Action culturelle

Bla Bla Thé (à distance) de septembre 2020

Comme pour beaucoup d’établissements recevant du public, la rentrée a un format d’exception à la médiathèque. De nombreux rdv habituels sont reportés ou annulés. Pour faire vivre toutefois la relation avec les participant(e)s habituels et nourrir nos échanges, nous les avons sollicité(e)s par voie de mail. Certain(e)s d’entre elles ou eux ont volontiers partagé leurs derniers plaisirs culturels.

 

Mille petits riens de Jodi Picoult. Ce livre publié en France 2018 a été réédité cet hiver. C’est ainsi que je l’ai découvert. Il traite d’un sujet d’actualité : le racisme et les suprémacistes blancs américains au travers de l’histoire de Ruth, une infirmière en maternité, femme de couleur qui est accusée par des parents blancs d’avoir tué leur bébé de 3 jours alors qu’il avait une malformation cardiaque. Le seul tort de cette femme compétente et reconnue dans son travail est d’être noire. Cela ne la condamne-t-elle pas d’avance ? On suit donc l’histoire depuis l’arrivée de la femme à la maternité pour accoucher jusqu’au verdict du procès. Ce roman dont chaque partie porte le nom d’une phase de l’accouchement donne le point de vue de 3 personnes : l’infirmière, le père suprémaciste du bébé et l’avocate commise d’office qui va découvrir et comprendre le quotidien des gens de couleur. Sa façon d’aborder le dossier de Ruth et la défense qu’elle va imaginer évolueront  au fur et à mesure qu’elle va côtoyer Ruth. Outre l’histoire très bien construite et réaliste, le plus de ce livre c’est que l’auteur explique ce que sont les suprémacistes, comment ils sont organisés, leur fonctionnement, jusqu’où ils sont capables d’aller et comment des personnes peuvent le devenir. « C’est un livre prenant dès la première ligne et même s’il a plus de 400 pages, je l’ai dévoré ». Par FABIENNE.

 

Venise à double tour de Jean-Paul Kauffman. C’est dans la Venise invisible, celle des églises fermées et jamais ouvertes, que l’auteur nous entraîne. Jean-Paul Kauffmann a essayé de forcer ces portes qui protègent des yeux des touristes les oeuvres qu’elles renferment : architecture, peintures, objets du culte. Nous suivons JP Kauffmann dans ses démarches difficiles auprès des autorités de Venise (civiles et religieuses) pour se faire ouvrir ces églises et nous le suivons aussi au travers de la ville ; tout cela facilité par les plans qui sont au début et à la fin du livre. Nous déambulons ainsi avec lui dans les rues, prenons avec lui les vaporetto. C’est également un livre qui nous ramène dans l’histoire de Venise avec les doges et Napoléon qui a fait détruire beaucoup d’églises à Venise et qui montre la Venise actuelle avec les gros paquebots qui traversent la lagune. Et puis, c’est aussi l’occasion pour l’auteur d’évoquer son enfance en Bretagne, son enlèvement et son enfermement pendant 2 ans, les auteurs qui ont sublimé Venise. Au final, c’est avec l’aide de deux femmes (une restauratrice et une conférencières) que JP Kauffmann pourra se faire ouvrir quelques églises. « Livre très bien écrit qui permet de découvrir ou re-découvrir Venise. C’est comme une enquête policière où l’on suit les avancées, les doutes, les espoirs de l’enquêteur qui ne renonce jamais. » Par FABIENNE.

 

Delacroix de Catherine Meurisse. C’est après avoir visité cet été le musée Delacroix à Paris dans le quartier Saint Germain des Prés que je me suis précipitée à la bibliothèque pour emprunter ce livre, très beau complément à ma visite. Ce n’est pas à mes yeux une simple BD même s’il y a des dessins (forts bien réussis notamment les couleurs), des bulles, du texte, des esquisses…. mais l’histoire d’une amitié entre Alexandre Dumas et Eugène Delacroix. Le texte de Dumas est fait d’anecdotes, de souvenirs et dresse également un portrait de l’époque avec notamment les salons de peintures où il n’était pas facile d’être admis sauf à avoir de bonnes connaissances. « L‘idée de mélanger le texte de Dumas et la vision de Catherine Meurisse de Delacroix au travers des ses dessins m’a beaucoup plu. J’ai retrouvé aussi certaines des toiles exposées dans le Musée et un joli dessin de la maison, de l’atelier et du jardin de Delacroix ». Par FABIENNE.

