Histoire

Photo médiathèque Françoise Sagan

HISTOIRE DU CARRE SAINT-LAZARE

Dans le 10e arrondissement parisien, à quelques mètres du boulevard Magenta, non loin de la gare de l’Est, se trouve le carré Saint-Lazare qui était anciennement une partie des bâtiments de la prison Saint-Lazare. Ce site historique,  installé entre trois jardins, longé par une ruelle aux allures du Paris d’autrefois, et à l’écart de l’intense circulation du boulevard, garde la trace d’un Paris populaire, social, politique et littéraire. Il s’inscrit dans un ensemble plus vaste dit le clos Saint-Lazare.

Saint Lazare en 1632

Saint Lazare en 1632

Ancienne léproserie bénéficiant de la protection royale, Saint-Lazare est remis à Vincent de Paul qui y installe la Congrégation de la Mission à partir de 1632. Les Lazaristes, nom donné aux frères et aux prêtres de cette congrégation, construisent alors plusieurs bâtiments pour l’accueil des pauvres et le soin des malades dans le faubourg Saint-Laurent, comme l’hôpital des Enfants trouvés ou l’hospice du Saint-Nom-de-Jésus, situé près de l’église Saint-Laurent.

Sous la Révolution, la nuit du 12 au 13 juillet 1789, la Maison Saint-Lazare est pillée, puis mise à la disposition de la Nation par le décret du 2 novembre suivant. Les religieux qui étaient une centaine durent quitter leur convent le 1er septembre 1792, après la suppression des congrégations. Il devient une prison sous le gouvernement révolutionnaire. Le poète André Chénier et le marquis de Sade y furent enfermés. Lors des derniers jours de la Terreur, la « conspiration des prisons », opération d’élimination des prisonniers, y fit 165 victimes. Depuis 1811, c’est un « hôpital-prison » pour femmes dépendant de la Préfecture de police. Lors de la démolition de l’église Saint-Lazare en 1823, l’administration pénitentiaire décide une modernisation : l’architecte Louis-Pierre Baltard, responsable des prisons du département, père du célèbre architecte des Halles de Paris, en a la charge de 1824 à 1834. Il construit en particulier une nouvelle chapelle, organisée de façon à séparer verticalement les différentes « classes » de détenues, et une infirmerie au fond de la 3e cour. Les communardes, Louise Michel ou Nathalie Lemel, des figures romanesques, comme Mata Hari, l’espionne ou Marthe Hanau, la fameuse « banquière » y ont été enfermées.

1912 - La prison Saint Lazare, cour intérieure

1912 – La prison Saint Lazare, cour intérieure

En 1928, le Conseil général de la Seine décide la démolition d’une partie des bâtiments de la maison d’arrêt et de correction. La prison va devenir la Maison de santé Saint-Lazare, destinée aux femmes et à la lutte contre les maladies vénériennes. Le projet de l’architecte Gaston Lefol consiste à réhabiliter l’édifice projeté par Baltard et à construire des bâtiments plus adaptés. Les deux pavillons encadrant la chapelle sont reconstruits, un dispensaire est inauguré. Les aménagements intérieurs répondent aux exigences de circulation des hôpitaux contemporains. L’ensemble des anciens bâtiments est détruit en 1940 et 1941. La Maison de santé Saint-Lazare cesse ses activités en 1955 et devient ensuite l’hôpital Saint-Lazare. Géré par l’assistance publique à partir de 1961, il dépend du groupe hospitalier Lariboisière-Fernand-Widal-Saint-Lazare. Fin 1998, il ferme définitivement ses portes.

Pour en savoir plus :

Le projet de rénovation

Un nouveau projet de réaménagement du carré Saint-Lazare débute à la fin des années 1990. Dès lors, la Mairie de Paris décide d’engager un important plan de restructuration de l’ensemble du site. L’école maternelle de l’architecte Jean-Luc Hesters est inaugurée en 2006. Une crèche et un centre social sont livrés en 2009 par l’atelier Canal (Patrick Rubin et Annie Le Bot). En 2013, est inauguré le gymnase Marie-Paradis dû à Yves Pages et Marie Ferrari.

Projet RDC

Projet RDC

Le projet architectural de la médiathèque a été confié à l’agence Bigoni-Mortemard. La surface totale est de 4.300 m², dont 2.600 ouverts au public, ce qui en fait l’une des plus grandes bibliothèques municipales de Paris, ainsi qu’un jardin intérieur de 1.000 m² inspiré des cloîtres méditerranéens.

Cette médiathèque s’adresse à tous les publics et offre un large éventail de services ainsi que des collections et des supports diversifiés.

De grande capacité, elle offre aux habitants du 10e arrondissement et des quartiers voisins de nouveaux espaces de travail et de convivialité. Les familles y trouvent des espaces pour les jeunes enfants et un accueil adapté, et le partenariat avec les associations et autres partenaires institutionnels vise à créer une dynamique au service des habitants du quartier. Des espaces de travail, des outils numériques importants, complèteront l’offre et permettront une diversification des publics.

Par ailleurs, en rendant à nouveau accessibles au public les collections patrimoniales de la bibliothèque l’heure Joyeuse entreposées provisoirement dans des entrepôts (Plaine Saint Denis), et dont la mission éducative et pédagogique sera poursuivie, c’est un panorama unique de l’édition pour enfants du XVIIIe siècle à nos jours qui sera proposé, associé à des services toujours à la pointe pour le jeune public.

La réalisation de ce programme est l’opportunité de créer une dynamique en réunissant dans un même lieu passé et présent selon un schéma novateur, nourri et éclairé d’une histoire riche d’expériences et de réussites.

Directrice : Viviane Ezratty

Travaux :

  • Début : mars 2012
  • livraison : janvier 2015
  • ouverture :  16 mai 2015
  • maîtrise d’œuvre : Bigoni Mortemard architectes

Projet en chiffres :

  • 3600 m² utiles sur 5 niveaux dont 1 sous-sol de magasins
  • 2500 m² utiles pour le public
  • 800 m² de jardin
  • 200 places assises et 150 places de travail pour le public
  • Salle polyvalente de 130m² et salle d’exposition de 66 m²
  • 50 ordinateurs pour le public
  • 100 000 documents dont 77 000 livres, 10 000 DVD et 13 000 CD pour adultes et jeunesse à terme
  • 65 000 documents patrimoniaux et spécialisés (littérature pour la jeunesse)
  • Fonds particuliers : autoformation ; fonds parents ; salle d’actualité ; fonds historique de livres pour la jeunesse (Heure Joyeuse)
  • 40 agents

 

5 réflexions sur “Histoire

  1. Voulu visiter le jardin de la médiathèque ce dimanche 24 mai à 15 h (second dimanche d’ouverture). Fermé ! Sans la moindre explication ou information sur le site ou sur les panneaux pourtant nombreux qui indiquent tous que le jardin sera ouvert tous les dimanches à partir de 13 h….

  2. Le jardin est déjà envahi par des gens qui ne fréquentent pas la bibliotheque, l utilisent pour dormir ou en espace téléphonique, le rendent bruyant : adieu le havre de paix.
    Par contre le thé à la menthe du distributeur est très bon..à consommer à l interieur uniquement dans un petit espace.
    Les mégots se retrouvent partout, sauf dans les réservoirs prévus pour eux au dessus de poubelle.

  3. Bonjour,

    Excellent article !

    Merci pour ces passionnantes données historiques qui nous font voyager dans le temps.

    J’en profite pour remercier les équipes de la médiathèque pour leur implication et les nombreuses animations & co proposées à tous.

    Continuez ! On adore !

    Amélie

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