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Bla Bla Thé du 6 novembre 2021

Après de longs mois d’absence, notre club de lecture se reforme enfin. Passé le plaisir des retrouvailles, le thé, le café (et même les chocolats de Noël), il était temps de discuter littérature avec Floriane, Josiane, Thierry, Annie, Guy (et Fabienne, à distance), puis Aurélia et Maxime pour la médiathèque !

Le secret de Joe Gould, de Joseph Mitchell. Un classique magnifiquement réédité par les éditions du sous-sol.

Joe Gould est une figure mythique du New York d’après-guerre, sorte de clochard céleste aussi touchant qu’attachant. Graphomane compulsif, il s’est donné pour but de d’écrire une « Histoire orale de notre temps », récit qu’il s’est amusé à disséminer dans différentes planques seulement connues de lui, aux quatre coins de New York.

Le journaliste Joseph Mitchell enquête sur ce personnage public, l’occasion aussi d’une passionnante réflexion sur notre rapport à la folie.

Josiane

La route, de Cormac McCarthy

Une puissante fable post-apocalyptique, ici traduite par François Hirsch, le traducteur attitré de Milan Kundera, récemment décédé.

A la suite d’une catastrophe nucléaire, un père et son fils se lancent dans une longue errance pour rejoindre le sud des Etats-Unis. Cette traversée d’un pays réduit à l’état de cendres scelle une belle et sensible relation de confiance entre les deux survivants, dans un récit « sans matière grasse ».

Guy

Dans la forêt, de Jean Hegland

Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

Considéré comme un véritable choc littéraire aux États-Unis, ce roman sensuel et puissant met en scène deux jeunes femmes qui entraînent le lecteur vers une vie nouvelle.

De milieu hostile, la forêt devient terrain de jeu, d’expérimentation, et d’apprentissage de ce qui fonde une vie.

Maxime

Quatre sœurs, de Jun’ichirō Tanizaki

Dans une vieille famille de commerçants aisés dont tout le monde connaît le nom à Osaka, quatre filles ont mené une vie luxueuse jusqu’à la mort de leur père. Sa disparition et les changements de vie dans le Japon de l’entre-deux-guerres les ont laissées dans une situation financière précaire.
Les deux aînées sont mariées. Leur destin est tout tracé, mais celui des cadettes ?

Une plongée passionnante dans les traditions japonaises, confrontées au tournant de la modernité.

Floriane

Leïlah Mahi 1932, de Didier Blonde

En se promenant au cimetière du Père Lachaise, D. Blonde découvre une plaque funéraire qui l’intrigue. Un portrait impossible à photographier du fait de la lumière qu’il reflète, ainsi qu’une date unique, le 12 août 1932, figurent sur l’objet. Il débute une enquête pour trouver qui est Leïla Mahi. Une variation sur la perte.

Prix Renaudot de l’essai en 2015, ce livre n’est ni un essai, ni un roman, mais une rêverie, une déambulation, une quête aux accents modianesques. L’auteur nous entraîne sur les traces d’un Paris des années 1920, monde lointain et disparu mais qui ressurgit de manière fantomatique. Il nous transmet ainsi sa fascination pour le pouvoir évocateur d’une simple image.

Aurélia

Chavirer, de Lola Lafon

Cléo, une collégienne qui rêve de devenir danseuse, se fait piéger sexuellement par une certaine Fondation de la vocation avant de devenir elle-même complice de ses méthodes de recrutement. Trente ans plus tard, l’affaire ressurgit. Cléo doit composer avec les évocations de ceux qui, au fil des époques, l’ont côtoyée, aimée, déçue ou rejetée.

Loin d’être un artifice, le dispositif narratif du roman permet de faire varier les points de vue sur le personnage et sur l’histoire de Cléo. Il restitue ainsi avec force la complexité d’une existence fragmentée par le traumatisme, hantée par des souvenirs qui ressurgissent par bribes. Chavirer est aussi un livre très incarné, centré sur la figure d’un corps qui danse, entre souffrance, exultation et dépassement de soi.

Aurélia

Souvenirs de la marée basse, de Chantal Thomas

La romancière se souvient de sa mère Jackie, née en 1919, qui tout au long de sa vie a nagé quotidiennement plusieurs kilomètres. Cette passion a représenté pour elle un moyen de fuir une vie de famille rangée, de s’affranchir des contraintes.

