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MUSIQUE : les nouveautés de juin 2021

Jazz :

Deux noms du jazz-funk des années 70 sont à l’honneur avec le live inédit de 1969-1970 du guitariste Grant Green et la réédition chez Black Jazz Records du Plenty Good Eaton du contrebassiste Cleveland Eaton – album de 1975 où s’invitent Philly soul et disco.

On écoute aussi des nouveautés avec le deuxième volet du Kraut Jazz Futurism compilé par Modica – dédié à la scène berlinoise contemporaine, et l’Aria du pianiste Enzo Carniel. Sans oublier la nouvelle collaboration expérimentale du batteur Karriem Riggins avec le producteur Madlib sous le nom de Jahari Massamba Unit.

Hip-hop:

Madlib que l’on retrouve associé à Kieran Hebden (Four Tet) sur Sound Ancestors. Un projet sur lequel le producteur anglais a combiné et arrangé les pistes de son acolyte californien pour  un résultat instrumental où se télescopent IDM, spiritual jazz, dancehall et musique de chambre.

Soul-Funk: 

Ce sont d’autres grands noms du hip-hop indé américain – Quelle Chris et Oddisee – qui s’invitent sur le deuxième et délicat album neo-soul  des germano/sud-africains de Seba Kaapstad

On fête aussi le retour du Menahan Street Band, piliers du label Daptone dont les membres officient aussi chez le Budos Band, El Michels Affair, ou en backing band de Lee Fields et du regretté Charles Bradley. Un troisième album de soul-funk instrumentale toujours aussi inspirée et cinématographique. 

A compléter par l’écoute de la fausse BO The Black Stone Affair, imaginée par les musiciens de Whatitdo, hommage non dissimulé à Morricone et Umiliani, publié par les italiens de Record Kicks.

Reggae :

Freestyle Records réédite pour la première fois l’album To Love Somebody de Bunny Scott alias Bunny Rugs du groupe Third World, ballades et reprises soul enregistrées avec Lee Scratch Perry aux premières heures de son studio Black Ark.

Pop-Rock :

L’indie-pop se fait ce mois-ci en duo, avec les collaborations fructueuses de Mike Lindsay (Tunng) et Philippe Cohen-Solal (Gotan Project) ; et du français Superhomard avec le chanteur australien Maxwell Farrington. On accueille aussi le retour du lo-fi psyché des new- yorkais de Crumb,  de la power pop des australiens Rat Columns, et des anglais de Mr Ben and the Bens, pour les amateurs de Belle & Sebastian, Cate le Bon ou Teleman.

Le bruit et la noirceur sont à trouver auprès de Tomahawk, (supergroupe réunissant des membres de Faith No More, Jesus Lizard, Helmet et Mr. Bungle), le metal expérimental de Genghis Tron chez Relapse, et la noise des belges de It It Anita. Enfin  Sacred Bones inaugure une série de publications d’œuvres cachées d’Alan Vega, avec Mutator, enregistré en 1995-96 dans la pure veine cold/blues.synthétique de son auteur.

Musique classique et contemporaine :

Les nouveautés sont foisonnantes de musique vocale avec tout d’abord Berio To Sing, l’ensemble vocal les Cris de Paris habitué à la musique médiévale s’empare d’une partition difficile avec brio. Soulignons également que la  spécificité de leur formation médiéviste se marie parfaitement aux Folk songs de Berio. Viennent ensuite les débuts de la musique baroque avec William Christie et Les Arts florissants et leurs « Airs sérieux et à boire », chansons très populaires à la Cour de France. N’espérez plus, mes yeux… offre un répertoire tendre et drôle sublimé par cette interprétation. Toujours plus de beauté avec les Lieder de Phillip Heinrich Erlebach, brillant compositeur baroque de Thuringe malheureusement oublié. L’ensemble bien nommé Le Banquet Céleste comble ici cette injustice. La mezzo-soprano écossaise Catriona Morison nous offre un récital romantique avec The Dark Night has Vanished rassemblant Grieg, Brahms, Lang et Schumann. Enfin Patricia Kopatchinskaja nous régale avec un Pierrot Lunaire de Schoenberg spontané et plein de folie.

