Action culturelle

Bla Bla Thé (à distance) de mars 2021

L.A. bibliothèque de Susan Orlean. « Près de 500 000 livres partis en fumée, 700 000 autres endommagés. Et un mystère. D’où est parti l’incendie qui a dévasté pendant plus de sept heures la bibliothèque centrale de Los Angeles le 29 avril 1986 ? Était-il accidentel ou s’agissait-il d’un acte criminel ? Les soupçons d’emblée se portent sur Harry Peak, un jeune homme qui ambitionne de faire carrière à Hollywood, mais que la police finira pas relâcher. Plus de trente ans plus tard, Susan Orlean mène m’enquête sur ce spectaculaire incendie survenu le jour de la catastrophe de Tchernobyl, et de ce fait passé relativement inaperçu. Au fil d’un thriller haletant, elle signe un hommage puissant aux livres et à ceux qui les préservent. » (présentation éditeur). « On y apprend une foule de choses et on y découvre le quotidien des usagers et employés, du plus humble niveau jusqu’aux plus hauts postes de responsabilité. A mettre en parallèle avec le documentaire Ex-libris de Robert Wiseman, 3h15 de scènes et images sans commentaires sur le fonctionnement de la Public Library de New York. Les bibliothèques de Paris, leurs collections et leurs services n’ont pas à rougir mais, sur certains aspects (logistique, recherche de partenariats privés…), c’est clairement d’un niveau impressionnant. » Par STEPHANE

Journal d’un corps de Daniel Pennac. « De 13 à 87 ans, âge de sa mort, le narrateur a tenu le journal de son corps. Nous qui nous sentons parfois si seuls dans le nôtre nous découvrons peu à peu que ce jardin secret est un territoire commun. Tout ce que nous taisions est là, noir sur blanc, et ce qui nous faisait si peur devient souvent matière à rire. » (présentation éditeur). « C’est à la fois un texte plein d’humour, basé sur l’autodérision, et quelque chose de très émouvant. Daniel Pennac fait partie des auteurs que j’ai le plus vus ou entendus en conférence. C’est toujours un plaisir de le retrouver. Voici par exemple un lien pour le découvrir dans la saison 2 de « 21 cm » l’émission littéraire d’Augustin Trapenard, lien qui ouvre sur les 5 saisons de l »émission. » Par FLORIANE

Une terre promise de Barack Obama (T. 1 d’une autobiographie en 3 tomes). « Je ne pensais pas spécialement l’acheter ni le lire mais on me l’a offert. Alors je me suis plongé dedans. C’est intéressant. Comme avec la série House of Cards, on espère découvrir des secrets du fonctionnement d’une présidence. » Par FLORIANE

Mahafaliennes de Robert Mallet. «Les Mahafaliennes pourraient être précédées ou suivies des mots : impressions, images, strophes. Je les ai rapportées des rivages du sud de Madagascar, de ce pays Mahafaly qui, d’après certains, veut dire : où l’on est heureux, et d’après d’autres : où l’on respecte les tabous. Le pays Mahafaly m’a paru être la terre privilégiée de la poésie, de toute poésie, puisque les ombres y sont chaudes comme la mer, les arbres coraliens, les coraux arborescents, puisque l’on y respecte le sacré.» Robert Mallet. + Le dernier recueil de poèmes de Robert Mallet contient des textes inspirés par ses voyages à travers Madagascar, et d’autres qui n’ont pas été situés. Pour lui Mahafaly est synonyme de poésie. Il nous invite à l’accompagner dans ce pays aussi lointain que proche, où l’exotisme correspond à la vive couleur d’émotions neuves qui se conjuguent avec les émotions les plus anciennes, les plus intérieures. (présentation éditeur). « Vous parlez de fiction m’est difficile, je ne trouve pas l’envie ou le temps de lire des romans. Mon intérêt principal se porte vers la poésie. J’anime un blog de poésie, participe en ce moment à un challenge poétique en ligne. Cela m’accapare. Ceci dit, ce livre me tient à coeur. Robert Mallet, en plus d’avoir été un haut fonctionnaire aux qualités reconnues (recteur d’académie) était un grand poète. Il a dirigé des entretiens remarquables à la radio, avec Paul Léautaud notamment. Mahafaliennes est un mixte entre récit et poésie. C’est le genre de textes et de voix marquées par l’exotisme qui me touchent. Je pourrais en dire autant des Contrerimes de Paul-Jean Toulet ou du Mauricien Malcolm de Chazal, imprégné par la musique. » Par THIERRY

