Action culturelle/Collections

Bla Bla Thé (à distance) de février 2021

Les Impatientes de Djaili Amadou Amal. Ce livre a été primé, prix Goncourt des Lycéens je crois.  Bouleversant, on retient son souffle. Se passe chez les Peuls. Trois jeunes femmes “ impatientes”. Voir le mot. Victimes de mariage forcé, de viol, universelle question des violences faites aux femmes. “ Au bout de la patience, il y a le « ci elle” qui ressemble plutôt à l’ enfer… » Par ANNIE P.

Vie de David Hockney de Catherine Cusset. Rien à voir avec ses peintures actuellement dans des galeries parisiennes. Une vie libre qui passe par Londres, New York et Los Angeles. Ses passions pour la peinture et pour les hommes. La création le sauvera de ses chagrins. A lire en parallèle avec les expositions. Par ANNIE P.

Olga de Bernhard Schlink. Un grand amour, une séparation, des incompréhensions, une femme admirable, une Europe du Nord peu connue. Une étude très fine et subtile. Par ANNIE P.

American Girl de Jessica Knoll. Un livre dont il est difficile de raconter l’histoire sans trop ou tout dévoiler. Ani, jeune journaliste de 29 ans, fiancée à un homme beau, riche et d’une bonne famille, prépare son mariage. En parallèle, elle a accepté de participer à un reportage sur ses années au lycée (elle avait 14 ans à l’époque) et les événements tragiques qui se sont déroulés dans l’école prestigieuse où elle était. Dès le début du livre, on comprend qu’Ani a vécu, pendant son adolescence, quelque chose de dramatique et qui l’a profondément marquée et la hante encore. C’est au fil des chapitres qui alternent les deux époques que le voile se lève peu à peu et que le drame, qui dépasse l’enceinte du lycée, nous est révélé. Son passé aura-t-il une influence sur son présent et son avenir ? Arrivera-t-elle à le dépasser ? Un premier roman bien écrit, un suspense bien ficelé qui donne envie d’avancer dans sa lecture pour connaître le fin mot de l’histoire même si au fil de la lecture on suppute ce qui s’est passé. On suit l’évolution psychologique d’Ani qui repense et revit les événements tout ceci l’amenant à prendre au final une décision importante pour la poursuite de sa vie. Par FABIENNE

Une rose seule de Murielle Barbery. A la faveur d’une lettre reçue d’un notaire japonais, Rose, 40 ans célibataire, se rend à Kyoto pour prendre connaissance du testament de son père qu’elle n’a jamais connu. Ce marchand d’art reconnu, décédé récemment, a laissé à sa fille une lettre qu’elle n’ouvrira que lorsqu’elle aura accompli le parcours que son père a concocté pour elle ( jardins, temples, cimetières, bars)  et qui doit l’aider à créer le lien entre elle et ce père inconnu. Pour l’accompagner dans ce périple, son père lui a adjoint son fidèle assistant, Paul, lui-même cabossé par la vie. C’est bien sûr dans la maison de son père que Rose va s’installer quelque temps avec la servante dévouée à son père. Tout au long du livre, nous suivons Rose dans ce parcours. Réticente au départ, nous découvrons avec Rose des lieux magiques et magnifiques, des parfums, des odeurs, les coutumes japonaises, Kyoto et le contraste entre la ville et le calme de la maison de son père, havre de paix, sans bruit, la servante semble glisser sur le sol, elle porte des kimonos colorés. Tous les jours, il y a une fleur différente dans l’entrée avec sa signification. Livre dans lequel j’ai trouvé le Japon tel que je me l’imagine. Entre chaque chapitre un court texte sur la civilisation japonaise ou chinoise et qui donne le titre et le thème du suivant. Livre poétique, qui repose et fait du bien. J’ai vraiment eu l’impression d’accompagner Rose dans son parcours et de chercher avec elle à faire connaissance avec son père, d’être ailleurs dans un autre monde. Et ce qui ne gâte rien, c’est superbement bien écrit. Je le recommande. Par FABIENNE

