface dans l’instant de pure solitude qui les confronte à la mort. Trois récits composent ce beau roman, où le mythe des trois Parques trouve un écho subtil. (résumé) « C’est un livre qui questionne sur le sens de la vie, sur le sens de l’univers, au moment d’expériences humaines autour de la mort. Pour moi, Olga Tokarczuk est une femme remarquable. Elle a été psychologue avant de devenir écrivain. Elle a une véritable puissance d’écriture. Bien sûr, c’est une lecture un peu exigeante mais je recommande. » Par GUY

 

Notre quelque part de Nii Ayikwei Parkes. C’est  Yao Poku, vieux chasseur à l’ironie décapante et grand amateur de vin de palme, qui nous parle. Un jour récent,  une jeune femme, de passage au village, aperçoit un magnifique oiseau à tête bleue et le poursuit jusque dans la case d’un certain Kofi Atta. Ce qu’elle y découvre entraîne l’arrivée tonitruante de la police criminelle d’Accra, puis celle de Kayo, jeune médecin légiste tout juste rentré d’Angleterre. Renouant avec ses racines, celui-ci se met peu à peu à l’écoute de Yao Poku et de ses légendes étrangement éclairantes… Premier roman, finaliste du Commonwealth prize. « J’ai aimé l’atmosphère envoûtante de ce roman, la critique de la « modernité » sous jacente, et la façon dont le personnage, se laissant transformer par ses rencontres, finira par trouver sa voie et laisser derrière lui les fantômes de son passé. » Par CLAIRE

 

Tropique de la violence de Nathacha Appanah. A Mayotte, Moïse, enfant rejeté par sa mère, est recueilli par une infirmière, Marie. Quand il apprend la vérité sur ses origines, Moïse se révolte et tombe sous la coupe de Bruce et de sa bande, issus du ghetto de l’île. Prix Patrimoines 2016, prix Femina des lycéens 2016, prix roman France Télévisions 2017, prix du roman Métis des lecteurs 2017. (résumé Electre). « Par une auteur d’origine mauricienne, un aperçu de la vie à Mayotte et d’une jeunesse en pleine déshérence. C’est aussi un réquisitoire, un appel au secours. La situation là-bas est dramatique. Il y a beaucoup d’humanité, de la poésie aussi dans ce texte dur. J’ai découvert Nathacha Appanah avec Le ciel par-dessus les toits« . Par JANINE

 

Fille de révolutionnaires de Laurence Debray. En quête d’identité, l’auteure évoque ses parents, Régis Debray et Elizabeth Burgos, leur notoriété et la difficulté de se construire à leurs côtés. Avec une certaine distance, elle tente de comprendre d’où elle vient et comment elle a grandi entre ses parents dont le combat politique et intellectuel fut leur unique obsession. (résumé Electre). « Laurence Debray raconte sa difficulté à être reconnue par son père et sa mère, « absorbés par la révolution ». Elle fera d’ailleurs de choix de vie aux antipodes de ceux de ses parents. J’ai trouvé très intéressant sur le plan psychologique« . Par CHRISTIANE

 

Le léopard des neiges de Peter Mathiessen. (cf Bla Bla Thé du mois précédent pour le résumé). « Je n’en démords pas, je reviens sur cette lecture, un magnifique récit, une véritable aventure. Menée aussi en compagnie du zoologiste Georges Schaller, une sommité, trop peu connue à mon goût. » Par THIERRY

 

Merci à toutes les personnes présentes pour leur participation. De joyeuses fêtes à tout le monde. Prochain rdv, le samedi 4 janvier 2020 à 15h00.

 

 

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