Action culturelle

Bla Bla Thé (à distance) de décembre 2020

Je serais folle de vous si je ne l’étais d’un autre. Correspondance d’Eugène Delacroix et George Sand. « Entre l’écrivaine et le peintre, la longue évolution  d’une amitié solide se dévoile dans un échange de lettres le plus souvent brèves et directes, depuis leur rencontre en 1834 (quand le peintre reçoit commande d’un portrait de George Sand par une revue dans laquelle elle écrit) jusqu’à 1863 (date de la mort de Delacroix). Ce livre révèle  tout un pan de la vie  des deux protagonistes, artistes aux personnalités très différentes évoluant de la jeunesse à l’âge mur; il  éclaire sur leurs créations en cours de réalisation, leur façon de travailler, leurs opinions, leurs espoirs et et échecs. Et il fait connaître leur regard sur une partie du 19ème siècle, ses artistes, la vie parisienne du temps,  les relations entre les artistes et les media, les événements politiques de l’époque… Outre ce voyage dans la vie  du 19ème siècle, j’ai beaucoup aimé découvrir la personnalité contrastée et attachante de George Sand. Je la savais bien passionnée; je l’ai découverte généreuse, courageuse, engagée et amie très fidèle.  En plus du plaisir de la lecture, l’ouvrage m’a donné envie de voir ou revoir les oeuvres de Delacroix mentionnées dans les lettres et de refaire un tour (quand ce voyage sera possible…) dans la propriété de Nohant, où George Sand séjournait une grande partie de l’année, et ou Chop (surnom de Frédéric dans les lettres) a beaucoup composé. » Par CATHERINE

Cinq conférences d’André Maurois sur George Sand (en replay sur France Culture). « En 1950 l’écrivain  André Maurois était très célèbre. Cette année-là  il a  fait 5 conférences sur George Sand (dont il est aussi biographe). Elles ont été retransmises tout récemment sur France Culture. Le but avoué du conférencier  : faire connaître et aimer cette femme, dont la vie est replacée dans un large contexte. L’écoute des émissions m’a passionnée de bout en bout. Pour moi, Maurois a parfaitement atteint son but, tout en m’enrichissant un peu de sa profonde culture. Cet auteur a écrit diverses biographies; je n’en ai lu aucune mais je crois que leur lecture devrait aussi être très intéressante… » Par CATHERINE

Prodigieuses créatures de Tracy Chevalier. « J’ai déjà lu des livres de cet auteur dont « La jeune fille à la perle » qui fait référence au célèbre tableau de Vermeer et je les ai tous bien aimés. Elle a le don de mélanger une histoire réelle avec des éléments de fiction. Dans celui-ci nous sommes au début du 19ème siècle dans le sud de l’Angleterre dans une petite ville au bord de la mer. Une jeune fille, Mary Anning, passe le plus clair de son temps à la plage à la recherche de fossiles qui sortent de l’ordinaire et les vend ensuite pour aider sa famille (ce sont des gens très pauvres). Un jour, elle découvre, enseveli dans la roche, un animal qui ressemble à un crocodile (une prodigieuse créature). Elle va se prendre de passion pour cette découverte et n’aura de cesse d’en découvrir d’autres (notamment une autre qui ressemble fort à une tortue). En fait, ces animaux sont des animaux préhistoriques mais Mary ne le sait pas. Elle va se lier d’amitié avec une jeune femme, Elisabeth, qui vit dans la petite ville avec ses 2 soeurs et qui est passionnée elle par les fossiles mais plutôt les poissons. Elisabeth, qui est d’un bon milieu, aidera Mary à faire reconnaître par les scientifiques de l’époque ses découvertes mais ce sera difficile car à cette époque les femmes sont peu écoutées et peu considérées (cf le courrier que l’assistant de Cuvier lui envoie). Mary poursuivra toute sa vie ses recherches et fera des découvertes importantes. Certains des fossiles qu’elle a trouvés sont d’ailleurs exposés au Muséum d’histoire naturelle de Paris. Même si au départ, le thème des fossiles ne me branchait pas beaucoup (sans doute mon côté citadin), je me suis prise au jeu de la quête de cette jeune fille, de ses déceptions, de ses enthousiasmes lorsqu’elle trouve des « prodigieuses créatures », du temps qu’elle consacre à les nettoyer et à les remettre en état pour les rendre présentables. Bien sûr, des hommes peu scrupuleux essaieront de la rouler en lui achetant à bas prix ses trouvailles mais sa mère et Elisabeth veillent afin que justice lui soit rendue. Ce livre met également en valeur la belle histoire d’amitié qui lit Mary et Elisabeth et qui sera plus forte que la jalousie qu’elles connaîtront l’une envers l’autre pour l’amour d’un homme. » Par FABIENNE

