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MUSIQUE : les nouveautés de mai 2022

Tous les deux mois, la revue des nouveaux arrivages côté musique.

La crise que traverse l’industrie du vinyle, faute de matières premières n’est pas encore derrière nous mais qu’importe : une bonne part de cette sélection est consacrée aux nombreux et incontournables vinyles fraîchement arrivés dans nos bacs – signalés par un (V) dans cet article.

La playlist de notre sélection est comme toujours disponible sur SpotifyYouTube, et Deezer.

Bonne lecture !

Jazz

Le label Warp, plus connu pour avoir ouvert de nouveaux horizons à la musique électronique, continue de nous surprendre en signant un splendide album jazz composé par Nala Sinephro, toute jeune harpiste belge basée à Londres. Magnifique de bout en bout, ce Space 1.8 est placé sous la bonne étoile de l’esprit novateur et aventureux cher à Alice et John Coltrane.

Moins expérimental mais plus expérimenté, le trio formé depuis 20 ans par Andy Emler, Claude Tchamitchian et Éric Échampard revient en force et en forme avec The Useful Report. Un disque à l’énergie très rock par sa batterie percutante, qui emprunte aussi à la musique contemporaine avec un piano minimal et inspiré. Où est le jazz ? Quelque part dans cette belle alchimie.

À signaler aussi, le premier album du photographe et réalisateur de documentaires Oan Kim & the Dirty Jazz, aussi élégant que cinématographique.

Soul – Rap

Pour le troisième volet, groovy, de son projet Black Radio, le pianiste Robert Glasper multiplie les featurings de choix (Q-Tip, Killer Mike, Esperanza Spalding, Ty Dolla $ign, …). Que de bonnes ondes placées sous le signe de l’amour et de la résistance.

En contrepoint de ce trop plein d’optimisme, on vous recommande les 1200 mètres en tout, nouvel album rap sauce club du trio Odezenne. 1200 mètres comme un voyage intérieur en 16 titres, de spleen noir et inspiré, d’autodérision fatiguée. À écouter seul la nuit dans Paris, avant d’aller se jeter dans le canal.

Avant de se spécialiser dans l’art de sombrer tout seul – et la sneakerophilie compulsive, Kanye West était un grand producteur. Son dixième album Donda, nommé ainsi en en hommage à sa mère disparue, est un condensé intéressant de ce qu’il a pu réaliser de beau : ce si particulier rap d’avant-garde qui mêle groove et chant sacré.

Pop

Vous cherchez un disque pop classique et classieux, réconfortant et qu’on a envie de mettre en conduisant seul sur une route de campagne ? Il est tout trouvé avec Summer At Land’s End. Le californien Glenn Donaldson, alias The Reds, Pinks & Purples, réchauffe une pointe de tristesse inconsolable avec un disque au climat caressant comme un soleil de printemps. L’ambiance californienne se décline avec la suite. Vous souvenez-vous de Galaxie 500 et de leur décisif On Fire, un des plus beaux disques des années 80 ? Leur leader Dean Wareham fait un retour peu remarqué mais pas moins digne de sa fantastique discographie. I Have Nothing To Say To The Mayor Of L.A. est toutefois très différent car l’influence californienne y est prépondérante, ce qui donne à ce disque un charme fou.

Après trois ans de persévérance pour faire parvenir Black Condensed (V) de Perio dans le réseau parisien, victoire ! Pourquoi un tel acharnement ? parce que c’est un disque parfait, entre pop légère et rock incandescent, que cette musique est faite autant avec la tête qu’avec le corps. Toute la galaxie Lithium, label nantais incontournable des années 90 ayant fait émerger Dominique A, Diabologum ou encore Mendelson, vieillit très bien et Perio en est un exemple éclatant. Plus personnel et plus sophistiqué, Black Condensed est leur plus beau disque.

Un disque passé sous nos radars et sorti l’année dernière Black Metal 2 n’a rien à voir avec son nom. Après Black Metal en 2014, le londonien Dean Blunt reprend sa suite pour un voyage de 25 minutes à travers les genres, fusionnant hip-hop et rock, dans un esprit proche de celui de King Krule. Encore un disque qui nous convainc que les années 2010-2020 sont décidément excitantes concernant la pop, mixant genres, époques, instruments électroniques et analogiques ainsi que techniques de production. De son côté, Cate le Bon succombe aux sirènes des années 80 en amenant son art pop lorgner du côté de la new wave, du DX7 et du saxophone. Mais attention, Pompeii n’a rien de pompier et prouve encore la justesse et la finesse de composition de la galloise.