Outre-terre. Le voyage à Eylau de Jean-Paul Kauffmann. Le 8 février 1807, Napoléon a failli tout perdre. À Eylau, en Prusse-Orientale, l’Empereur livre l’une des batailles les plus périlleuses de son règne. Ce fût une victoire à la Pyrrhus dont Napoléon n’aimait pas évoquer le souvenir quand il fut exilé à Sainte-Hélène. Eylau est restée célèbre dans l’histoire pour la fameuse charge de cavalerie de Murat mais aussi dans la littérature grâce au Colonel Chabert de Balzac. Le colonel Chabert que l’on donnait mort est un fantôme d’Eylau. Eylau est aussi un tableau, celui peint par le baron Gros. Une toile commandée par Napoléon qui souligne la dureté de la bataille, les milliers de morts et de blessés. Le site se trouve aujourd’hui dans l’enclave russe de Kaliningrad, pays étrange annexé par Staline. Jean-Paul Kauffmann, avec sa prédilection pour les territoires secrets ou dérobés, ceux qui échappent à l’évidence du regard et aux lieux communs., livre un récit de voyage sur quatre jours sur les traces de Napoléon et du colonel Chabert. « Pur hasard, j’ai mis la main sur ce livre alors que le bicentenaire de la mort de Napoléon s’annonce. Pourtant féru d’histoire, je n’ai qu’une connaissance vague de l’homme et de la période. Pour l’authentique génie militaire à qui la victoire fera défaut en Russie en 1812, puis définitivement à Waterloo en 1807, on peut dire qu’Eylau signe un avertissement. L’Empereur frôle la catastrophe. Il ne se rétablit qu’en donnant le meilleur de ses troupes, dans une charge mémorable qui provoque une boucherie sans nom. À Eylau, l’Empereur a senti sa chance légendaire lui échapper et mesuré le poids du destin. Il a ouvert les yeux sur le sens de la tragédie. À son tour, Jean-Paul Kauffmann (ancien otage au Liban qui a laissé une part de lui-même au royaume des ombres) peint une nouvelle toile d’Eylau, plus expressionniste qui nous ouvre les yeux et nous fait comprendre jusqu’au vertige la charge des forces de la mort contre celles de la vie. » Par STEPHANE

Les saisons de la nuit de Colum McCann. New York 1916 : des terrassiers creusent dans des conditions épouvantables et presqu’à mains nues, les tunnels qui feront passer le métro sous l’East River. Nathan WALKER, le héros du livre est un jeune noir venu de sa Georgie natale qui, par sa bonne humeur et sa force herculéenne, soude le groupe dont les ouvriers sont Italiens, Polonais, Irlandais… Ainsi règne entre eux, dans les entrailles de la terre, une grande solidarité manifestée plus par gestes, prévenances,  que par mots. A la surface, chacun retourne chez soi. Un jour, un spectaculaire accident va sceller le destin des descendants de WALKER sur 3 générations. Manhattan 1991 : un SDF nommé Treefog vit au fond d’un tunnel, sous le métro, tunnel auquel il doit accéder en funambule sur des poutres…Longtemps avant, il était l’ouvrier le plus spécialisé à ériger les plus hauts gratte-ciels de N.Y. –  l’hiver est terrible cette année là. D’autres déshérités sont aussi réfugiés dans ce monde obscur des souterrains de la ville. 75 ans séparent WALKER de TREEFOG. 75 ans marqués par le racisme, la pauvreté, les tabous sociaux, les bonheurs furtifs. 2 récits parallèles qui finissent par se rejoindre et s’entrecroiser pour former une seule et même histoire. La prose que nous présente Colum McCann dans ce livre est d’une beauté rude et lumineuse. Je l’ai lu d’une traite. Par ELIANE

Le voyant de Jérôme Garcin. Histoire de Jacques LUSSEYRAN né en 1924, mort en 1971. Un accident à l’école le rend complètement aveugle à l’âge de 8 ans. C’est à la lecture de son livre culte « Et la lumière fut » que Jérôme GARCIN découvre Jacques LUSSEYRAN : « le récit de ce héros, qu’aucun romancier n’aurait osé inventer, avec sa force surhumaine d’affronter tête haute les épreuves, de se dépasser sans cesse, de survivre en rayonnant, et qui illustrait à la perfection le concept de résilience » (sic). Jacques LUSSEYRAN, aveugle, entre à 16 ans dans la Résistance, est dénoncé, emprisonné puis déporté à Buchenwald (1944-1945). « ma cécité m’avait donné une chance de faire un bond très brusque dans ma vie intérieure et d’apprendre à regarder tous les évènements que je vivais « du dedans » (sic). En 1955, il est un  professeur  charismatique dans différentes universités aux Etats Unis puis à Hawai. Il meurt avec sa 3ème femme dans un accident de voiture à 49 ans. Je conseille ce livre à ceux ou celles qui veulent découvrir plus intensément Jacques Lusseyran. Pour beaucoup perdre la vue serait le pire des handicaps, pour lui dit-il, ce fut un privilège. Cela fait réfléchir… Par ELIANE

Merci encore une fois à toutes celles et tous ceux qui font vivre notre rendez-vous mensuel. Vous souhaitez vous aussi partager vos plaisirs de lecture ? Participer à un prochain Bla Bla Thé en visio (samedi 6 mars 2021 à 15h) ? Contactez-nous ou inscrivez-vous avant 12h00 le samedi 6/02 ici : mediatheque.francoise-sagan@paris.fr A bientôt.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s