Belle d’amour de Franz-Olivier Giesbert. « Premier livre que je lis de cet auteur. Roman médiéval qui se passe au temps du roi Louis IX, dit Saint Louis. Après le meurtre de ses parents condamnés pour hérésie, Thiphaine Marvejols (alias Belle d’Amour) se rend à Paris où elle travaillera comme pâtissière chez sa tante. Au décès de cette dernière, elle tombera sous la coupe d’un homme et de ses 4 fils sans scrupules, violents dans tous les sens du terme. Pour échapper à cette servitude, elle deviendra l’assistante du bourreau dont elle tombera amoureuse. Tous les deux s’embarqueront aux côtés du roi pour la Terre Sainte, le suivront et le serviront au cours des différentes croisades qu’il va mener. A travers l’histoire de Belle d’Amour), nous découvrons d’abord la vie à Paris au Moyen-âge, la place des femmes (certaines tiennent des boutiques), d’autres sont « femmes au foyer » avec une marmaille d’enfants dont beaucoup décèdent en bas âge. Les hommes n’ont pas le beau rôle mais cela reflète bien l’époque. Puis il est essentiellement question des croisades, violentes et barbares des deux côtés, chaque clan défendant sa religion et ses croyances. Le personnage de Tiphaine est attachant ; elle a envie de sortir de sa condition de femme soumise (elle devra vaincre de nombreux obstacles) c’est une grande amoureuse. Ce qui m’a dérangé ce sont les 3 chapitres insérés au milieu de l’histoire et qui se passent à notre époque. Ils permettent à l’auteur de nous livrer son opinion sur les religions et les attentats que nous connaissons aujourd’hui. Pour moi, cela casse le rythme de l’histoire. A part cela, une belle découverte. » Par FABIENNE

La vie, après d’Antoine Leiris. « Voilà un livre qui porte bien son nom puisque nous retrouvons Antoine Leiris 4 ans après les attentats du 13 septembre 2015 dans lesquels Hélène, sa femme, a perdu la vie, le laissant seul avec leur fils Melvil âgé de 17 mois. (précédent ouvrage « Vous n’aurez pas ma haine »). Dans ce récit, Antoine raconte comment il essaie de poursuivre sa vie pour lui et son fils : être un bon papa, s’adapter aux rythmes de Melvil (la crèche, la nounou), faire face aux maladies de Melvil, à ses colères, ses caprices sans tout lui céder, bien tenir la maison. Et puis, vient le moment où il faut trier les affaires d’Hélène et choisir ce qu’il convient de garder comme souvenirs pour Melvil et pour lui. Tout est difficile et ramène aux jours heureux. Antoine entreprend alors un « voyage » avec Melvil pour lui faire découvrir les lieux de son enfance, lui parler de ses grands-parents décédés, de sa rencontre avec Hélène et de leur joie immense à sa naissance. Antoine a conscience qu’il doit se libérer du passé même s’il ne l’oubliera pas ; avec Melvil ils ont tout le reste « le vivant ». Mais Antoine évoque aussi la difficulté à nouer une relation avec une femme ; il n’est pas encore prêt (des avancées, des reculs, des ruptures).  Difficile de laisser entrer une personne dans sa vie et celle de Melvil. Comme dans son premier livre, Antoine Leiris est toujours digne, touchant dans ses questionnements et pudique. « Se dire qu’il (Melvil) a une vie à lui et qu’elle vient de commencer. La mienne aussi a repris. Les fantômes ont leur place, ils n’errent plus dans mon esprit et ne hantent plus notre maison. Ils peuplent notre famille » ainsi se termine ce livre sur une note optimiste. » Par FABIENNE

