Action culturelle/Collections

Bla Bla Thé (à distance) de janvier 2021

Le Bla Bla Thé a expérimenté en janvier. Comme les mois précédents, nos lectrices et lecteurs avaient la possibilité de nous envoyer l’écho de leurs derniers plaisirs culturels par mail. Toutefois, nous avons aussi tenu un Bla Bla Thé en visio-conférence le 16 janvier dernier. Nous étions peu nombreux mais l’envie est là de recommencer.

Une histoire d’amour et de ténèbres d’Amos Oz (de son vrai nom : Amos Klausner). Folio 2004 pour la traduction de l’hébreu par Sylvie Cohen. Prix France Culture. « Trois histoires intimement imbriquées – une magnifique autobiographie. Histoire tout d’abord de familles, paternelles et maternelles qui quittèrent l’Europe centrale et la Russie dès le début du XXème siècle afin de fuir les menaces staliniennes et nazies. Quant à lui, il naquit en Israël en 1939…Une histoire familiale rattrapée et bousculée par la Grande histoire. Amos Oz nous fait partager  avec parfois beaucoup d’humour, les grands et petits moments de ses familles paternelles et maternelles, avant leur arrivée en Israël ainsi que sa propre histoire,  enfant puis  l’adolescent à Jérusalem. Histoire politique d’un pays ensuite, qui nous permet d’assister aux premiers pas de l’État d’Israël L’histoire d’un pays qui créa son propre modèle social et socialiste, les kibboutz, dans l’un desquels, après le suicide de sa mère à 39 ans, il travailla. Les informations sont nombreuses, Cette histoire est aussi une partie de celle de la Pologne, de la Russie, de l’Angleterre, des pays Arabes. Cette Histoire est aussi celle de ces milliers de réfugiés, homme et femmes d’origines géographiques et de langues diverses. Des réfugiés qui fondaient de grands espoirs parfois déçus, mais qui très vite devinrent un peuple uni qui se battra pour son autonomie et pour créer un pays. Histoire de la littérature, de la culture enfin. « Papa lisait seize ou dix-sept langues et en parlait onze (avec l’accent russe). Maman en parlait quatre ou cinq et en lisait sept ou huit. Ils discutaient en russe et en polonais quand ils ne voulaient pas que je comprenne (ce qui était presque toujours le cas). [….] Pour la culture, ils lisaient surtout en allemand et en anglais, et rêvaient probablement en yiddish. Mais à moi, ils n’enseignaient que l’hébreu : peut-être craignaient-ils que je succombe à mon tour au charme de la belle et fatale Europe si j’en connaissais les langues. » (P. 11). Son grand-oncle paternel Yosef Klausner était professeur d’université et fut l’un des leaders sioniste. Cette proximité avec eux détermina en partie la vocation littéraire du jeune Amos. Très tôt il aima et dévora les livres. Parmi les relations de son père et sont grand-oncle paternel figurait Shmuel Yosef Agnon, connu sous l’acronyme Shai Agnon. Écrivain israélien, il fut le premier écrivain de langue hébraïque à remporter le Prix Nobel de littérature. C’était en 1966. Il fut aussi l’un des premiers à lire les textes du jeune auteur Amos OZ et à lui donner son avis. Un livre dense, pas toujours facile à suivre, l’auteur jonglant avec les périodes. Des pages d’un destin pas banal et d’amour d’un homme pour sa mère trop tôt perdue par son état dépressif, d’amour d’un israélien pour son pays, sa culture, son peuple et d’amour d’un auteur pour les livres et la Littérature. Résumé un peu long mais le livre fait 870 pages… Aussi, à l’instar de Catherine N j’ai aussi  beaucoup aimé la série des 5 conférences d’André Maurois sur George Sand  sur France Culture. Richesse de la langue française et quel humour (5/5). » Par ELIANE