Folk

Le folk peut paraître un genre immuable, il est pourtant inépuisable. La canadienne Myriam Gendron le démontre avec brio. Ma délire, Songs for love, lost & found navigue entre les langues anglaise et française, quelque part entre Joni Mitchell et Françoise Hardy. La force de ce disque est dans sa fausse simplicité où les arpèges de guitare acoustique peuvent se frotter à des drones et des sons d’objets, d’insectes, d’oiseaux, incarnant les mots dans une bouleversante intimité.

Est-il possible de faire toujours mieux ? Que l’ambition créatrice ne rencontre aucune limite ? Big Thief font partie de ceux qui à chaque disque trouvent la force de nous subjuguer toujours plus. Big Thief c’est l’innocence, l’énergie et l’honnêteté qui l’emportent sur l’esprit de sérieux et la gravité de ce monde. Dragon New Warm Mountain I Believe In You c’est 80 minutes d’une incroyable intensité émotionnelle servie par la voix et l’écriture uniques d’Adrienne Lenker et c’est à la fois un grand disque d’indie rock et un grand disque de country. On ne ressort pas indemne de cette écoute.

Parfois il faut savoir se faire plaisir et c’est ce qu’ont décidé Bill Callahan et Matt Sweeney avec Blind Date Party. À la fois parce que c’est un disque de reprises très personnelles mais aussi parce qu’ils ont demandé à tous les proches musiciens de faire un featuring sur chacune. Alasdair Roberts, Sir Richard Bishop, Ty Segall sont notamment de la partie et s’il y avait une reprise à retenir : Sea Song de Robert Wyatt, époustouflante !

Rock

Vous avez peut-être remarqué le revival nineties américain qui s’opère actuellement. On ne va pas se mentir, il arrive pour notre plus grand plaisir et il est parfois difficile de faire des choix dans la myriade de rééditions de disques tous plus cultes les uns que les autres. Notre choix s’est porté sur la géniale formation de Boston : Come, groupe qui a tourné avec Dinosaur Jr, Sonic Youth et Nirvana. Initialement paru en 1994, Don’t Ask Don’t Tell mélange le blues rock et la dissonance du rock alternatif de l’époque et se démarque par la présence magnétique de la voix si spéciale de Thalia Zedek.

Sorti il y a quelques mois, il est enfin dans nos bacs ! Springtime réunit Gareth Liddiard de la tempête noisy rock Tropical Fuck Storm, Chris Abraham de la formation jazz expérimentale The Necks et Jim White du groupe de rock expérimental Dirty Three. De cette réunion résulte bien la somme de ses parties, l’intensité émotionnelle du duo voix-guitare de Gareth Liddiard, la répétitivité virtuose du piano de Chris Abraham et le jeu de batterie libre de Jim White.

Pour leur 15ème anniversaire, le groupe suisse Peter Kernel nous offre avec Perseverance (V) une collection de morceaux de « coulisses » sur un vinyle retraçant leur histoire. Peu connu, le duo formé par Barbara Lehnhoff et Aris Bassetti est pourtant l’un des groupes les plus fascinants de ces dernières années dans la sphère du rock indé.

Metal – Punk

Un disque de metal ce mois-ci avec un groupe qui sort des sentiers battus et propose une forme de black metal bien loin d’être académique. Classé dans le black metal dit atmosphérique, le groupe belge Wiegedood prend un nouveau départ et se transcende avec There’s Always Blood At The End Of The Road où leur musique se fait plus violente, plus empoisonnée, tout en gardant leur ambiance hypnotique. Une claque !

Le milieu du disque entretient parfois la rareté d’une œuvre et on a assisté pendant longtemps à une spéculation importante sur Polaroid/Roman Photo de Ruth. Ces drôles de « jeunes gens modernes » sont à l’origine d’un pilier de la synth wave française qui a influencé de nombreuses formations à sa suite. Dans l’esprit de Jacno en moins bricolo, ce disque est un enchaînement de tubes. Remercions Born Bad Records de rendre la disponibilité de ce disque plus pérenne.

Musique classique et contemporaine

L’altiste plébiscité Antoine Tamestit s’attaque au répertoire du compositeur baroque Georg Philipp Telemann, un pionnier pour avoir donné une si grande importance à l’alto. Tamestit nous fait profiter de son habituelle aisance dans un écrin conçu à sa mesure grâce l’Akademie für Alte Musik Berlin et à une grande qualité d’enregistrement.

Dernière occasion d’écouter l’excellente formation Fitzwilliam String Quartet à la suite du départ de deux de ses membres, cette interprétation des quatuors à cordes tardifs de Franz Schubert est risquée puisque entièrement rejouée avec des instruments anciens et entourée d’un climat austère, assez tranchant. Mais c’est pour mieux aller dans le vif, une version à part pleine d’introspection.

