Action culturelle/Collections

Votez pour vos films 2020 préférés

On ne va pas se mentir, 2020 n’a pas été une année idéale pour les séances ciné… On a quand même pu voir quelques (bons) films en salle et il vous est donc de nouveau proposé de voter pour votre (vos) film(s) préféré(s) sur le portail des bibliothèques. Pour vous aider à choisir (ou à vous souvenir des films que vous avez vu début 2020 !), voici nos suggestions maison :

Philippe : Dark waters, Todd Haynes
Cinéaste à la fois esthète et militant, Todd Haynes signe ici un grand film de « lanceurs d’alerte » en revenant sur le scandale du Teflon produit par le puissant groupe chimique DuPont. D’une beauté crépusculaire, le film rend hommage aux productions engagées du nouvel Hollywood des années 70 et démonte pièce par pièce des mécanismes du pouvoir de l’argent et du cynisme des puissants. Dans le rôle principal, un Mark Ruffalo tout en nuances donne corps à ce combat d’un homme contre un système et surtout nous fait sentir combien ce combat est à la fois politique et intime. Et c’est cette intrication du public et du privé autour de la santé de chacun qui fait toute l’actualité des questionnements que nous laisse ce film littéralement bouleversant.

Nathalie : Effacer l’historique, Gustave Kervern et Benoît Delépine
Trois anciens gilets jaunes pour différentes raisons décident de monter à l’assaut des GAFAS pour mettre fin au diktat qui leur pourrissent la vie. Une comédie drôle et intelligente sur notre monde actuel (d’avant le virus) où tout ne tournait déjà pas bien rond. Gustave Kervern et Benoît Délépine nous invitent à repenser notre rapport à la technologie entre poésie et lucidité.

Renaud : Play, Anthony Marciano
Max, adulte chaleureux, sympathique et un peu perdu, visionne avec nous 25 ans de sa vie, fragments filmés en mode compulsif avec le caméscope que ses parents lui ont offert pour ses 13 ans… Attachant et doté d’une chouette distribution (Max Boublil, Alice Isaaz, Malik Zidi, Noémie Lvovsky et Alain Chabat notamment), Play nous replonge délicieusement dans les années 80… et nous ramène aussi au 1er janvier 2020, date de sortie du film… (hum!)

Patricia : Deux, Filippo Meneghetti
Deux pourrait être résumé à un film d’amour lesbien pudique, teinté de fantastique, où se posent les questions du handicap et du secret.
Mais il est tellement plus : une occasion trop rare de voir deux femmes filmées de manière sensible dans leur complexité, leur corps, leur sensualité. Martine Chevallier, de la Comédie Française, et Barbara Sukowa y sont sublimes.
Ce film nous rappelle combien il est nourrissant et beau de voir des actrices, des femmes, que l’âge écarte souvent de rôles principaux au cinéma.

Maxime : Garçon chiffon, Nicolas Maury
Premier film derrière la caméra de Nicolas Maury, remarqué pour son rôle d’assistant (le génial Hervé) dans la série Dix pour cent.
Second confinement oblige, le film n’aura eu droit pour le moment qu’à deux petits jours d’exploitation en salle. Dommage car ce Garçon chiffon au casting choisi (Laure Calamy est hilarante, Nathalie Baye exceptionnelle en mère attentionnée) sait varier les registres avec délicatesse, et nous faire passer du rire aux larmes dans un même élan de belle mélancolie. Une comédie poétique forcément bienvenue par les temps qui courent.

Caroline : White riot, Rubika Shah
Le groupe militant Rock Against Racism, fan de musique, va unifier les groupes rock, punk, reggae montants pour contrer la montée de l’extrême droite nationaliste et du racisme dans le Royaume-Uni des années 70. Une plongée puissante et vibrante dans les combats et rêves d’une jeunesse idéaliste.

Caroline (aussi) : Adolescentes, Sébastien Lifshitz
Nous suivons Emma et Anaïs de leur 13 à 18 ans, deux amies que tout oppose de prime abord mais qui partagent une belle amitié. Emma et Anaïs grandissent auprès de leurs ami.e.s, leurs familles, les obstacles de la vie… L’adolescence est loin d’être un long fleuve tranquille mais il est beau de voir les possibles d’une génération prête à faire sa place.