La  femme révélée de Gaëlle Nohant. « Livre dont j’ai vu la présentation à La Grand Librairie pendant le premier confinement et qui m’a enthousiasmée. En 1950, Eliza Donnelley fuit sa vie à Chicago (Adam son mari et Tim son petit garçon). Elle part avec seulement son appareil photo, une photo de Tim et quelques bijoux. Mais que ou qui fuit-elle ? La réponse est dévoilée au fil du roman. Eliza devenue Violet Lee doit se réinventer en vivant à Paris sans argent, sans connaissance avec seulement l’objectif de son appareil photo. Dans le Paris de l’après-guerre, elle découvre la liberté, noue des amitiés précieuses et rencontre l’amour. Mais comment bien vivre avec le souvenir de Tim qu’elle a laissé et qui grandit loin d’elle ? Quelle image garde-t-il de sa mère ? 20 ans plus tard, Violet peut retourner à Chicago, ville qui vit au rythme de la guerre du Vietnam, des mouvements anti-racistes, des disparitions des Kennedy et du pasteur Martin Luther King. Eliza va partir à la reconquête de son fils et pour cela prendra tous les risques en participant à une semaine de manifestations et d’émeutes pour la cause des personnes de couleurs mais toujours armée de son appareil photo. Elle réalisera ainsi des témoignages pris sur le vif qu’elle vendra à des journaux et qu’elle exposera. Au bout du compte, elle aura conquis sa liberté, retrouvé son fils et l’amour; Elle aura fait de sa passion d’enfant, la photographie, son métier. Très bon livre bien documenté sur la période 1950-1970 à Paris et à Chicago, on apprend beaucoup en le lisant. Il est facile d’entrer dans l’histoire et d’accompagner Eliza/Violet pendant 20 ans,on évolue avec elle. » Par FABIENNE

Le voisin de Tatiana de Rosnay. « Colombe vient d’emménager avec son mari (souvent absent pour son travail) et ses jumeaux dans l’appartement de ses rêves plus spacieux, plus lumineux. Une nouvelle étape dans sa vie mais la joie sera de courte durée. Le voisin du dessus semble prendre un malin plaisir à écouter de la musique la nuit ce qui empêche Colombe de dormir. Mais surprise, cette musique n’intervient que lorsque le mari de Colombe est absent ce qui suscite chez ce dernier des doutes sur ce que lui raconte sa femme. Colombe épuisée par le manque de sommeil, agacée car pour les autres occupants de l’immeuble, ce « voisin » médecin ne présente que des qualités, à bout de nerfs va tout mettre en œuvre pour faire arrêter ce bruit. Jusqu’où est-elle prête à aller pour que ce bruit s’arrête et quelles sont les motivations de ce voisin sans-gêne ? Le jeu du « chat » et de la « souris » s’engage entre eux. Au final et sans révéler la fin surprenante de cette histoire, Colombe découvre en elle une force qu’elle ne soupçonnait pas, retrouve sa liberté de vivre, de penser ; elle devient enfin elle-même et reprend sa vie en mains. Une histoire qui m’a touchée car elle peut nous arriver. Qui n’a jamais connu de voisins bruyants ? La tension monte crescendo. L’auteur m’a tenue en haleine du début à la fin. » Par FABIENNE