En musique instrumentale, il y a l’attendu Melancholy Grace du claveciniste Jean Rondeau pour un voyage au travers de l’Europe et de ses grands compositeurs des 16e et 17e siècles. Plus confidentiel, le flûtiste François Lazarevitch revient en solo avec un disque consacré à Van Eyck après l’enchanteur Teleman et les Vents français avec Eric Lesage au piano font honneur à la musique si singulière de Paul Hindemith, compositeur avant-gardiste des années 20 avec ses Wind Sonatas. Enfin, Les pianistes Jean-Frédéric Neuburger et Jean-François Heisser s’emparent de l’œuvre Mantra de Karlheinz Stockhausen. « Cette galaxie en miniature » ne réunit pas souvent les conditions de son interprétation qui demande de la rigueur en même temps qu’une liberté et une parfaite entente entre les deux pianistes, c’est ici chose faite.

Musiques électroniques :

Trois albums influencés par les musiques africaines nous sont parvenus ce mois-ci : l’amapiano (electro de la province du gauteng réunissant marabi, kwela, mbaqanga, maskandi, jazz, et deep house) du jeune producteur de Pretoria Teno Afrika, les expérimentations de Sunken Cages à la croisée du gqom sud-africain, du mahraganat égyptien et du kuduro angolais, ainsi que le premier album du français Praktika inspiré par les traditions d’Afrique de l’Ouest.

A noter également le premier album de l’américain Dax Pierson chez Dark Entries, qui voit l’ancien clavier du label Anticon (Subtle, Themselves) fusionner hip-hop, jazz et techno, sur des titres rappelant les productions du label Planet Mu.

Exotica et illustration sonore:

Waxtime réédite Ritual of the savage (1951), l’album fondateur de l’exotica du compositeur Les Baxter, lounge polynésien fantasmé et son classique Quiet Village réinterprété quelques années plus tard par Martin Denny. Les italiens de Four Flies Records réunissent quant à eux les expérimentations synthétiques et éthérées du maître de l’illustration Piero Umiliani, avec L’Uomo elettronicoo.

Musiques inclassables :

Le très prolifique musicien de free jazz John Zorn rend hommage à Ennio Morricone grâce au Gnostic Trio et John Medeski. Vous retrouverez également le minimaliste Max Richter pour Voices 2 et enfin, une petite pépite : Bell Orchestre. Leur disque House music est en réalité à la croisée des genres entre musique répétitive, jazz, néo-classique tout cela agrémenté de textures et de sonorités électro savamment étudiés.

Chanson française :

Découvrez la savante anthologie sur Henri Salvador, Homme studio, qui  vous guidera dans la période synthétique du fantasque Salvador et où on retrouve l’imparable J’aime tes g’nous, adaptation de Shame On You de Sylvia Robinson. Plus classique mais néanmoins superbe, retrouvez la réédition des 25 ans du onzième album de Christophe : Bevilacqua. Pour un peu de lecture, vous pourrez vous tourner vers un recueil des chansons de Françoise Hardy, Chansons sur toi et nous où elle raconte aussi tout un tas d’anecdotes sur ses rencontres et ses sources d’inspiration. La jeune scène francophone est également représentée avec un nommé pour la révélation masculine des Victoires de la musique : Noé Preszow et son premier album Nous et enfin la pop très sophistiquée du disque vinyle Les grands brûlés par l’un des fondateurs d’Aquaserge, Barbagallo.

Musiques du monde :

Le Brésil est à l’honneur avec la ressortie des enregistrements dub de 1995 3 sessions in a greenhouse de Lucas Santtana, la réédition du disco funk de George Sauma Jr (1985) chez Favorite, et le tropicalisme contemporain de Joao Selva avec son deuxième album Navegar.

C’est aussi le retour de deux maîtres maliens de la kora, Ballake Sissoko avec Djourou, et Toumani Diabaté pour son album Kôrôlén, enregistré en 2008 avec le London Symphony Orchestra.

Enfin le label WeWantSounds poursuit son travail de réédition de l’œuvre du compositeur libanais Ziad Rahbani, avec Bennesbeh Labokra… Chou? , bande-son de la pièce de théâtre éponyme ou se croisent influences arabes, bossa-nova, et jazz.

Playlists :

https://deezer.page.link/CqEfCw8ERH5ZvxNKA

Lien catalogue :

https://bit.ly/3wNa4Ah

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