Occasions tardives de Tessa Hadley. Coup de coeur des bibliothécaires 2019. Voici un livre sur l’amitié et qui met en scène 4 personnages. Christine et Lydia d’une part, Zacchary et Alex d’autre part, sont amis depuis l’adolescence. Ils se rencontrent et nouent une amitié forte entre eux qui se transformera en amour (Zac épouse Lydia et Christine Alex). Malgré ces mariages et la naissance de leurs enfants, l’amitié perdure entre les 4. 30 ans plus tard,  Zac meurt brutalement d’une crise cardiaque. Et là tout bascule. Blessures, non-dits, secrets, jalousie, situations ambigües, compromis surgissent et viennent ébranler le quatuor dont Zac apparaît soudain comme le pilier. La belle amitié va se fissurer voire se désagréger fortement. Cette histoire explore l’amitié et ses contours. Jusqu’où peut-on aller ? Doit-on tout partager et tout le temps avec ses amis ? Que peut-on accepter et ne pas accepter ? Et quand l’amour vient s’interférer dans l’amitié, que faire ? Que va-t-il se passer ? Qui sera le plus fort : l’amour, l’amitié ou les deux sont-ils conciliables ? L’âge venant (dans le livre une amitié de 30 ans), les rapports d’amitié entre les personnes se modifient-ils ? Quelle place réserver aux enfants ? Comment les intégrer pour qu’ils ne se sentent pas obligés de prendre partie lorsqu’un problème survient. « Livre bien écrit avec des portraits psychologiques des quatre protagonistes étudiés et fouillés. Bien structuré également avec alternance de chapitres entre le décès de Zacchary et les jours qui suivent et de chapitres qui racontent le passé et la construction de cette amitié. Livre qui interroge (et qui m’a interrogée) sur les relations d’amitié que l’on peut tous avoir à titre personnel. » Par FABIENNE

L’héritage Davenall de Robet Goddard. Un homme annoncé mort depuis plus de 10 ans (suicide) réapparait pour reprendre sa place dans sa famille, son tire de Lord et sa fortune. Mais voilà, les membres de sa famille (dont sa mère et son frère) ne le reconnaissent pas ou ne veulent pas le reconnaître. Seule sa fiancée de l’époque le reconnaît. Il l’a abandonnée la veille de leur mariage et malgré son mariage et sa petite fille, elle l’a toujours aimé. Toute l’histoire consiste à savoir s’il est celui qu’il prétend être ou un imposteur. Nous suivons les enquêtes menées par des avocats, des détectives privés, certains membres de la famille. Nous assistons au procès qui tranchera. Mais au final, le tribunal a-t-il pris la bonne décision ? Une foison de personnages tous bien étudiés par l’auteur, des révélations sur cette famille si « comme il faut » en apparence, de la jalousie, des mensonges, des secrets de famille, des actes « mis sous le tapis » par peur du quand dira-t’on si important à cette époque victorienne, des magouilles, des tromperies, et bien sûr  le pouvoir de l’argent. « Un polar comme je les aime : dès les premières pages l’histoire vous attrape ;  impossible de lâcher ce gros livre (plus de 700 pages). Une dernière recommandation : surtout ne feuilletez ni ne lisez les dernières pages, vous gâcheriez votre plaisir de participer à cette enquête et de vous faire votre propre opinion. » Par FABIENNE

