Collections/Fonds patrimonial Heure Joyeuse

L’Original de la semaine : escapade à l’île d’Oléron avec André Hellé

  • Page de titre et ensembles des planches constituant cet ensemble unique

Pour terminer la découverte des ouvrages et manuscrits d’exception signés André Hellé dans nos collections, en route pour La maison des aïeules, signé de Pierre Loti. Le fonds patrimonial Heure joyeuse en a récemment acquis un exemplaire unique, sur japon, complété d’un tirage sur chine de toutes les planches en noir, et surtout des 77 planches originales mises en couleur à l’aquarelle par l’artiste (les images de la visionneuse montrent des exemples de ces trois séries). Un autre exemplaire plus courant (n° 65/302) du titre est par ailleurs disponible dans les collections. Vous pouvez enfin retrouver dans Gallica l’exemplaire numérisé des collections de la BnF si vous souhaitez découvrir en ligne l’intégralité des dessins et des textes.

Pierre Loti écrit La maison des aïeules en avril 1899, l’année même où il rachète cette demeure familiale oléronaise vendue en 1834. Lui-même n’y a jamais vécu par la suite, mais il y repose, conformément à ses dernières volontés. Enfant, Pierre Loti a passé des vacances à Saint Pierre d’Oléron. Cette maison est le théâtre de plusieurs de ses livres. C’est un lieu imprégné de la mémoire familiale et du passé protestant de ses ancêtres, fuyant les persécutions après la révocation de l’Édit de Nantes.

Pierre Loti raconte à la première personne ses souvenirs d’enfant liés à « la maison de l’île ». Il narre son retour dans la maison et la découverte qu’en fait son propre fils, âgé de dix ans, sous un ciel pluvieux. Il redonne ainsi vie aux matriarches, ces « aïeules » du titre, et dit aussi toute la nostalgie mélancolique que lui inspirent ces lieux.

  • Pages et planches originales correspondantes montrant le trajet sous la pluie, les personnages aux coiffes charentaises abrités sous de larges parapluies bleus

André Hellé restitue des vues fidèles de la végétation luxuriante du jardin et de l’architecture oléronaise, avec ses maisons basses, passées à la chaux, aux volets verts. Il nous invite à une promenade sous de grands parapluies, avant que le soleil s’impose à nouveau.

Les hachures au trait répondent précisément au texte qui décrit les émotions enfouies affleurant au cours de ce pèlerinage, « à travers des vitres rayées de pluie ». C’est comme une buée sur les paysages colorés en douceur par l’aquarelle, métaphore des souvenirs enfouis et un peu nébuleux du jeune enfant. Loti convoque même des anecdotes de l’enfance de sa propre mère, à partir de son prénom gravé sur la vitre d’une chambre et épargné par le temps.

  • double page 52-53 et planche aquarellée de la page 53

Ce premier récit est suivi par une autre anecdote, Mademoiselle Anna très humble poupée. C’est un autre souvenir de tout petit garçon que raconte Loti, qui à la vue des coiffes traditionnelles des femmes oléronaises se remémore celle de sa nourrice, Suzette. La vieille femme lui avait confectionné une poupée de chiffon habillée comme elle. Loti conserva toute sa vie cette « relique », avec laquelle il demanda à être inhumé. André Hellé, illustrateur célèbre pour ses albums figurant des joujoux, immortalise ainsi l’humble Mademoiselle Anna, dont le visage avait été peint par le père de Loti.

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