Récit impressionniste et proustien, ce livre restitue avec délicatesse les sensations d’une enfance passée sur les plages du bassin d’Arcachon. C’est aussi un chant d’amour et de reconnaissance paradoxal de l’auteure à une mère distante, fantasque, perpétuellement au bord de la folie. Le portrait d’une femme qui ne cesse de lui échapper mais qui lui a transmis l’essentiel, le goût de la nage comme celui de la liberté.

Aurélia

La littérature est ma vengeance, entretien de Mario Vargas Llosa avec Claudio Magris

Comment un roman peut-il changer le monde ? Quels sont aujourd’hui les rapports entre création et société, entre politique et fiction ? Deux maîtres de la littérature mondiale tentent de répondre à ces questions et à quelques autres, révélant en même temps les secrets de leur « cuisine littéraire ».

Une conversation délectable entre deux esprits brillants qui nous font entrer dans leur processus de création romanesque. Leur passion pour l’écriture, leur capacité à être créateurs de mondes et d’imaginaires m’ont touché et m’ont réconcilié avec la forme du roman dont j’ai personnellement tendance à me lasser avec le temps.

Thierry

Les refuges, de Jérôme Loubry

Un thriller psychologique intense qui a pour décor une petite île normande.

Sandrine, journaliste, découvre que sa grand-mère maternelle est décédée. Ne l’ayant jamais connue, elle se rend sur l’île où la vieille femme vivait sans jamais l’avoir quittée depuis 1946. Quelques jours plus tard, Sandrine, couverte de sang, erre sur une plage. Le lieutenant Damien Bouchard mène l’enquête.

Ce livre à la construction subtile, non linéaire, nous parle de ces territoires aussi bien géographiques que mentaux où l’on se réfugie pour se protéger d’un traumatisme.

Annie

Héritage, de Miguel Bonnefoy

Ce livre raconte l’histoire de d’une famille française, originaire du Jura, qui part au Chili au début du 19ème siècle après l’épisode de phylloxéra qui a ravagé leur vigne.

Il s’agit d’un livre très documenté sur les différents sujets qui animent les personnages : le Chili, la passion des oiseaux pour l’un des personnages qui va construire sa volière, l’aviation pour une autre, la vigne pour l’arrière-grand-père, la liberté et la bataille contre la dictature la guerre de 14-18, la culpabilité pour l’un des hommes qui reviendra de cette guerre et pas ses deux frères tués. Il y est aussi question de l’exil, des horreurs de la guerre, de la dictature au Chili et des tortures avec des descriptions difficiles, du massacre des oiseaux, de sorcellerie, de magie, de secrets de famille, de courage, d’amour et d’amitié. Un livre bien écrit avec des passages poétiques évoquant les oiseaux. Mais tous ces thèmes font qu’il y a peut-être trop de matière, et je conserve une impression générale mitigée de ce livre dont je n’ai pas trouvé le fil conducteur. La construction de l’histoire y est sans doute pour quelque chose. Chaque chapitre est consacré à un personnage et on suit son histoire, selon moi il manque un lien entre les chapitres.

Fabienne

Ce qu’il faut de nuit, de Laurent Petitmangin

Le début de l’histoire n’est pas très accrocheur, il s’agit d’une « tranche de vie » entre un père veuf qui élève ses deux fils, Fus et Gillou. Puis l’histoire se renforce avec les garçons qui grandissent, le départ de Fus pour l’université qu’il n’a pas choisie (son père n’est pas prêt à voir s’éloigner son fils). L’amitié entre Fus et Jérémy, un peu utopiste, qui veut consacrer sa vie à changer celle des gens qui vivent en province. Gillou qui réussit dans ses études et part lui étudier à Paris grâce à son père et à Jérémy, ce qui va développer chez Fus un sentiment d’injustice, de mal-être qui va le conduire à basculer vers le Front National…

De nombreux thèmes sont explorés dans ce livre : l’amour, l’amitié, les doutes, la colère, la rage, le questionnement, la culpabilité, le sentiment d’exclusion, les non-dits, l’absence de la mère, l’engagement syndical et politique, l’importance du rôle du père.. L’histoire fonctionne car elle est ramassée en 190 pages donc il n’y a pas de longueur, pas de temps morts. C’est un livre qui se lit facilement.

Fabienne

Prochain rendez-vous, samedi 4 décembre à 15h.

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