Action culturelle

Bla Bla Thé du 2 février 2019

2e édition sur notre nouveau créneau horaire (15h-17h) du premier semestre 2019. Avec Annie L. , Eliane, Violetta, Christiane, Guy, Thierry, Racen et Maxime et Stéphane de l’équipe de la médiathèque.

Le Cherokee de Richard Morgiève. Dernier roman en date (janvier 2019) de ce prolifique auteur (romans, polars, théâtre) et scénariste, l’action du Cherokee se déroule en 1954. Dans un coin reculé du sud-ouest de l’Etat de l’Utah, le shérif du comté de Garfield, Nick Corey, est une nuit directement témoin de scènes qui ouvrent à la fois une enquête fédérale, d’enjeu national, et une trappe vers le puits noir qu’est son passé. Un chasseur Sabre sans pilote et délesté d’une arme tactique nucléaire atterrit par ses seuls moyens apparemment sur une route déserte. Et il retrouve dans les parages un véhicule, lié à une disparition certainement meurtrière. En quelques heures c’est le branle-bas de combat. L’USAF et le FBI se déploient sur le terrain. Ces hommes et leurs actions ébranlent toute une communauté. En parallèle, les indices se précisent quant à une probable et inquiétante réapparition du tueur en série qui a, par le passé, changé à jamais le destin familial et personnel du shérif Nick Corey. Sur les Hautes Plaines, c’en est fini du purgatoire hors du siècle voulu par Nick Corey. Il doit mener une chasse à l’homme, doublement, et éviter de devenir gibier lui-même tandis que le fragile équilibre moral qu’il était parvenu à trouver cède et qu’il se retrouve charrié par des flots diaboliques. « Un roman américain écrit avec une verve typiquement française, celle des Frédéric Dard, Franz Bartelt, Michel Audiard même. Il y a une formule qui claque presque à chaque ligne. Beaucoup d’action et de violence aussi, je me suis régalé. Une future acquisition des bibliothèques. » Par STEPHANE.

L’hôtel des barreaux gris de Curtis Dawkins. Il s’agit de la première publication de Curtis Dawkins., un ensemble de 14 récits de la qualité des meilleures nouvelles. L’hôtel des barreaux gris est une prison, celle où est enfermé depuis 15 ans et jusqu’à la fin de ses jours, l’auteur suite à un fait divers sordide : il a tué un homme dans un braquage minable en 2004 et a été condamné à perpétuité. Diplômé en écriture, il s’est mis à écrire et a été publié dans des revues avant d’être repéré par un grand éditeur américain. Celui-ci lui a promis 150.000 dollars que l’administration du Trésor a voulu saisir pour l’essentiel afin de rembourser une partie de ses frais de détention. Les récits sont plein de justesse mélancolique et d’humanité, tristes et drôles à la fois, et insistent sur le pire ennemi des détenus : l’ennui et le manque de perspectives. « Le miroir du système pénitentiaire américain contemporain qui enferme des centaines de milliers de personnes chaque année. Les personnages sont nombreux et très réalistes, avec leurs problèmes psychologiques ou d’addiction, les pensées qui les ramènent vers le monde au delà des barreaux. Un aperçu sur le quotidien écrasant de types qui essaient de rester quelqu’un. Implacable et touchant. Encore une future acquisition des bibliothèques. » Par STEPHANE

Murena de Jean Dufaux et Philippe Delaby. Il s’agit d’une série BD en 10 volumes qui décrit le règne de l’empereur Néron dans la Rome antique de 54 à 68 et, en parallèle, l’évolution du héros éponyme, Lucius Murena, un jeune patricien au statut social élevé. Le tome 8 Revanche des cendres a obtenu le prix Château-de-Cheverny de la bande dessinée historique lors des Rendez-vous de l’Histoire de Blois en 2011 et certains albums ont été aussi traduits en latin. « Un grand coup de cœur ! Le dessin est somptueux. Tout est magnifique, les scènes, les paysages, les personnages… Chaque vignette est un petit chef d’oeuvre. Le tout repose sur des sources historiques très sérieuses, il y a un vrai travail de documentation. J’ai entendu à la radio l’un des auteurs dire qu’il avait été marqué par les péplums de sa jeunesse. Comme quoi on peut concilier un plaisir d’enfant et un remarquable travail de fiction historique. » Par VIOLETTA

La guerre des pauvres d’Eric Vuillard. Dans ce nouveau récit historique, on suit la trajectoire de Thomas Müntzer et sa révolte contre l’Eglise de Rome dans les années 1520. Contemporain de Luther, il prône lui aussi une réforme radicale de l’église pour la rendre plus proche du peuple. Exalté, il parcourt la Saxe pour répandre son message dans les campagnes, et appeler au soulèvement des paysans opprimés, qui l’entendent si bien qu’ils menacent le pouvoir du clergé et des seigneurs en rejoignant son armée séditieuse. Müntzer, parfois décrit comme un des premiers communistes, finira décapité en 1525.
« Un récit court, lyrique et sec, qui interpelle par sa radicalité. Une histoire de 500 ans d’une étonnante actualité. » Par MAXIME