 

Tour du monde d’un sceptique d’Aldous Huxley. Journal du périple qu’entreprend l’écrivain (auteur du Meilleur des mondes) dans l’entre-deux-guerres, en Asie et aux Etats-Unis. Entre émerveillement, sens critique et humour caustique, le voyage devient l’occasion de se débarrasser de ses préjugés pour penser par soi-même et partir à la rencontre de l’autre. « Très intéressant, cela porte la marque de l’époque et révèle les Britanniques éduqués en voyage en Inde… » Par ANNIE P.

 

 

 

L’ombre de Staline de Agnieszka Holland. 1933. Après avoir décroché une interview d’Hitler – qui vient tout juste d’accéder au pouvoir –, Gareth Jones, journaliste gallois débutant mais opiniâtre, débarque à Moscou pour enquêter sur le supposé “miracle soviétique”. Face à l’inertie de ses contacts occidentaux, anesthésiés par la propagande russe, il suit la piste d’un ancien confrère “mystérieusement” assassiné, qui l’amène en Ukraine, terre nourricière de l’Union soviétique. « Un film avec un remarquable jeu de couleurs, de lumière et de granulé en noir et blanc, sur la famine organisée des Ukrainiens, un génocide par la faim. » Par ANNIE P.

 

 

Epicentro de Hubert Sauper. Le cinéaste Hubert Sauper — réalisateur de Nous venons en amis et du Cauchemar de Darwin, nommé aux Oscars — a réalisé Epicentro, portrait immersif et métaphorique de Cuba, utopiste et postcolonial, où résonne encore l’explosion de l’USS Maine en 1898. Ce Big Bang a mis fin à la domination coloniale espagnole sur le continent américain et inauguré l’ère de l’Empire américain. Au même endroit et au même moment est né un puissant outil de conquête : le cinéma de propagande. Dans Epicentro, Hubert Sauper explore un siècle d’interventionnisme et de fabrication de mythes avec le peuple extraordinaire de La Havane — en particulier ses enfants, qu’il appelle “ les jeunes prophètes ” — pour interroger le temps, l’impérialisme et le cinéma lui-même. « Très intéressant sur l’histoire de Cuba et ses différents occupants ou adversaires. J’ai aimé aussi le beau travail de la caméra ». Par ANNIE P.

 

Citoyens du monde de Gianni di Gregorio. Il n’est jamais trop tard pour changer de vie. Deux retraités, le Professeur, qui a enseigné le latin toute sa vie, et Giorgetto, Romain pur jus qui touche une pension de misère, se disent qu’ailleurs, dans un autre pays, l’herbe sera plus verte et leur pouvoir d’achat plus conséquent. Ils sont rejoints dans leur projet de départ par Attilio, antiquaire bohême et grande gueule. Déménager, mais où ? C’est la première question, et peut-être déjà celle de trop. Tant bien que mal, le trio s’organise. Il faut faire ses adieux, retirer ses économies, etc. Mais le plus dur dans l’exil, c’est quand même de partir (synopsis). « Une comédie italienne qui fait du bien. » Par ANNIE P.