Soizik : Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait, Emmanuel Mouret
Un homme et une femme, réunis par hasard dans une maison à la campagne se racontent leurs amours passées… …  On savoure ce moment un peu hors du temps, où de bons (et beaux !) acteurs et actrices énoncent des dialogues pleins d’élégance et de délicatesse. Entre marivaudage et passion, entre Éric Rohmer et Michel Deville, un film plein d’humour et de finesse, qu’on regarde le sourire aux lèvres et qui fait beaucoup de bien par ces temps tourmentés.

Pierric : Josep, Aurel
Aller voir Josep, c’est tourner une page peu glorieuse de l’histoire de France. J’avais déjà entendu parler de ces camps où furent parqués dans des conditions inhumaines les réfugiés républicains fuyant Franco. Le film offre une vertigineuse plongée dans l’univers graphique de Josep Bartoli, artiste méconnu et tourmenté, victime et témoin de la vie au camp de Rivesalte. On passe d’une époque à l’autre, au fil de la mémoire d’un gendarme ayant connu l’artiste incarcéré. La magie opère grâce au talent du réalisateur Aurel, qui joue des styles graphiques et s’appuie sur une B.O. sublime pour souligner la puissance libératrice et accusatrice de l’Art pour Bartoli.

Héloïse : The king of Staten Island, Judd Apatow
Pete Davidson, humouriste révélé par l’émission américaine culte Saturday Night Live, a eu la très bonne idée de s’associer à Judd Apatow pour écrire une comédie douce-amère inspirée de sa propre vie, parsemée de drames (son père pompier est décédé lors des attentats du 11 septembre) et de difficultés. On retrouve la marque de fabrique « potache cool » du réalisateur qui convient parfaitement à ce récit chaleureux d’un adulescent en recherche de repères dans le borough le plus calme de New York, le plus ennuyeux aussi aux dires de ses plus jeunes habitants. Un film rugueux mais qui traite toujours ses personnages avec beaucoup de tendresse.

Audrey : Drunk, Thomas Vinterberg
Drunk n’est pas qu’un film sur l’alcool et ses conséquences. Porté par Mads Mikkelsen, charismatique et éblouissant, mais aussi une pléiade d’acteurs talentueux, cette ode à l’amitié nous transporte, ivres de sentiments multiples et complexes. Thomas Vinterberg, décortique les failles des hommes et nous écorche autant que ses personnages, il nous fait vibrer, rire, pleurer et déclenche une furieuse envie de vivre et… de danser !

Stéphane : Un pays qui se tient sage, David Dufresne
David Dufresne fait dialoguer des intellectuels, des spécialistes du maintien de l’ordre, des policiers et des victimes de violences policières, qui commentent des images glanées en bonne partie sur les réseaux sociaux lors de la mobilisation des Gilets jaunes. Leur projection cinématographique leur donne une dimension spectaculaire, brutale et contextuelle inédite. Une tentative réussie pour (r)ouvrir le débat sur le maintien de l’ordre à la française. Un documentaire très politique, au noble sens du terme.

Aurélia : Petite fille, Sébastien Lifshitz
Née garçon, Sasha sait depuis toujours qu’elle est une petite fille. Rendue à cette évidence, sa mère l’accompagne dans sa transition et se heurte à l’hostilité de l’administration de l’école. Portée par l’amour et le courage de sa mère et de sa fratrie, confortée par l’écoute bienveillante d’une psychologue, Sasha se sent enfin autorisée à être elle-même. La caméra, à hauteur d’enfant, capte sur son visage qui s’éclaire au fil du temps les marques d’une douloureuse tension intérieure qui cède peu à peu. Magnifié par une bande-son de musique classique et une photographie lumineuse, ce passage décisif s’effectue tout naturellement sous nos yeux.

Et bien sûr comme chaque année, on aurait aimé vous parler de quelques autres: Jojo Rabbit, Antoinette dans les Cévennes, Les parfums, Un divan à Tunis, Mon nom est clitoris, Mignonnes… N’oubliez pas que vous aussi vous pouvez voter plusieurs fois !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s