D’Edo à Kyoto, sur la route du Kisokaido, hors série Connaissance des Arts. Ce numéro est consacré à l’exposition « D’Edo à Kyoto, sur la route du Kisokaido » qui était annoncée, en octobre 2020, pour la réouverture, après travaux, du Musée Cernuschi.  Au Japon, durant l’époque Tokugawa entre 1603 et 1868, 5 voies desservaient Edo la capitale (Tokyo aujourd’hui). L’une de ces voies, la route du Kisokaido, partait de la résidence de l’empereur à Kyoto et passait par l’intérieur du pays en suivant le fleuve Kiso.  « Ce hors série de Connaissances des Arts est très intéressant car au-delà de montrer certaines des estampes représentant les étapes de cette route, il raconte l’histoire de la route, les personnes qui l’empruntent, les rivalités entre l’empereur et les seigneurs des régions traversées et les techniques et matériels employés pour réaliser une estampe.  Les 3 artistes qui se sont succédés pour faire les 69 estampes : Hiroshige, Keisi et Kuniyoshi font également l’objet de portraits qui retracent leurs parcours respectifs. Dommage, nous ne verrons pas cette exposition car le musée ne la reprogrammera pas à sa réouverture. » Par FABIENNE

Le clocher de Noël et autres crimes impossibles (anthologie). C’est un recueil de 13 enquêtes proposé par Roland Lacourbe spécialiste d’anthologies du crime « parfait ». Cette sélection de romans édités entre 1897 et 1977, comprend principalement des auteurs américains et britanniques, comme Arthur Conan Doyle, Frank L. Baun (auteur du Magicien d’Oz 1900), Joseph Commings. Mais aussi un auteur français, Maurice Leblanc, auteur d’Arsène Lupin, un auteur danois, Frederick Irving Anderson… « Même si le déroulement des enquêtes parait désuet principalement en raison de l’évolution des techniques d’investigations, la réflexion sur l’énigme reste toujours une belle aventure. »  Par ANNIE L.

La police des fleurs, des arbres et des forêts  de Romain Puértolas – Auteur connu pour « L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire IKEA » (2013) Film (2018) de Ken Scott avec comme acteurs V.Dhanush, Bérénice Béjo et Erin Moriarty. Ici l’enquête se déroule à l’été de 1961. Lieu : petit village de P. Les personnages principaux. Victime : Joëlné le 08 mai 1945, de parents inconnus, vivait chez Félicien Nazarian (72 ans). Le jeune policier : Michel qui effectue sa 1èreenquête sur le terrain. La procureure de la république. Le policier des fleurs, des arbres et des forêts, Jean-Charles Provencio, garde champêtre en chef. Le docteur (il est aussi le vétérinaire du village). Le maireBasile Boniteau, également chef d’entreprise de l’usine de confitures du village. Martine Moinard, une voisine. Crime : le cadavre de Joël est retrouvé découpé dans 8 sacs des Galeries La Fayette au fond d’une cuve dans l’usine de confitures du village. Le seul indice existant : la gaillardia clemens, mystérieuse fleur rouge aux pétales ourlés de jaune, retrouvée sur la scène de crime. L’enquête: Les retranscriptions des auditions et des enregistrements effectuées par le jeune policier sont une source inépuisable de quiproquos cocasses émis par des personnages haut en couleur. Seul moyen de communication possible avec la « civilisation » en raison d’un problème technique du matériel urbain. Ambiance : Les habitants du village de P. ne préoccupent très peu de l’affaire Joël… « Roman policier d’une grande originalité où le terme de « coup de théâtre » prend toute sa dimension. » Par ANNIE L.