Olivier de Jérôme Garcin. Dans ce récit autobiographique, le journaliste Jérôme Garcin s’adresse à son jumeau Olivier, fauché par une voiture à l’âge de cinq ans. Avec une sincérité désarmante, il se confie à ce frère absent et lui livre les questions qui le taraudent depuis sa mort. Au fil des pages, Jérôme Garcin ressuscite ce double « qui souffre en lui », imagine ce qu’il aurait pu devenir. Ou plus exactement, ce qu’ils auraient pu devenir, ensemble. Car il en est persuadé : ce drame a façonné l’homme qu’il est devenu. Il doit à « l’imposture » d’avoir survécu à son jumeau une inaptitude à la légèreté et à l’abandon, une attirance pour les destins brisés, un goût grammatical pour l’imparfait, une émotion excessive devant les vieux albums de photos… A ses souvenirs, l’auteur entremêle des récits d’écrivains et de psychanalystes sur les mystères de la gémellité. « J’ai vraiment été bouleversée par ce monologue poignant et lumineux. Ce roman est émaillé de jolies réflexions sur la vie, le couple, la paternité, l’amitié, ainsi que sur le pouvoir salvateur de la littérature et de la nature. Un texte pétri de tendresse et de sincérité que je ne peux que vous recommander. J’ai également beaucoup aimé lire cet été « Etés anglais » de Elizabeth Jane Howard et « Nos espérances » de Anna Hope. Deux livres achetés à la fin du confinement, sur les conseils de la librairie NordEst (pour encourager nos libraires!) ». Par FLORIANE  

 

Je vous propose un peu de musique  pour la rentrée  du jazz à travers 3 albums  : Toku, l’album  «Toku in Paris», et aussi l’album de Thomas Dutronc «Frenchy» dont une reprise la chanson «c’est si bon» avec Iggy Pop & Diana Krall et enfin l’album de Melody Gardot  «From Paris wtih love». Par ANNIE L.

 

Le quart de Nikos Kavvadias. « Unique roman d’un radio télégraphiste et poète grec mort en 1975 après vingt ans de silence, ce livre est de ceux qui ne se laissent pas oublier aisément. C’est le livre des paroles, interminables, qu’échangent les marins pendant le quart, jour et nuit, sur toutes les mers du monde. La vie, ses hauts faits, ses méfaits. De femmes, putains, épouses ou mères. Des traversées, des virées, des cuites. L’amour, l’alcool, la peur. (Babelio). « J’ai adoré ce texte très sombre et mélancolique, parfois cru, qui nous emmène sur les mers mais aussi beaucoup à terre, ailleurs. Une voix vraiment marquante ». Par STEPHANE

 

 

Walker de Robin Robertson. « Il marche, Walker. C’est son nom et sa nature ». Jeune soldat canadien de retour des champs de bataille de la Seconde Guerre mondiale, Walker s’installe à New York en 1946. Hanté par la violence des combats, il peine à trouver sa place dans une Amérique où l’argent et la corruption règnent désormais en maîtres. Il se lance alors dans une odyssée qui le conduit à San Francisco puis Los Angeles, tente de gagner sa vie en travaillant dans la presse et côtoie le monde du cinéma et du film noir qui le fascine. Mais point de salut pour cette âme perdue, condamnée à errer dans un décor qui n’est autre que le reflet de son chaos intime. Road novel en forme de poème épique aux images puissantes, Walker est une évocation en noir et blanc de l’Amérique de l’après-guerre, une sublime parabole sur la nature du Mal. « Une découverte de cette rentrée littéraire. Un texte noir incroyable de beauté et de force, l’auteur – poète et éditeur britannique – publie son premier roman à bientôt 65 ans. Si en plus vous aimez le cinéma des années 40 et 50, les films noirs de cette époque, vous aurez l’impression de lire un script ou un scénario, tout bonnement sublimé par la plume de Robin Robertson. Dans les bibliothèques dans les prochaines semaines, à n’en pas douter » Par STEPHANE

 

L’arbre-monde de Richard Powers. Après des années passées à étudier les arbres seule dans la forêt, la botaniste Pat Westerford découvre qu’il existe une forme de communication entre ces végétaux. Autour d’elle se nouent bientôt les destins de neuf personnes convergeant vers la Californie, où un séquoia est menacé de destruction. Grand prix de littérature américaine 2018, prix Pulitzer 2019. « Richard Powers signe un nouveau chef d’œuvre avec L’arbre-monde, magnifique récit choral, où l’auteur tente d’approcher ce que les arbres ont à nous dire. » Par MAXIME

 

 

 

A ce jour, impossible de confirmer la tenue du Bla Bla Thé du mois d’octobre à la médiathèque. Des informations à suivre ou bien alors renseignez-vous au 01 53 24 69 70. A bientôt.

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