Femmes sans merci de Camilla Läckberg. La reine du polar suédois nous propose un court polar (142 pages). Trois femmes enfermées chacune dans son mariage subissent le comportement de leurs maris. L’une a abandonné sa carrière de journaliste pour se consacrer à sa vie de famille et son mari l’a trompe sans vergogne, la seconde subit des violences conjugales et la troisième qui a rencontré son mari sur un site de rencontre voit sa vie devenir un cauchemar. Sans se connaître, mais grâce à internet et à la vague Me Too, elles vont monter ensemble un plan imparable pour se débarrasser de leurs maris mais sans se faire prendre par la police. Polar rythmé qui va droit au but mais, en raison du peu de pages, laisse de côté la personnalité et la psychologie des différents protagonistes même si ce que l’on sait des maris donne peu envie de les connaître plus. De mon point de vue, ce n’est pas le meilleur livre de Camilla Läckberg mais il se laisse lire un après-midi de confinement. » Par FABIENNE

Tous, sauf moi de Francesca Melandri. « Un ouvrage de presque 600 pages qu’on dévore. Un jeune romaine trouve un jour, en 2010, un jeune Éthiopien, qui se dit être son neveu. C’est toute l’histoire de recherches pour retrouver son identité au sein de la famille Attila Profetti, qui est donc le grand père du jeune homme. On va aussi retrouver l’histoire italienne, la colonisation, les turpitudes de Mussolini, de Khadafi et du Négus. On y retrouve aussi l’Italie actuelle: Berlusconi. On navigue d’une époque à l’autre, au sein de cette famille mais aussi au sein de la société italienne, sans pouvoir s’en détacher. » Par ANNIE P.

Oh ! pardon tu dormais… de Jane Birkin. « Je continue mon échappée musicale à travers le dernier album de Jane Birkin dans lequel elle a demandé à Etienne Daho de mettre en musique ses textes extraits de son journal intime. J’aime beaucoup la touche musicale apportée par E. Daho, il en ressort une grande sensibilité, une grande harmonie parfois même une grande violence pour retranscrire le thème de la chanson, pour encenser les mots. J’ai découvert l’univers musical de Jane Birkin à travers les albums que je prenais en médiathèque afin de percevoir les artistes autrement que dans les « tubes » inondant nos ondes radiophoniques. J’ai aimé l’album « Arabesque » en raison de ses mélodies orientales (Derbouka/luth/violon du virtuose Djamel Benyelles), l’album « A la légère » pour la chanson « Plus loin de ta rue » et l’album  « Rendez-vous » pour les duos dont celui de Jane & Souchon dans « Palais royal » et de Jane & Françoise Hardy dans  « Surannée ». Par ANNIE L.

Massacre à la tronçonneuse de Thierry Gadault et Hugues Demeude. Les forêts recouvrent 31% de notre territoire, soit près de 17 millions d’hectares. Un patrimoine considérable aujourd’hui en grande détresse : sécheresses à répétition, attaques parasitaires sans précédent, risques d’incendie de grande ampleur, mais aussi morcellement de la propriété et industrialisation à marche forcée… À l’heure où les enjeux environnementaux et la protection de la biodiversité sont plus que jamais d’actualité, l’État a progressivement abandonné la forêt française aux seuls intérêts privés. En témoignent la faillite de l’Office national des forêts et son démantèlement organisé pour des raisons budgétaires. Au fil d’une enquête inédite et très documentée, les auteurs dénoncent les mécanismes à l’œuvre dans la fragilisation de nos forêts et la responsabilité de nos dirigeants, qui ont fait le choix du profit à tout prix, plutôt que de la préservation de ce bien commun. Ils montrent aussi qu’une autre sylviculture, inspirée des processus naturels, est possible pour inventer les forêts de demain (4e de couv). « Il n’est rien de dire que notre environnement est danger. L’enquête de ces deux journalistes d’investigation dresse un constat sans appel. On y apprend beaucoup sur les forces et les maux de nos forêts et on s’inquiète des choix politiques et économiques dominants (recherche du profit à court terme, abandon d’un volontarisme public…). Un livre qui donne envie de combattre pour une autre façon de penser et de faire. Vite. » Par STEPHANE

Merci à vous. Bonne fin d’année. Rendez-vous en janvier 2021.

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