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MUSIQUE : les nouveautés de décembre 2021

Chaque mois, la revue des nouveaux arrivages côté musique.
La playlist du mois est disponible sur SpotifyYouTubeet Deezer.

Jazz

Deux nouveautés ce mois-ci avec du beau monde sur le psychédélique Talk Memory de Badbadnotgood puisqu’on y trouve autour de l’omniprésent  Arthur Verocai , Terrence martin, Karriem Riggins ou Laraaji. Sorte de prolongement de leur précédent album, Dug out skyscrpers, les belges de De Beren Gieren nous propose dans Less is Endless une aventure sonore pêchue, riche et variée aux polyrythmies pleines de rebondissements passant de compositions au style strict à des passages plus improvisés.

Soul, Funk, R’n’b

Du côté des musiques afro-américaines, la soul-folk du canadien Mustafa, entouré notamment de James Blake et de Sampha dans son premier album, le r’n’b très déconstruit voire destructuré de la londonienne Tirzah ainsi que l’electro-funk du trio hollandais Kraak & Smaak.

Reggae

Le très prolifique label Doctor bird (de Cherry Red Records) réédite une compilation de rock steady initialement parue en 68 chez Trojan, ainsi que le premier album d’Errol Dunkley sorti en 72 et enrichi pour l’occasion d’une trentaine de titres issus du catalogue de la productrice Sonia Pottinger.

Pop, Rock et Folk

De nombreuses nouveautés ce mois-ci où les curieux et amoureux des chemins de traverse seront servis. Justement la pop et le rock aventureux représentent une bonne partie de nos acquisitions à commencer par le très beau Change d’Anika. La chanteuse allemande allie à sa voix sombre à la Nico des arrangements électropop langoureux qui en font un disque hypnotique dont l’exact opposé serait le deuxième album de la nouvelle formation de Laura Marling, LUMP, et son lumineux Animal. Dans la continuité, Ookii gekkou du groupe anglais Vanishing Twin nous entraîne dans sa pop légèrement surréaliste, un peu comme si Stereolab s’était mis au jazz.

Grand écart vers plus d’agitation et de psychédélisme en commençant par Pond, les australiens livrent 9, bruyant et dansant à la fois. Plus transeux, les doux dingues Snapped Ankles n’en finissent pas de dénoncer la situation dramatique des forêts à coup de post-punk échevelé et cosmique dans Forest of your problems. Restons dans le végétal hallucinogène avec le psyché The Jungle où les montréalais Plants and Animals continuent leur exploration de multiples influences liées au rock dans ce cinquième album court mais passionnant. Le rock psyché/kraut toujours à l’honneur avec le délicieux Mandatory Enjoyment des tout jeunes californiens Dummy, pour les amateurs de Stereolab (encore eux !).

Avec Sympathy for Life, Parquet Courts fait un retour attendu, s’éloignant toujours plus de ses origines post-punk pour s’orienter vers le rock psyché et des ambiances ensoleillées refroidies tout de même par l’utilisation de la reverb’. Ambiance glaciale en revanche pour Black Marble et leur synth wave dansante, leur quatrième album, Fast Idol, nous promène dans des ambiances de club un peu tristes qui font agréablement penser à John Maus. Encore plus clubbing, la techno pop du début d’Astro Tough d’Audiobooks vous fera danser jusqu’à l’aube avant de vous plonger dans une matinée de brouillard avec un rock qui sonne très no wave new yorkais.

Deux nouveautés qui devraient vous brutaliser car le metal fait une timide apparition dans notre fonds avec le très dense et anxiogène album Garden of Burning Apparitions du groupe de grindcore américain Full of Hell. Toujours plus de bruit avec le noise rock jubilatoire des anglais Part Chimp et le bien remuant Drool. Pour un peu plus de douceur mais toujours du bruit blanc à la Jesus & Mary Chain, vous vous frotterez au deuxième album des parisiens de Bryan’s Magic Tears, Vacuum Sealed.

La grâce et la douceur avec de superbes voix féminines sont au programme de notre sélection folk, au premier rang duquel se trouve l’étoile Shannon Lay et son Geist. La folk soul d’Anna Leone modernise le genre quand la folk plus traditionnelle aux accents country de Le Ren rassure.

En pop indé plus classique et bien faite, vous retrouverez entre pop et folk la montréalaise Ada Lea et son très nineties One hand on the steering wheel the other sewing a garden ainsi que les californiens de Hand Habits et leur sensible Fun House. Arthur Satàn quitte un instant le groupe de garage bordelais JC Satàn pour s’adonner à une pop plus intime et hommage aux années 60, avec So Far so Good. Enfin, Holy Hive et LoneLady viendront se poser à vos oreilles comme une cerise sur le gâteau.