Les déracinés, L’Américaine et La vie reprit son cours : trilogie de Catherine Bardon. « Dans ces 3 livres, Catherine Bardon nous fait partager la vie de la famille d’Almah et Wilhelm qui se rencontrent et se marient dans la Vienne des années 1930. Après l’Anschluss, ils n’ont pas d’autres choix que de quitter leur pays avant que l’inéluctable ne se produise. Ne pouvant entrer aux Etats-Unis où se sont déjà réfugiés la soeur de Wilhem et son mari, ils se retrouvent en République Dominicaine où le dictateur en place décide d’attribuer 100 000 visas aux juifs d’Europe. C’est un nouveau départ dans ce pays totalement inconnu pour eux et  où tout est à construire en même temps que leur avenir et leur famille (Ils auront deux enfants : Frédéric et Ruth). L’amour qu’il se porte les aidera à surmonter les épreuves et à s’intégrer avec les autres colons qui ont fuit comme eux leur pays (tome 1 « Les déracinés »). Dans le second tome (L’Américaine), c’est Ruth, jeune femme, qui est au centre de l’histoire. Elle part aux Etats-Unis faire ses études de journalisme pour poursuivre le travail de son père (décédé dans un accident à la fin du premier livre). Mais surtout, Ruth veut vivre sa vie comme elle l’entend sans porter l’histoire familiale pesante. Elle se cherche. « Qui étais-je, moi Ruth Rosenheck, née en République Dominicaine de parents juifs autrichiens, parachutée à New-York ? Juive, Autrichienne, Dominicaine, Américaine ? Avais-je fait le bon choix ? Je me sentais perdue… » Aux USA, elle fera de nombreuses rencontres qui vont la marquer et l’aider à avancer : un jeune homme artiste musicien, Arturo, qui n’ose avouer à son entourage son homosexualité et avec lequel elle nouera une très belle histoire d’amitié, son premier amour  (journaliste photographe) qui sera tué en couvrant la guerre du Vietnam et qui ne saura jamais qu’il a eu une fille, Gaya, avec Ruth. Mais au bout d’un moment, le rêve américain perd de son charme et Ruth décide de partir vivre dans un kibboutz. Elle croit y rencontrer l’amour mais cette vie très organisée n’est pas non plus faite pour elle. Elle décide de rentrer auprès de sa mère en République Dominicaine.  Le dernier tome (Et la vie reprit son cours) met toujours en lumière Ruth au travers de son travail, l’amour et l’amitié. Elle a relancé le journal créé par son père et fait des piges pour d’autres journaux. Elle se marie avec l’un des frères d’Arturo et accouche d’un garçon David. Son amitié pour Arturo est indéfectible ainsi que pour Lizzie, son amie d’enfance qui a bien du mal à trouver un but à son existence. Ruth sera toujours là pour elle, même aux pires moments. En parallèle de la vie de Ruth et sa famille, nous revisitons la Guerre des Six jours, l’assassinat de Martin Luther-King, le premier pas de l’homme sur la lune, la politique américaine et en République dominicaine, etc… tous les événements qui ont marqué les années 60-70. A la fin, Ruth a trouvé sa place en République Dominicaine et son équilibre auprès de sa famille et ses amis. « La République Dominicaine est le seul endroit où elle ne s’est jamais aussi bien sentie vivre ». Dans ces 3 livres, Catherine Bardon nous transporte dans les années 1939 à 1979 et nous invite à revisiter ou se rappeler tous les grands événements de ces 30 années. Elle montre également les difficultés à s’intégrer dans un nouveau pays (barrière de la langue, des cultures, de la religion… ) et comment les générations suivantes sont impactées dans leur propre vie par le passé de leurs parents. Personnellement j’ai dévoré ces 3 ouvrages bien documentés, bien écrits, et qui transmettent beaucoup d’émotion. » Par FABIENNE

Les bourgeois d’Alice Ferney. Ils se nomment Bourgeois et leur patronyme est aussi un mode de vie. Ils sont huit frères et deux soeurs, nés à Paris entre 1920 et 1940. Ils grandissent dans la trace de la Grande Guerre et les prémices de la seconde. Aux places favorites de la société bourgeoise – l’armée, la marine, la médecine, le barreau, les affaires –, ils sont partie prenante des événements historiques et des évolutions sociales. De la décolonisation à l’après-Mai 68, leurs existences embrassent toute une époque. La marche du monde ne décourage jamais leur déploiement. De Jules l’aîné à Marie la dernière, l’apparition et la disparition des personnages, leurs aspirations et leurs engagements rythment la formidable horlogerie de ce roman très différent d’une simple saga familiale. Car c’est ici le siècle qui se trouve reconstruit par brèves séquences discontinues, telle une vaste mosaïque où progressivement se détachent les portraits des dix membres de la fratrie – et un peu leurs aïeux, et déjà leurs enfants. (présentation éditeur). « Cette saga familiale aborde les thèmes de la vieillesse, de la mort, de la perte. De très belles pages sur la disparition et l’éducation. Un joli livre. » Par FLORIANE