La pianiste Axia Marinescu livre un excellent travail de recherche croisée entre les femmes compositrices françaises et les danses. Les Femmes dansent réunit en effet des répertoires rares avec notamment Louise Farrenc, Mel Bonis, Germaine Tailleferre et Cécile Chaminade. Selon Axia Marinescu : « les femmes compositrices présentes sur ce CD incarnent la liberté d’esprit et de pensée et se sont faites remarquer dans le temps, par l’osmose de la force de caractère et de la douceur, dans un monde où elles faisaient souvent note à part. »

Un disque ambitieux pour la non moins ambitieuse compagnie de musique vocale La Tempête, Hypnos retrace une histoire du chant liturgique à travers les époques du chant ambrosien du XIIe siècle à Olivier Greif avec pour fil conducteur le mythe de Hypnos, le dieu du sommeil. Le souhait de Simon-Pierre Bestion ici était de recréer un office de Requiem, « cette cérémonie accompagnant le passage d’un être vivant vers l’au-delà tout en soutenant l’émotion de ceux qui y assistent. »

À l’occasion du cycle hommage à Iannis Xenakis à la Philharmonie de Paris pour le centenaire de sa naissance, nous ne pouvions passer à côté de cette parution chez Karl Records. Ce coffret en 5 CDs retrace l’intégralité des œuvres électro-acoustiques du compositeur d’avant-garde réunies pour la première fois. Un événement !

Musiques électroniques

Charlotte Adigéry et Bolis Pupul confirment tout le bien qu’on pense d’eux avec Topical Dancer, paru chez Deewee, le label des frères Dewaele, aka Soulwax. Réussi de bout en bout, les 13 titres de l’album déploient une electro-pop savante et dansante, en faisant un sort au racisme et au sexisme, le tout servi par un sens de l’ironie jubilatoire. Un triomphe, merci Charlotte Adigéry !

Le producteur lyonnais Tushen Raï sort un premier EP entêtant chez les bienfaiteurs de Cracki Records, ceux-là qui auront largement contribué à enterrer les étiquettes obsolètes. Drums Circle (V) se situe à cet endroit d’une solide équation entre acid house et psychédélisme turc, qui emprunte beaucoup aux rythmiques orientales. Remarquable.

On s’éloigne du solaire, avec le 124 (V) de Donato Dozzy, qui bénéficie d’une très belle édition chez Tresor, pour les 30 ans de ce label précurseur. Pour les amateurs d’une techno sinueuse, obscure et minimale. Enfin, la révélation récente de qui se cachait derrière le jeune label Cod3 QR (V) a évidemment chatouillé notre curiosité. C’est donc Laurent Garnier et Scan X qui s’amusaient depuis quelque temps à sortir anonymement les disques techno les plus excitants du moment. Le onzième du genre intègre nos bacs vinyles, bien remplis.

On termine cette sélection en douceur, avec la chaleureuse et rêveuse Musique de niche (V), imaginée par Joseph Schiano di Lombo. Un disque qui ne manque pas de flair et qui offrira le petit surcroit de bonheur qui peut parfois manquer à nos amis les chiens, avant leur sieste.

Musiques de films – Musique fonctionnelle

Il est des gens si talentueux que c’en est presque énervant, parmi lesquels Chloé Thévenin qui discrètement n’en finit plus de montrer l’étendue de son génie. Après avoir monté sa propre structure, Lumière noire, composé la nouvelle identité sonore de France Culture, sorti Sequenza, l’un des albums le plus remarquables de 2021, elle signe tranquillement une bande originale de film. Arthur Rambo (V) de Laurent Cantet, se trouve ainsi magnifié, avec l’aide du non moins remarquable violoncelliste Gaspar Claus.

Côté réédition, on replonge avec délice dans le souvenir de cette romance bizarre et attachante entre celui qui multiplie les tentatives de suicide, le jeune dépressif Harold, et Maude, fringante octogénaire farouchement attachée à sa liberté. Cat Stevens, période hippie, sublime le tout avec des chansons spécialement composées pour l’occasion, qui ont aiguillées Hal Ashby dans le montage de ce film à l’esprit joyeusement libertaire.

Enfin, Steve Moore très productif depuis maintenant une quinzaine d’années tant sur des labels électro que pour des bandes originales sortait il y a quelques mois Analog Sensitivity (V), son premier album en Library chez KPM. Une sorte de compilation des travaux du new yorkais regroupant trois années de ses productions récréatives, élaborées entre ses autres projets plus officiels. De l’ambient pure et maîtrisée.

Musiques inclassables et expérimentales

La harpiste californienne Mary Lattimore nous illumine avec ses archives choisies de musique improvisée dans Collected Pieces 2015-2020 qu’elle a imaginées comme une boîte à souvenirs. Cette pointe de nostalgie revitalise son travail d’ambiance.

Un bien joli disque hommage à Beverly Glenn Copeland, qui réinvente grâce aux versions réarrangées le désormais reconnu Keyboard Fantasies. Nous retrouvons avec délice les mélodies bizarroïdes de Glenn-Copeland auquel s’ajoute la joie d’y retrouver la crème de la pop expérimentale : Julia Holter, Bon Iver, Blood Orange ou encore Arca.