Or, encens et poussière de Valerio Varesi. Dans ce roman, où l’action se situe à Parme, le commissaire Soneri doit effectuer sa 5ème enquête sous toile de fond de divers trafics. L’enquête commence sur la description d’une scène apocalyptique de collisions de voitures, d’échappée belle de bestiaux, d’incendie et de pillages de véhicules. Sur ce même bord d’autoroute est découvert un corps carbonisé. Le commissaire Soneri est appelé pour mener l’enquête. A la difficulté professionnelle de résoudre cette affaire, vont s’ajouter des tensions personnelles dues à la relation extra conjugale de sa compagne et la possible séparation de son couple. A bras le corps, Soneri va devoir résoudre l’énigme du crime de Nina, jeune femme éblouissante d’origine roumaine et en parallèle malgré sa stupéfaction et son incompréhension, reconquérir sa compagne. Dans la tourmente, les pauses culinaires que s’accorde le commissaire Soneri est un véritable régal des sens pour le lecteur. « Un roman policier classique au sens noble du terme. » Par ANNIE L.

Zoli de Colum McCann. Zoli nous offre un regard unique sur l’univers des Tziganes, avec pour toile de fond les bouleversements politiques dans l’Europe du XXᵉ siècle. Tchécoslovaquie, 1930, Les Hlinskas, la milice du pays, forcent les roulottes d’un camp rom à s’avancer sur un lac gelé. Puis ils allument des feux sur les rives et regardent hommes, femmes, enfants et chevaux s’enfoncer dans l’eau glaciale. Seuls survivants de leur communauté, Zoli et son grand-père reprennent la route, en se cachant de la milice. La petite fille n’a que 6 ans et elle vient de faire la découverte de la cruauté humaine. Mais il faut continuer, trouver un autre clan et perpétuer les traditions ancestrales du peuple rom. Zoli grandit, danse, chante et écrit des poèmes, car son grand-père lui a appris à lire et à écrire malgré l’interdiction…
« Récit émouvant d’une femme libre et découverte du monde Tzigane. Passionnant. » Par ELIANE

Chien-loup de Serge Joncour. Vous serez tenu(e)s en haleine à la fin de chaque paragraphe et ce jusqu’à la dernière ligne, pressentant une catastrophe imminente. L’histoire se  déroule à Orcières, village perdu dans le causse vert.  En  Juillet 2017 y débarque un couple (actrice et producteur) venus se mettre au vert après avoir loué une maison complètement isolée au sommet d’une colline mais sans réseau, ni commodités d’aucune sorte. 3 semaines coupés de tout. Lise pense qu’elle y sera heureuse, Franck pense que ce sera l’enfer. Dès leur arrivée, un chien loup sans collier les observe. Juillet 1914 – l’Europe est un brasier, A Orcières, personne n’en veut de cette guerre et pourtant le monde va basculer dans la folie, le feu et la peur et surtout le sang. Le tocsin de la mobilisation qui résonne au moment où les hommes lancent les moissons. Au lendemain du départ de leurs maris, les femmes prennent les choses en main.
Wolfgang, un dompteur allemand se réfugie avec ses huit  fauves sur ces terres maudites d’anciennes vignes dévastées par le phylloxéra,   Et l’ on apprendra pourquoi ce lieu a si mauvaise réputation. « Ce roman est avant tout une atmosphère, le causse et ses collines désertées par les hommes où seuls subsistent les cris des animaux sauvages. La sauvagerie et la cruauté de la guerre, les frayeurs, les peurs irrationnelles, l’angoisse quand on n’a pas de nouvelles du père, du fils ou du mari, les émotions, les désirs, l’amour, l’attente du retour, la violence. Il nous parle aussi du courage des femmes qui pendant la guerre ont accompli toutes les tâches de leurs maris que ce soit sur les terres ou dans les usines. Serge Joncour établit un parallèle habile entre les firmes américaines, géants du web, qui s’attaquent au monde du cinéma, prédateurs qui comme des loups éliminent d’abord les proies les plus faibles. Passionnant également. » Par ELIANE

UN GRAND MERCI A TOUTES ET A TOUS POUR FAIRE VIVRE NOS ECHANGES SANS POUVOIR NOUS RENCONTRER.

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