L’anomalie d’Hervé Le Tellier. «Il est une chose admirable qui surpasse toujours la connaissance, l’intelligence, et même le génie, c’est l’incompréhension.» En juin 2021, un événement insensé bouleverse les vies de centaines d’hommes et de femmes, tous passagers d’un vol Paris-New York. Parmi eux : Blake, père de famille respectable et néanmoins tueur à gages ; Slimboy, pop star nigériane, las de vivre dans le mensonge ; Joanna, redoutable avocate rattrapée par ses failles ; ou encore Victor Miesel, écrivain confidentiel soudain devenu culte. Tous croyaient avoir une vie secrète. Nul n’imaginait à quel point c’était vrai. (présentation éditeur). « Le prix Goncourt de cette année. Comme souvent, ce genre de distinction me fait reculer ou en tout cas me donne envie d’attendre, de laisser passer la vague. La curiosité m’a piqué cette fois et j’ai été agréablement surprise. C’est distrayant. » Par FLORIANE

Loin d’Alexis Michalik. Tout commence par quelques mots griffonnés au dos d’une carte postale : « Je pense à vous, je vous aime. » Ils sont signés de Charles, le père d’Antoine, parti vingt ans plus tôt sans laisser d’adresse. Avec son meilleur ami, Laurent, apprenti journaliste, et Anna, sa jeune soeur complètement déjantée, Antoine part sur les traces de ce père fantôme. C’est l’affaire d’une semaine, pense-t-il… De l’ex-Allemagne de l’Est à la Turquie d’Atatürk, de la Géorgie de Staline à l’Autriche nazie, de rebondissements en coups de théâtre, les voici partis pour un road movie généalogique et chaotique à la recherche de leurs origines insoupçonnées. (présentation éditeur).« Très divertissant. Un livre pour « voyager », très utile en cette période où nous sommes contraints à une forme de réclusion et d’immobilité. On va de surprise en surprise ». Par FLORIANE

La certitude des pierres de Jérôme Bonnetto. Ségurian, un village de montagne, quatre cents âmes, des chasseurs, des traditions. Guillaume Levasseur, un jeune homme idéaliste et déterminé, a décidé d’installer une bergerie dans ce coin reculé et paradisiaque. Un lieu où la nature domine et fait la loi. Accueilli comme une bête curieuse par les habitants du village, Guillaume travaille avec acharnement ; sa bergerie prend forme, une vie s’amorce. Mais son troupeau pâture sur le territoire qui depuis toujours est dévolu à la chasse aux sangliers. Très vite, les désaccords vont devenir des tensions, les tensions des vexations, les vexations vont se transformer en violence. « Un livre dont la présentation puis la lecture a fait écho avec une certaine expérience personnelle de villages dans l’arrière-pays provençal. Un paysage très beau, un ciel aux couleurs souvent riantes, en apparence une douceur de vivre et une affabilité. Mais aussi, en creusant, de l’étroitesse d’esprit, de la méfiance, des préjugés et des rancoeurs. Dans cette histoire, cela va loin, cela tourne à la folie et au drame. Belle écriture minérale. » Par STEPHANE

« J’ai commencé Sur la route de Jack Kerouac, très célèbre livre d’errance, de vagabondage. Je dois avouer que je suis resté en panne. Impossible de « partir ». Alors que nous en rêvons tous en ce moment. Alors ce n’est pas précisément l’objet de notre rendez-vous mais j’ai envie aujourd’hui de lister des titres qui me donnent envie de m’y plonger, pour une raison ou une autre. J’espère que je le ferai. Parmi ceux-ci il y a : 22 leçons de philosophie par et pour les mauvaises filles, les goudous, les travelos, les couires, les petits pédés et les grandes folles d’Alain Guyard, Je me transporte partout de Jean-Claude Pirotte, Anaïs Nin : Sur la mer des mensonges de Léonie Bischoff, Scrabble. Une enfance tchadienne de Michaël Ferrier, Carnets d’un vieil amoureux de Marcel Mathiot et Noeuds de vie de Julien Gracq. » Par THIERRY

Vous souhaitez partager vos plaisirs de lecture ? Participer à un Bla Bla Thé en visio ? Contactez-nous mediatheque.francoise-sagan@paris.fr A bientôt.

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