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MUSIQUE : les nouveautés de septembre 2021

Jazz

Ce mois-ci, place aux incontournables ! Variations on a Melancholy Theme est au croisement de la musique classique et du jazz. Brad Mehldau le décrit comme suit : « Cette musique je l’ai pensée un peu comme si Brahms se levait un matin et avait le blues ». Merci Miles ! est un enregistrement du live à Vienne de Miles Davis quelques semaines avant son décès. Considéré comme le meilleur live de la fin de sa carrière, il est également un document précieux pour tous les amateurs de la période Tutu. Autre live, Breathe est quant à lui un concert du maître de l’orgue soul-jazz, Dr Lonnie Smith, enregistré au Jazz Standard de New York en 2017 et augmenté de deux titres studios inédits avec Iggy Pop, dont une surprenante reprise de « Why Can’t We Live Together » de Timmy Thomas. Full solo mêle adaptations de Beethoven et compositions de Paul Lay, inspirées par la musique du Maître et la visite des lieux où il a vécu.

Soul, Funk, R’n’b

Un événement avec Welcome 2 America, le premier album entièrement posthume de Prince. Enregistré en 2010 mais jamais édité, ce disque est présenté par ses héritiers comme un moyen de respecter sa volonté, lui qui avait stipulé que ses archives soient sauvegardées à playlist. Excellente production, à la fois élégante et originale, mêlant soul, jazz, r’n’b et pop électronique, le vinyle Mood Valiant de Hiatus Kaiyote est notre chouchou du mois à playlist. Enfin, Gold-diggers Sound évoque le lien spirituel unissant Leon Bridges en tant qu’artiste et son studio d’enregistrement. On ne sait pas s’il y a trouvé de l’or mais une chose est sûre il a produit des tubes r’n’b de bout en bout.

Reggae

Une nouveauté et un rattrapage ce mois-ci avec Can’t Blame the Youth né de la rencontre entre Irie Ites, collectif du Mans et du chanteur de légende Trinity auquel le disque rend hommage après sa récente disparition. L’enregistrement a été finalisé avec le groupe de Dub français Zenzile. Pour revenir à la période Rude Boy de l’histoire jamaïcaine, rien de mieux que la compilation de l’incontournable label Trojan et son fameux : Trojan box set. Rude boy. 

Pop, Rock et Folk

Deux nouveautés très attendues cette année sont dans nos bacs : Carnage de Nick Cave & Warren Ellis est selon son auteur « un disque brutal mais très beau, ancré dans une catastrophe communautaire » et Happier Than Ever de Billie Eilish, album moins torturé et plus épuré que le premier mais pas moins mélancolique et introspectif.

Une exclusivité dont nous gratifie le label Souljazz avec la compilation Cold wave 1. Ce premier volume met à l’honneur des artistes actuels qui ont été influencés par la cold wave européenne des années 70 et 80, et sur laquelle on retrouvera pas mal d’artistes émergents comme les Néerlandais de De Ambassade et la Bruxelloise Céline Gillain. En gros, si vous voulez en savoir plus sur la scène underground européenne, foncez !

Enfin vous aurez du rock un peu bruyant avec l’énigmatique collectif The Armed  dont on connait seulement l’ascendance punk hardcore de ces différents membres et qui commet ce quatrième disque avec énergie et dérision. Ultrapop est un pied de nez, sans aucun doute. Et puis, il y a un coup de cœur dont nous avons longuement attendu la sortie en physique et qui n’a paru qu’en vinyle : Ruff Dog de Mica Levi. Éthéré et enveloppé d’un bruit blanc de guitare, la compositrice Mica Levi, plus connue pour avoir composé la musique du film Under the Skin, réussit le tour de force de faire le meilleur album de shoegaze de ces dernières années.

Musique classique et contemporaine

Vous aurez le plaisir de retrouver une Fantaisie où Daniel Barenboim propose un Debussy à la fois concertant, chambriste et symphonique. L’attrait majeur de cet album est l’enregistrement de la « Fantaisie pour piano et orchestre » avec Martha Argerich. L’événement est important car il s’agit du premier enregistrement de cette partition par la légendaire pianiste.

En musique de chambre, le violoniste Théotime Langlois De Swarte a choisi de confronter Sénaillé, peu connu et s’essayant aux sonates inspirées de la musique italienne, à Leclair, le plus connu des sonatistes français de l’époque baroque pour un disque d’une grande élégance. Après avoir tant et si bien pratiqué l’art du contrepoint, Jean Sébastien Bach écrit vers la fin de sa vie L’Art de la fugue, comme une sorte d’aboutissement, qui, aujourd’hui encore, reste mystérieux. Dans cet enregistrement ils sont trois, Vincent Lhermet, accordéoniste, et Marianne Muller, violiste (Les inAttendus), associés à Alice Piérot, violoniste. Le trio joue la fluidité et les couleurs de chaque instrument s’avèrent étrangement complémentaires malgré l’anachronisme des instruments entre eux.

En musique symphonique, Amandine Beyer et son orchestre Gli Incogniti nous offre le meilleur de la musique de Carl Philipp Emanuel Bach avec Beyond the Limits : complete strings symphonies. Ces symphonies très vivantes sont ici interprétées avec la même vivacité.