La Ragazza de Carlo Cassola. Mara est jeune. Mara est belle. Mara a besoin d’aventure. Mais Mara vit son adolescence dans un petit village de Toscane, après la deuxième Guerre Mondiale. La providence va mettre Arturo sur son chemin, jeune partisan compagnon de son frère Sante, qui lui est tombé sous les balles des fascistes. Les deux jeunes gens vont vivre une histoire d’amour qui les va les émanciper de leur situation, mais tourmentée par les remous politiques d’après-guerre. Publiée pour la première fois en Italie en 1960, le roman a été porté à l’écran par Luigi Comencini avec Claudia Cardinale dans le rôle de Mara.
« La romance est d’apparence assez banale, mais elle prend toute son épaisseur en mêlant l’intime au politique. » Par MAXIME

Green Book : sur les routes du Sud de Peter Farelly. (synopsis) « En 1962, alors que règne la ségrégation, Tony Lip, un videur italo-américain du Bronx, est engagé pour conduire et protéger le Dr Don Shirley, un pianiste noir de renommée mondiale, lors d’une tournée de concerts. Durant leur périple de Manhattan jusqu’au Sud profond, ils s’appuient sur le Green Book pour dénicher les établissements accueillant les personnes de couleur, où l’on ne refusera pas de servir Shirley et où il ne sera ni humilié ni maltraité. Dans un pays où le mouvement des droits civiques commence à se faire entendre, les deux hommes vont être confrontés au pire de l’âme humaine, dont ils se guérissent grâce à leur générosité et leur humour. Ensemble, ils vont devoir dépasser leurs préjugés, oublier ce qu’ils considéraient comme des différences insurmontables, pour découvrir leur humanité commune. « Un aperçu sur la chaîne Brut avec quelques mots d’interview de Viggo Mortensen m’a donné envie de le voir. J’ai beaucoup aimé le traitement subtil, parfois humoristique du sujet. » Par RACEN

Continuer de Joachim Lafosse. Ce film du réalisateur belge avec Virginie Efira est adapté du roman éponyme de Laurent Mauvignier. (synopsis) « Sibylle, mère divorcée, ne supporte plus de voir son fils adolescent sombrer dans une vie violente et vide de sens. Elle va jouer leur va-tout en entraînant Samuel dans un long périple à travers le Kirghizistan. Avec deux chevaux pour seuls compagnons, mère et fils devront affronter un environnement naturel aussi splendide qu’hostile, ses dangers, son peuple… et surtout eux-mêmes ! » « Les critiques ont reproché au film de faire la part trop belle aux paysages d’Asie centrale. Ils sont fabuleux mais, je les trouve personnellement effrayants. Trop de vide. Il y une évidente recherche de lien avec la nature. Ainsi qu’une recherche de lien avec son propre enfant. Les échanges mère-fils sont parfois très violents. Cela m’a fait ressentir le besoin, revenir au livre de Mauvignier pour peut-être retrouver des éléments manquants. Cela ne me dérange pas de lire un livre qui a inspiré un film. En tout cas, je recommande de voir les autres films de Lafosse, Les chevaliers blancs et L’économie du couple« . Par ANNIE L.

Le Messager de Charles Stevenson Wright. Il s’agit du premier tome d’une trilogie consacrée au New York des années 60, d’inspiration autobiographique. Le personnage principal est métis et exerce la profession de coursier au Rockefeller Center pendant la journée et passe ses nuits dans les bas-fonds et dans un monde intellectuel interlope, en faisant des passes quand il est à court d’argent. Il livre en chapitres brefs, en vignettes, des chroniques de Manhattan, et une galerie de portraits saisissante de cette ville où tout se côtoie dans l’indifférence ; prostituées, travestis, arnaqueurs ou gitans, riches habitants. « Un coup de coeur, notamment pour l’empathie manifestée pour tous ces personnages« . Par ANNIE L.