Comme pour couronner le tout, le roi David Bowie se voit gratifié d’un album hommage avec la crème de la pop moderne.

Musique classique et contemporaine

En musique instrumentale, nous vous proposons Martinů – Violin Concertos & Bartók – Sonata for Solo Violin interprété par l’un des violonistes les plus importants du moment et en liste pour le Grammophone Award 2021, Frans Peter Zimmermann. Concernant les duos, il y a tout d’abord le duo pour piano et violoncelle consacré à Kodaly et Dvorak où l’influence de la musique traditionnelle de l’Est se déploie dans un enregistrement chez Alpha proposé par le directeur artistique du festival de Lockenhaus, Nicolas Altstaedt. Puis, vous pourrez découvrir la musique pour piano et violon de la compositrice romantique Louise Farrenc qui remporta l’admiration du couple Clara-Robert Schumann. Enfin, gros programme avec un disque de 2h30 consacré à Matthias Pintscher à la tête de l’Ensemble Intercontemporain, Nemeton donne un excellent panorama de l’œuvre de ce compositeur contemporain désormais incontournable.

En musique symphonique, c’est avec un beau projet que se fêtent les 81 ans de Christoph Eschenbach, toujours à la tête du Konzerthausorchester Berlin, pour une intégrale des Symphonies de Johannes Brahms.

Enfin, en musique vocale, vous pourrez redécouvrir la réédition de l’incontournable disque La Pellegrina : intermedii 1589 dirigé par Skip Sempé, pièce de théâtre lyrique italienne de Girolamo Bargagli, célèbre pour avoir été représentée lors des somptueuses festivités nuptiales de Ferdinand Ier de Médicis et Christine de Lorraine en 1589 à Florence, et qui fut probablement le divertissement le plus important du XVIe siècle en Italie. Toujours en Italie, voici un très beau disque assuré par la Guilde des mercenaires et Adrien Mabire consacré à Giovanno Gabrielli, Gloria a Venezia ! ne porte pas très bien son nom en étant plus délicat que triomphal. Vous retrouverez un récital de la mezzo-soprano Marianne Crebassa qui met ici à l’honneur ses origines et la musique espagnole avec Seguedilles. Les opérettes et les années 20 sont sur le devant de la scène dans notre sélection avec la comédie musicale Passionnément d’André Messager avec la toujours parfaite Véronique Gens et Le Diable à Paris de Maurice Lattès, dénichée par la compagnie des Frivolités Parisiennes qui livre une version enjouée de cette œuvre rare, au confluent de la musique savante et du jazz-band.

Musiques électroniques

Roman Flügel livre sur Eating darkness une production deep house au son cristallin.

Avec Together in Static, pensé pendant le confinement pour une série de concerts intimistes dans une église, le producteur anglais Daniel Avery nous offre un album lumineux qui oscille avec succès entre ambient et techno, habile façon d’exorciser le sentiment d’impuissance caractérisé de l’époque. Magistral.

Dans le même registre, le mystérieux Abul Mogard signe sur And we are passing through silently une série de remixes parfaite pour vos séances de méditation. Pour les adeptes de la note tenue.

La Fabric ajoute le producteur allemand Danilo Plessow à son catalogue pour un mix electro-jazz des plus inspirés, tandis que l’écurie Warp réédite Feed Me Weird Things, pour le 25e anniversaire de ce classique made by Squarepusher.

Sonorités mutantes et cotonneuses sur Reflection, le nouveau Loraine James, un travail introspectif mené à grand coup de glitchs.

Il n’y a pas d’heure pour découvrir le mancunien Andy Stott, qui continue dans Never the right time d’explorer son sillon post-club. Beau tapis de sonorités lo-fi pour errance nostalgique.

Le duo electro-post-punk Nova Materia s’aventure loin des villes, et propose avec XPUJIL une plongée hallucinée dans la jungle du Yucatan, sur la mythique collection Made to measure.

Exercice d’immersion aussi pour Para One qui après 9 ans de silence, revient avec Spectre : Machines of loving grace, album concept doublé d’un film sorti le mois dernier.

Library music et musique de films

En Library music Space Oddities nous gâte ces derniers temps avec  Sauveur Mallia (1979-1984) musicien de studio français des 70’s qui en dehors de ses collaborations à la variété du moment et de quelques jingles tv, radio, composa pas moins de 120 albums pour son propre plaisir développant un univers précurseur des musiques électroniques actuelles.

Evasion de Dominique André, chef décorateur au cinéma, musicien autodidacte véritable alchimiste qui aborda la musique comme un décor expérimental de façon artisanale et confidentielle puisqu’en dehors d’une BO il s’agit là de son seul disque, réédité pour notre plus grand plaisir.