En opéra, le baryton révélation Thomas Dolié et la mezzo-soprano montante Adèle Charvet, le chœur de l’ensemble Aedes ainsi que l’ensemble vocal Le Poème Harmonique nous offre ce Cadmus et Hermione de Jean-Baptiste Lully exceptionnel, à placer au premier rang des références lullystes.

En musique contemporaine, nous avons sélectionné pour vous un disque iconoclaste du clarinettiste Nicolas Baldeyrou. Dialogues tissent des dialogues entre époques, compositeurs, œuvres et effectifs, Boulez, Jarrell et Mantovani sont brillamment portés par l’interprétation de Baldeyrou .

Musiques électroniques

Dans la lignée du travail entamé avec Daniel Avery, le compositeur Alessandro Cortini continue son exploration sonore en solo, et propose avec Scuro Chiaro une odyssée méditative, toute en contraste. Saisissant de beauté.

La moitié de Justice  Gaspard Augé se fait plaisir avec ces Escapades en solo. Un premier album qui pousse la recette du duo mythique formé avec Xavier de Rosnay : basses vrombissantes et mélodies grandiloquentes sont au programme. La bande son idéale pour le meilleur du cinéma des années 1970.

Le sorcier de Detroit Jeff Mills nous invite à une séance de spiritisme avec The Clairvoyant. Album vinyle à écouter d’une traite et sans perturbation extérieure, pour entrevoir avec les sens à quoi ressemble le futur.

Library music et musique de films

Deux nouveautés vinyle, de la library music et de grandes raretés, c’est que nous vous proposons avec Tulips de Frank Maston, initialement composé pour un film dans les années 70, jamais sorti, cette œuvre joue un univers cinématographique au pouvoir d’évocation digne d’Ennio Morricone mais grâce à des synthétiseurs nous renvoyant plutôt à RPM. Feelings de Jay Richford et Gary Stevan est quant à lui décrit comme le plus grand disque de library music jamais sorti. Du suave et du groove, pour ce chef d’œuvre de 1974 influencé par le funk et le street jazz.

Prolongeons le plaisir de la projection au cinéma de l’anticonventionnelle comédie musicale de Leos Carax, Annette, grâce à sa bande originale forte. Influencés par Les Parapluies de Cherbourg, les Sparks ont composé cet immense opéra pop avant même que Leos Carax ait envisagé de réaliser le film.

Musiques inclassables et expérimentales

Beaucoup de nouveautés en musiques inclassables en accord avec notre volonté de développer la collection de genres méconnus qu’elles recoupent.

En musique expérimentale à tendance planante, le label ECM nous livre le dernier Stephan Micus. Le compositeur allemand poursuit son tour du monde avec son bien nommé Winter’s End apaisant et naturaliste. Autre disque ambient parfaitement exécuté, le More Energy Fields, Current du prolifique percussionniste Carlos Niño, entourés de ses « amis ». L’ensemble est ici plus improvisé et navigue entre new age, jazz et electronica.

En musique inclassable à tendance minimaliste, le pianiste Sylvain Chauveau dépouille notre quotidien entouré de machines avec Life Without Machines tandis que l’ancienne membre d’Arcade Fire Sarah Neufeld remplit l’atmosphère de textures bourdonnantes et d’échos de voix et de violon dans Detritus.

En musique inclassable à tendance bruitiste, entrez dans l’univers implacablement industriel de Coil. Enfin réédité, Musick To Play in The Dark est un de leurs meilleurs disques, presque mystique, dans tous les cas oniriques. La dimension noise et industrielle est en vérité moins forte que dans leurs précédents efforts mais les drones et les textures sombres aux synthétiseurs, les samples, le spoken word d’outre-tombe ; pas de doute, c’est bien Coil. À la suite, vous trouverez une autre réédition d’un sorcier de la musique électronique répétitive, celle de Burn the night – Bruciare la notte de Tiziano Popoli, ce disciple de Bruno Maderna est à l’origine d’une musique plus accessible mais qui n’en est pas moins une somme de recherches sonores.

Autre coup de cœur avec Innéisme ! My Jazzy Child compose un disque follement ambitieux, au carrefour des musiques traditionnelles et des musiques expérimentales. Tout y est sens dessus dessous, les rythmes, les captations sonores, les lignes mélodiques et surtout les langues. Mélange de spoken word et de collages sonores, on fait le tour de la planète en 30 secondes au gré des langues employées de l’hindi à l’occitan, du pygmée au français. Du jamais entendu !

Chanson française

L’incontournable touche-à-tout Bertrand Burgalat nous fait part de son Rêve capital où tout est exactement à sa place : l’écriture ciselée, drôle et jamais mièvre, les arrangements juste sans trop en faire, les influences du psyché jusqu’au disco délicieuses.

World music

Le désir de transmission de la chanteuse béninoise Angélique Kidjo l’a poussé à s’entourer de jeunes artistes africains talentueux pour son Mother Nature, ce qui donne une couleur variée à ce dernier opus aux influences afrobeat, afro-pop, hip-hop, alt-R & B et dancehall.

La playlist du mois est disponible sur SpotifyYouTubeet Deezer.
Bonne écoute !

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