Sur le ciel effondré de Colin Niel. Colin Niel a travaillé en Guyane à la création du Parc amazonien durant plusieurs années. Sa série guyanaise multiprimée, Les Hamacs de carton, Ce qui reste en forêt et Obia met en scène le personnage d’André Anato, un gendarme noir-marron à la recherche de ses origines. En 2017 il publie Seules les bêtes, pour lequel il reçoit le prix Landerneau Polar ainsi que le prix Polar en Séries. Sur le ciel effondré a pour personnage principal l’adjudante Angélique Blakaman qui a obtenu un poste à Maripasoula, dans le Haut-Maroni, là où elle a grandi. Au bord du fleuve, il lui faut supporter de n’être plus la même, une femme que sa mère peine à reconnaître, de vivre aussi dans une ville qui a changé au voisinage des rives du Suriname, avec leurs commerces chinois, leurs dancings et leurs bordels, les filles dont rêvent les garimpeiros qui reviennent des placers aurifères. Et après les derniers spots de vie urbaine s’ouvre la forêt sans bornes vers les mythiques Tumuc-Humac, le territoire des Wayanas, ces Amérindiens qui peu à peu se détachent de leurs traditions, tandis que s’infiltrent partout les évangélistes. C’est là que vit Tapwili Maloko, le seul homme qui met un peu de chaleur dans son cœur de femme. Aussi, lorsque de sombres nouvelles arrivent de Wïlïpuk, son village à plusieurs heures de pirogue, hors de question qu’Angélique ne soit pas de la partie. Pour elle s’engage l’épreuve d’une enquête dans la zone interdite, ainsi qu’on l’appelle parfois. Et pour affronter le pire, son meilleur allié est le capitaine Anato, noir-marron comme elle, et pour elle prêt à enfreindre certaines règles. Avec cette héroïne que ses colères tiennent comme une armure, Colin Niel nous fait entrer dans une Guyane secrète, qui n’a pas tout perdu de ses pouvoirs anciens, lorsque les hommes vivaient auprès des dieux. « C’est passionnant, je l’ai commencé pour ne plus le lâcher. Fini en une journée. C’est une extraordinaire ouverture vers une région méconnue, ses problématiques, son histoire, ses cultures ». Par ANNIE L. « J’abonde dans le sens d’Annie, Colin Niel est un de nos meilleurs auteurs de polars actuels. La Guyane est trop peu connue. C’est un endroit avec une histoire terrible (le bagne), c’est aussi une portion d’Amazonie dans la République française. Quel décor. J’y suis allé deux fois en voyage. Cela m’a donné envie d’en savoir plus sur son histoire et ses peuples. Je recommande  le petit polar plein de moiteur d’Antonin Varenne, CAT 215, (un des meilleurs auteurs de romans d’aventure contemporains) et le récit Aventures en Guyane de Raymond Maufrais, disparu tragiquement dans la jungle guyanaise dans les années 1950. » Par STEPHANE

La lune qui marche avec un bâton de Christian Birgin. (4e de couv.) « Quand le sage décide de voyager à travers le monde, la lune le contemple, immobile dans le ciel. Quand il se repose, la lune prend son bâton et marche dans le ciel. A sa manière, ce récit initiatique de Christian Birgin invite à voir l’infini caché au-delà des êtres et des choses, la vie comme une barque emportée par les courants et guidée par l’espérance. Que cherche le jeune Xuan, en quittant son village pour naviguer en barque sur le fleuve ? Où trouver la vérité du monde ? Chez le vénérable Yu-Leun, qui passait son temps à scruter les étoiles ; dans les propos de Han le solitaire pour qui le monde est une fleur qui tarde à s’ouvrir, ou dans le signe que trace Hua devenu aveugle ? A travers ce conte, où chaque rencontre est une leçon de vie, nous suivons Xuan dans son voyage, sa rencontre avec les femmes, les pêcheurs, ou le vieux juge, près de la Grande Muraille, montagne de pierre et de pleurs, sur laquelle viennent s’échouer les rêves.  » Où trouver la sagesse, si ce n’est dans un brin d’herbe courbé par le vent ?  » « Ce conte d’inspiration chinoise est de toute beauté. Très très bien, très très beau. Il s’en dégage toute une philosophie de la vie« . Par ELIANE

Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas : souvenirs de Paul Veyne. Ce prolifique spécialiste de l’Antiquité romaine né en 1930 raconte son enfance dans la petite bourgeoisie provençale. Il se rêvait cultivé. Il trouve un jour une amphore romaine près de Cavaillon. Cela bouleversera sa vie. Plus tard il fait son entrée au Collège de France. Il raconte aussi ses amitiés de jeunesse qui lui font rencontrer les plus grands intellectuels du XXe siècle (Michel Foucault, Raymond Aron, René Char dont il fut l’ami proche), sa retraite de villageois solitaire, son goût pour la poésie, sa passion pour l’alpinisme, son scepticisme radical – ce qui ne l’empêchera pas de ressentir des extases mystiques – ses blessures secrètes liés à son physique ou ses drames personnels. « C’est une vie riche au sens exact du terme qui nous est exposée, j’ai trouvé très intéressant son parcours, ses amitiés mais j’ai surtout beaucoup aimé tous ces formidables rebonds d’existence. » Par ELIANE

Interrompus malgré deux heures d’échanges, tous les participants n’ont pu évoquer leurs derniers plaisirs de lecture. Ils ont promis de revenir le mois prochain. Quittons-nous avec cette belle phrase, donnée par Eliane, friande de poésie : « A quoi peut-on comparer la vie ? A une goutte de rosée secouée du bec de l’oiseau aquatique où se mire le reflet de la vie« .

Prochain rdv le samedi 2 mars de 15h à 17h au 4e étage. Venez nombreux.

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