Des pièces rares dans ce deuxième volume de Mémoire Magnétique (1966-1993) de Bernard Parmegiani issues de ses archives personnelles et d’enregistrements inédits composés pour l’écran ou le spectacle vivant.

Côté musique de film, la BO du joli Kajillionaire de Miranda July sortit entre deux confinements par Emile Mosseri  avec une reprise de Mr Lonely de Bobby Vinton par Angel Olsen qui donne le ton au reste de l’album, beau, très beau.

En dehors de son immense talent, est-ce sa rapidité d’écriture qui permit à Georges Delerue d’être aussi prolifique ? Environ 350 musiques de films au compteur dont un extrait ici sur cette courte période de 1959 à 1962 où il ne compose pas moins de 12 musiques dont les incontournables Jules et Jim, Tirez sur le pianiste, Hiroshima mon amour mais aussi d’autres un peu moins connu comme Le Bel âge ou Jusqu’au bout du monde de François Villiers pour ne citer que ces deux-là.

Musiques inclassables et expérimentales

Ce mois-ci encore, le fonds de musiques inclassables se retrouve considérablement étoffé avec une sélection variée mais toujours surprenante. Dans la veine néo-classique mais torturée, il y a la compositrice canadienne Sarah Davachi qui explore le mysticisme des harmoniques (sons qui résonnent doucement dans chaque note jouée) et la musique spectrale, Antiphonals est une œuvre dans le prolongement du travail d’Eliane Radigue. Il y a également l’artiste américaine Lingua Ignota qui, après son sublime Caligula en 2019, revient avec Sinner Get Ready. Sa musique est autant influencée par la musique médiévale et les techniques vocales afférentes que par les musiques extrêmes. On ne pouvait pas prendre son disque sans celui de son compagnon, Alexis Marshall. Le frontman de l’incroyable groupe de noise rock industriel Daughters s’est affranchi pour composer un disque très personnel nourri de son spoken word toujours angoissé et d’arrangements tortueux. Dans une tonalité industrielle également, vous retrouverez le super trio à voix, synthés, batterie horizontale, Rien Virgule, qui a su rebondir malgré la disparition d’un de leur membre. De La consolation des violettes se dessine un chemin électronique cathartique. Dans la série Made To Measure du label Crammed Discs, particulièrement suivie ici, le numéro 46 est consacré au retour inespéré du collectif Aquaserge qui rend hommage aux compositeurs Varèse, Scelsi, Feldman et Ligeti. Enfin, le chercheur en informatique au GRM Matthias Puech nous invite dans son étrange géographie, faite d’enregistrements de terrains naturels et de drone music.

Chanson française

La chanson à texte est à l’honneur ce mois-ci avec la réédition d’une compilation de Julos Beaucarne, chanteur à texte belge disparu en septembre dernier, et le disque hommage de Yolande Moreau et François Morel à Brassens. Alex Beaupain revisite quant à lui Love on the beat de Gainsbourg avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France. A noter également le retour de Pauline Croze et la pop-rock d’Emilie Marsh et Pharaon de Winter, ainsi que le deuxième disque de Bonbon Vodou, qui marie joyeusement chanson, sega et maloya réunionnais.

World music

Polyglotte également l’ancienne comparse d’Angélique Ionatos Katerina Fotinaki, qui navigue entre la langue française, le grec et l’anglais, ainsi que la folk-pop du musicien carioca Rodrigo Amarante.

Un pied en Afrique et l’autre en Amérique à l’instar de Pat Kalla et son groove afro-tropical, le groupe Kondi Band réunit quant à lui un joueur de piano à pouces sierra-léonais et un producteur electro originaire de Los Angeles, accompagnés pour leur deuxième album du musicien Londonien Will Horrocks.

Du côté du monde arabo-berbère, deux disques ce mois : celui du groupe de rock gnawa et chaabi Djmawi Africa ainsi que la nouvelle compil de l’excellent label Habibi Funk. Signalons enfin cette autre compilation tout aussi alléchante et qui offre un panorama de la diversité musicale japonaise.

La playlist du mois est disponible sur SpotifyYouTubeet Deezer.
Bonne écoute !

Une réflexion sur “MUSIQUE : les nouveautés de décembre 2021

  1. Bonjour,
    Je me demandais si vous aviez les 3 disques de la trilogie
    GEOMETRIES SOUS-CUTANEES, INTRICATIONS QUANTIQUES et ERRANCES FRACTALES.
    J’ai comme grossiste médiathèques : GAM, CVS et RDM VIDEO
    Je peux aussi vous les faire parvenir directement et vous adresser des visuels, une bio et une revue de presse si vous me donnez une adresse e-mail.
    Merci par avance
    Catherine WATINE
    06 85 94 31 47

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