La violoniste canadienne de Thee Silver Mt. Zion, Jessica Moss, livre son cheminement de confinement avec son nouvel enregistrement. Phosphenes est un disque de lenteur, de contemplation et de deuil à l’image de cette année 2020. L’aspect néo-classique très doux de sa musique tend au fur et à mesure à plus d’aspérité grâce à plusieurs techniques : des drones sur distorsion de violon amplifié et des pickings de cordes notamment, ce qui apporte de la matière à l’éther de sa musique.

Le faux girl band faussement français Deux Filles a de quoi surprendre et aime brouiller les pistes du genre, de l’espace et du temps. Shadow Farming (V), leur 4e album, lorgne plus du côté de l’ambient et de l’expérimental en délaissant davantage leurs influences liées au rock progressif européen. Les samplings y sont très présents avec de très intéressants field recordings d’animaux et d’objets pour un collage aussi iconoclaste que leur parcours musical.

C’est avec bonne humeur que se termine cette sélection en musique inclassable avec le délirant duo de Saint-Etienne Guess What, fondé par Graham Mushnik de Derya Yıldırım & Grup Şimşek. Le bien nommé Children In Space (V) est un disque jubilatoire qui groove à tout va. Un peu comme si Alain Goraguer, souvenez-vous de la bande originale du film La Planète sauvage, s’était mis au space jazz et au disco funk !

Chanson et variétés françaises

C’est la mort dans l’âme que nous avons appris que Mendelson publiait Le dernier album de sa peu reconnue mais sublime carrière. Pascal Bouaziz n’est pas du genre à enfiler des perles et frappe encore très fort lorsqu’il s’agit de remettre tout le monde à sa place, lui le premier. L’acidité de son écriture fait encore mouche, un artiste qui a le talent de nous questionner dans notre positionnement au monde et dont la réflexion et l’humour vont beaucoup manquer au paysage de la musique « chantée », ou plutôt parlée, en français.

Sorti en 2019, la singularité de Saint-Guidon (V) nous pousse à ce rattrapage un peu tardif à notre catalogue. Charlène Darling officie dans plusieurs formations dont la fabuleuse Rose Mercie. Naviguant dans des grands écarts entre lo-fi /folk et pop/post-punk, l’artiste se révèle surprenante d’un titre à l’autre tissant le fil d’une écriture simple et poétique de sa voix alanguie.

Un des groupes les plus déjantés de France dont les concerts sont toujours des grands moments de n’importe quoi et d’intense plaisir, le trio Casse-Gueule sort son quatrième album avec une pochette signée Pierre La Police qui donne déjà le ton !  Mannus, L’intelligence accidentelle (V) est bourré d’inventions mélodiques électroniques complètement barrées et bizarrement dansantes. Leur grande force réside néanmoins dans la ligne de chant instable et les paroles hautement absurdes mais hyper écrites de John Toad.

Le très « motorique » nouvel album du groupe parisien Les Lignes droites montre la montée en puissance dans la composition et la production de leur titres. Karl (V) est froid, hypnotique et laisse s’imbriquer des influences hétéroclites, de Kraftwerk à Alain Bashung. Le travail d’écriture à quatre mains de Bruno Ronzani, chanteur, et Mathieu Weiler, guitariste, marque lui aussi une progression dans l’impact de leurs textes.

Musiques du monde

Le quatuor lyonnais Dowdelin confirme l’essai avec Lanmou Lanmou, deuxième album très réussi qui pousse un peu plus loin la recette de son premier succès : afro-jazz, funk caribéen, synthés soul, et chants créoles, on navigue avec bonheur dans cette Atlantique noire. De leur côté, les japonais Minyo Crusaders tracent un arc plus improbable encore en s’alliant avec les colombiens Frente Cumbiera. En découle, ce petit miracle de beauté : From Tokyo to Bogota (V), de la cumbia chantée en japonais !
Autre délice de la créolisation appliquée à la musique, le zamrock, courant apparu au Zambie qui mêle le rock psychédélique de Jimi Hendrix au funk façon James Brown. La réédition récente d’un classique du genre paru en 1977, 45000 volts (V) par Ngozi Family offre un bel aperçu de cette combinaison détonante ! Également très inspiré par la vague psychédélique qui a irrigué nombre de productions turques dans les années 1970, Group Simsek continue de revisiter ce répertoire dans DOST 1 (V), un album dense et profond porté au sommet par la voix sublime de Derya Yildirim.

On s’arrête ici cette sélection, qu’on vous laisse découvrir par vous-mêmes en empruntant nos disques, et/ou en écoutant notre playlist, disponible sur SpotifyYouTube, et Deezer.

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